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Ukraine : mais que fait l'UE ?

Revue de presse 22.01.2014

"L'UE ne doit pas se détourner de l'Ukraine", titre Le Monde. C'est le message que fait passer la presse ce matin à la suite des nouveaux affrontements entre l'opposition pro-européenne ukrainienne et les forces de police. Des heurts qui se sont intensifiés avec la promulgation vendredi 17 janvier d'une nouvelle loi restreignant les libertés de manifestation et d'information.

Ianoukovitch

La situation ukrainienne est dans l'impasse. Bien que Kiev soit le théâtre d'affrontements quasi-permanents depuis quelques jours, la proclamation de l'état d'urgence n'est pas envisagée par le gouvernement de Viktor Ianoukovitch [Le Point]. "Une tension qui suscite l'inquiétude à la fois des marchés financiers et des chancelleries", indique Yves Bourdillon dans Les Echos. Et la situation n'est pas prête de s'apaiser estime Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères : "Les appels au calme que lancent les leaders de l'opposition, comme Vitali Klitschko, montrent que la situation est en train d'échapper à tout contrôle" [Le Figaro].

Devant la crise politique, les quotidiens s'interrogent sur le manque de réaction de l'UE face à la dérive autoritaire de Kiev. A trop tarder à être ferme, "l'Europe va rester bloquée devant la porte ukrainienne", titre Le Figaro.

Malgré les déclarations de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui a indiqué la préoccupation de l'UE face à la dégradation de la situation, il est temps que l'Europe réagisse, "[aille] plus loin et  [exerce] une pression directe sur M. Ianoukovitch", presse Le Monde, sur le modèle des Etats-Unis qui se sont déclarés enclins à sévir contre le gouvernement ukrainien. Une demande qui vient aussi de la part des Ukrainiens eux-mêmes, comme en témoigne la manifestation d'une centaine de personnes à Bruxelles hier [Euronews].

Or, une décision de sanctions européennes doit déjà dépasser le cap des divergences internes à l'UE. En effet, une "profonde division entre les Etats membres sur le niveau de sévérité à adopter face aux dirigeants ukrainiens" existe, comme l'explique le journaliste Piotr Smolar [Le Monde]. Celui-ci fait état de la volonté de la Lituanie et de la Suède d'imposer des sanctions mais également de la discrétion de la France.

M. Lavrov a d'ailleurs mis en garde l'UE contre toute ingérence en Ukraine, dénonçant la présence "de mauvais goût" de certains dirigeants européens dans les manifestations de la place Maïdan [Challenges].

Devant ces hésitations de l'UE, d'autres initiatives voient le jour pour rappeler l'ancrage profondément européen de l'Ukraine. L'historien Alain Besançon et le traducteur Barnard Marchadier ont en effet lancé une pétition de soutien au mouvement pro-européen en Ukraine, signée par une quarantaine de personnalités et d'intellectuels français, dont les philosophes Alain Finkielkraut et Jean-Marc Ferry [Le Monde].

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