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Ukraine : l'UE prête à s'engager financièrement

Revue de presse 24.02.2014

"La situation en Ukraine est radicalement nouvelle. (…) Le rôle de l'Europe, et de la France, [c'est] d'accompagner cette transition démocratique, souhaiter qu'elle soit pacifique, et que l'intégrité et l'unité de l'Ukraine soient respectées" a déclaré samedi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius [Le Point]. Après la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch par le Parlement samedi, l'Union européenne se mobilise pour soutenir l'Ukraine dans cette nouvelle ère. Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, est à Kiev aujourd'hui pour réfléchir notamment à l'aide financière apportée par l'UE.

Catherine Ashton Ukraine Kiev

Dans cette période de reconstruction politique de l'Ukraine, l'Union européenne a fort à faire. Alors que "l'Ukraine se libère de son joug" [Les Echos], le Parlement ukrainien se réunit aujourd'hui pour former un nouveau gouvernement. Libérée samedi de prison [Le Point], Ioulia Timochenko a démenti, hier, être candidate au poste de premier ministre du gouvernement transitoire qui doit être formé dans les prochains jours [Le Monde]. La "Dame aux tresses" a annoncé sa candidature aux élections présidentielles qui auront lieu en mai [Le Nouvel Observateur].

Pour l'UE, les responsabilités sont d'autant plus grandes que le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, s'est prononcé sur sa volonté de rapprochement avec l'Union, faisant de l'intégration européenne "une priorité" [Libération].

C'est avant tout une question d'unité et d'intégrité territoriale qui inquiète les Occidentaux. "Ukraine : les Occidentaux craignent une partition" titre Libération qui revient sur l'opposition entre l'Est du pays – "russophone et russophile" – et la minorité "nationaliste et ukrainophone". C'est notamment ce qu'indique un membre du Parti des régions dans un entretien accordé au Monde : "l'Est ne reconnaîtra jamais les nouvelles autorités". Ainsi, François Hollande, qui s'est exprimé sur le respect de l'unité et de l'intégrité territoriale [Le Point], et la chancelière allemande Angela Merkel partagent la même vision. Les deux voisins entendent agir en coordination pour soutenir la transition démocratique en Ukraine. Libération, qui estime que l'UE a été un acteur clé de la résolution de crise en Ukraine, souligne que "le rapide renversement du régime implique un engagement majeur de l'UE".

Sur le plan économique "l'UE se tient prête à aider l'Ukraine au bord de la faillite" indiquent Les Echos. C'est également ce qu'explique La Tribune qui revient sur l'aide de 35 milliards de dollars réclamée par le ministère des Finances à Kiev. Une aide sur laquelle s'accorde le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn : "Il faudra la mesurer en milliards plutôt qu'en centaine de millions" a-t-il indiqué avant l'ouverture du G 20 à Sydney, au cours duquel le sort de l'Ukraine a été discuté. "Nous devons être prêts à apporter une assistance financière via des organisations comme le Fonds monétaire international" a ajouté George Osborne, ministre des Finances britannique, face à la situation de défaut de paiement qui menace l'Ukraine [Libération].

Une nécessité qu'a appelée de ses vœux Laurent Fabius qui a souligné l'importance du soutien du FMI à l'Ukraine [Le Point], rejoignant son collègue allemand, Franck-Walter Steinmeier qui a déclaré dimanche qu'"une Ukraine en faillite serait un poids trop important aussi bien pour son grand voisin de l'Est, que pour l'Union européenne" [Libération].

La Commission européenne s'est d'ailleurs déclarée prête à la conclusion d'un accord commercial avec l'Ukraine lorsqu'un nouveau gouvernement aura été formé [Le Figaro]. Un accord qui avait divisé l'Ukraine et ainsi précipité le pays dans la crise politique dont il sort à peine, précise également Le Figaro.

Et surtout, il s'agit pour l'UE d'"imposer sa propre volonté politique à la Russie dans ce qui pourrait devenir une nouvelle guerre froide" [Les Echos]. Dans cet après-Ianoukovitch, il s'agit toujours pour l'UE de saisir sa chance de s'imposer comme un acteur crédible, ainsi que le pointe l'éditorial de Luc de Barochez, "L'avenir de l'Europe se joue à Kiev" [L'Opinion] ou encore l'interview de l'ex-ministre géorgien de l'Intégration européenne, Thornike Gordadze qui parle de "l'heure de vérité pour l'UE" [Libération]. Une responsabilité d'autant plus grande pour l'UE que les Etats-Unis restent en retrait pour ménager leurs relations avec la Russie et ne pas s'engager à une aide financière importante pour l'Ukraine [Libération].

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