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Ukraine : un accord crédible avec la Russie ?

Revue de presse 13.02.2015

L'accord de paix négocié à Minsk par François Hollande, Angela Merkel, Petro Porochenko et Vladimir Poutine est longuement commenté dans la presse. De nombreux médias se demandent si l'on peut croire à son succès après plusieurs exemples d'échecs avec le voisin russe.

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La Tribune détaille les points importants de ce nouvel accord pour instaurer une paix durable en Ukraine : "un cessez-le-feu bilatéral à partir du 15 février à minuit dans les régions de Donetsk et Lougansk", le "retrait des armes", l'établissement d'une "zone tampon", ou encore, la "libération des otages". Le site de l'hebdomadaire note que cette entente "reprend en grande partie les points de l'accord précédemment conclu dans cette même ville en septembre, mais qui n'avait pas abouti sur une paix durable".

Pour Jacques Hubert-Rodier, éditorialiste aux Échos, "ce texte obtenu à l’arraché laisse nombre de questions en suspens : celle des frontières orientales de l’Ukraine, la réalité du retrait des quelque 9 000 soldats russes qui seraient entrés en Ukraine mais dont Moscou n’a jamais vraiment reconnu l’existence". Selon le journaliste, "il faut espérer que le cessez-le-feu tienne plus longtemps que celui décrété en septembre dernier".

Vladimir Poutine s'est félicité "qu'un accord sur l'essentiel ait été trouvé". "Angela Merkel ne cachait pourtant pas son scepticisme, affirmant 'n'avoir aucune illusion' et soulignant qu’il reste 'de gros obstacles'", rapporte Libération. Le site du quotidien ajoute que "François Hollande, au début plus enthousiaste, reconnaissait finalement que cet accord, même 's’il est plus qu’une lueur d’espoir', n'est 'pas une garantie de succès durable'". La partie semble bien jouée pour le président russe qui a "réussi à faire entériner la réalité des rapports de force sur le terrain avec cet accord, qu’il n’a même pas formellement signé", car "si, dans quelques mois, les hostilités reprennent, les milices des rebelles seront alors encore plus fortes", estime Libération, qui rappelle que "les précédents n’incitent guère à l’optimisme", citant l'exemple géorgien.

De l'autre côté de l'Atlantique, "les médias américains ont peine à croire au succès de la médiation européenne face à Vladimir Poutine", explique Le Figaro. Barack Obama avait laissé entrevoir une possible livraison américaine d'armes en Ukraine, renforçant ainsi le couple franco-allemand pour les négociations avec la Russie. Le président américain "a délibérément laissé Allemands et Français en première ligne, après avoir accueilli lundi Angela Merkel à Washington", affirme le journal.

"Vladimir Poutine, a lâché le minimum" et "est resté prévisible" estime Le Monde. "Depuis le début du conflit en Ukraine, il a, à chaque fois, feint la retenue à l’approche des rencontres des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne pour désamorcer les représailles", analyse le site du quotidien. Les dirigeants européens attendent le lundi 16 février pour décider du sort des sanctions à l'encontre de la Russie, mais pour Le Monde, "Vladimir Poutine tient rarement parole".

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