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Un 25ème anniversaire difficile pour le traité de Maastricht

Revue de presse 07.02.2017

Ce mardi 7 février, le traité de Maastricht a 25 ans. L'occasion pour la presse du jour de tirer le bilan de ce texte, qui a jeté les bases d'une union politique et de l'euro. Et dont les insuffisances sont d'autant plus criantes à l'heure où l'Europe est confrontée à de multiples crises.

Cérémonie de signature du traité de Maastricht (Maastricht, Pays-Bas), le 7 février 1992

Le traité de Maastricht criblé de toutes parts

Le traité de Maastricht posant les bases de l'Union économique et monétaire entre pays européens a été signé le 7 février 1992, à l'époque par 12 pays, se souvient La Croix. "L'idée de base, l'idée principale était de créer une union politique", affirme Quentin Michel, professeur à l'Université de Liège, sur RTBF. Cependant, au fil du temps, "il est devenu le symbole d’une Europe dysfonctionnelle et coupée des peuples, aujourd’hui montrée du doigt par les mouvements eurosceptiques" [Le Monde].

Parmi les nombreuses règles que ce traité a fixées – rassemblées sous le nom de "critères de Maastricht" - la "plus célèbre et critiquée" instaure la limite de 3% du produit intérieur brut pour le déficit public et de 60% du PIB pour la dette publique, poursuit le quotidien. Cette trajectoire "considérée comme vertueuse", visait à "organiser une convergence économique et budgétaire indispensable pour construire une zone monétaire stable" [La Croix]. "Ces seuils ont été fixés un peu arbitrairement pour assurer la convergence économique des pays membres (…), les dirigeants européens imaginaient que cela suffirait à éviter les crises", rappelle au Monde Grégory Claeys, chercheur au think tank bruxellois Bruegel. Pourtant, avant la crise de 2008, l'Espagne et l'Irlande "étaient de très bons élèves du traité de Maastricht". La France et l'Allemagne, en revanche, avaient rapidement "foulé du pied les critères des 3% et des 60% du PIB pour le déficit et la dette".

Selon Dominique Seux, journaliste aux Echos, "une refondation de l'Europe est donc nécessaire" car "c'est bien l'architecture elle-même de la zone euro qui doit être approfondie". Selon lui, "il est stupéfiant que l'euro, s'il dispose d'une banque centrale, ne soit doté d'aucun organe politique". De plus, Maastricht n'a instauré aucun système de redistribution permettant de corriger de possibles divergences : alors même qu'il "offre des possibilités pour réaliser une Europe sociale (…) pas grand-chose n'a été réalisé", estime sur le site de la RTBF le professeur de science politique Quentin Michel.

25 ans après Maastricht, l'Europe à nouveau dans la tourmente

"Le paysage est sombre" rappelle Dominique Seux dans les Echos. "Jamais un Etat n'avait décidé de quitter le navire. Jamais un exécutif américain n'a regardé à ce point par le seul petit bout de la lorgnette (commercial) et oublié les enjeux vitaux (géopolitiques)". Cependant, selon Yves Bertoncini, directeur de l'institut Jacques Delors, interrogé par l'Opinion "la peur peut favoriser l'unité des Européens". En effet, l'esprit du traité de Maastricht était tout d'abord celui de "l'union après la guerre froide". "Le vingt-cinquième anniversaire du traité tombe d’ailleurs dans un contexte géopolitique pareillement bouleversé".

Et pour cause, Les Echos soulignent que le vieux continent risque de se retrouver rapidement confronté aux défis hérités du traité de Maastricht. "En matière économique et monétaire, c'est à nouveau à une poussée de stress que l'Europe doit faire face". A titre d'exemple, l'envolée des taux d'emprunt de la Grèce n'a "officiellement rien de grave", mais "officieusement, c'est le scénario d'une répétition du cauchemar de 2015, au cours duquel le pays a failli quitter la zone euro, qui hante les esprits".

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