Derniers articles publiés

Ukraine : mobilisation sans précédent pour un rapprochement avec l'UE

Revue de presse 26.11.2013

La mobilisation se poursuit à Kiev contre la décision de l'Ukraine de rejeter un accord avec Bruxelles, sous la pression du Kremlin. Hier, des manifestants ont tenté de forcer le siège du gouvernement et des heurts ont éclaté avec la police [France 24].

Tymochenko

Ils ne lâchent rien. Ils étaient plus de 100 000, dimanche 24 novembre, sur la place Maydan (de l'Indépendance) à Kiev à s’insurger contre le refus du gouvernement de Viktor Ianoukovitch de signer l'accord d'intégration avec l'Union européenne, rapporte Le Monde.

"Nous sommes venus ici pour montrer que nous nous sentons européens", a déclaré à l'AFP une manifestante, Alexandra Prissiajniouk, étudiante de 19 ans. Le pouvoir ne peut pas ne pas réagir à une telle manifestation de la société civile", a ajouté l'étudiante [France 24].

"Nous allons continuer de manifester tant que l'accord [avec l'UE] ne sera pas signé", a déclaré pour sa part M. Klitchko, chef du parti d'opposition ukrainien Oudar [Le Monde].

Ces manifestations font suite à la décision du gouvernement ukrainien,  jeudi 21 novembre,  de "suspendre" les négociations sur l’accord d’association avec l’UE qui devait être signé à la fin de cette semaine à Vilnius lors du Partenariat oriental de l’Union européenne. Lancé en 2009, ce projet  a pour objectif de stabiliser six anciennes républiques soviétiques (Ukraine,  Géorgie, Moldavie, Biélorussie, Arménie et Azerbaïdjan), explique Libération.

Selon le quotidien, cet accord, en chantier depuis 2008, prévoyait notamment la création d’une zone de libre-échange, donc des débouchés commerciaux potentiels pour l’Ukraine. En échange, l’UE réclame un certain nombre de réformes judiciaires et démocratiques. Sans ouvrir le processus d’adhésion à l’UE, il s'agit d’une étape importante dans les relations entre Bruxelles et Kiev.

"C’est l’un des accords les plus ambitieux jamais négocié entre l’Union européenne et un partenaire extérieur" explique Emmanuelle Armandon, politologue au Centre de recherches Europe-Eurasie de l’Inalco. "Pour l’Ukraine, au-delà de l’intérêt commercial, il s’agit d’un véritable choix de civilisation. Depuis la chute de l’URSS, l’objectif de la politique étrangère de l’Ukraine a été, au moins dans les discours, de se rapprocher de l’Europe. Cet accord aurait été un signal très fort".

Mais Moscou a brutalement accru sa pression sur l’Ukraine, la menaçant de bloquer ses exportations vers la Russie si elle signait l’accord. L’Ukraine, avec un déficit budgétaire de 8% en 2013 et très dépendante du gaz russe, a rapidement cédé au chantage.

L'Union européenne "désapprouve avec force" les pressions de la Russie sur l'Ukraine et "maintient sur la table" l'offre d'association que Kiev vient de repousser sous la pression de Moscou, ont fait savoir lundi les deux chefs de file européens, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso , rapporte Le Figaro.

Ignorant les démentis de Vladimir Poutine, les deux hommes mettent nommément en cause la Russie et les "pressions extérieures" qu'elle inflige à sa voisine occidentale. "C'est à l'Ukraine de décider librement de l'engagement qu'elle souhaite avec l'UE", assurent-ils.

"La réussite de notre politique de voisinage sera l'un des critères définissant notre Union européenne", déclarait fin 2011 la haute représentante de l'UE Catherine Ashton devant le Parlement européen. Maintenant que la diplomatie européenne a fait ses preuves, au Kosovo ou sur un dossier brûlant comme le nucléaire iranien, "il est temps, affirme Steven Blockmans cité par Le Point, de remettre à plat sa stratégie vis-à-vis des voisins, à l'est comme au sud."

 

 

Les autres sujets du jour

Entreprises

Asile, migrations, Schengen

Entreprises