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Ukraine : L'UE ne sait comment répondre à Poutine

Revue de presse 04.03.2014

"L'Europe est menacée de connaître sa pire crise depuis la fin de la guerre froide" indique le journaliste Jacques Hubert-Rodter dans son éditorial des Echos. Alors que la Russie envisage une intervention militaire dans la région de la Crimée située à l'est de l'Ukraine, la situation est sur un fil. La stratégie de la Russie déconcerte les Occidentaux qui ne savent comment répondre à la résurgence de l'esprit de la Guerre froide dont Moscou s'arme. L'extrême danger d'un conflit armé et la critique des réactions européennes sont au cœur de l'analyse de la presse aujourd'hui.

Catherine Ashton Conseil Affaires étrangères extraordinaire 3 mars 2014

Outre les tensions militaires et diplomatiques, la crise ukrainienne se répercute sur les marchés mondiaux. Une véritable "onde de choc" [La Tribune] qui a eu pour conséquences de faire baisser les grands indices boursiers européens et de faire grimper les cours des valeurs refuges (dette allemande, française, franc suisse et or) [Le Point]. Une "ruée vers l'or" sur laquelle revient également La Tribune. Les marchés du pétrole et du gaz sont également inquiétés par une "poussée de fièvre" [Les Echos]. Alors que Kiev connaît également d'importants problèmes économiques, le FMI a dépêché aujourd'hui une mission en Ukraine pour avancer sur le plan d'aide réclamé par le pays [Libération].

La stratégie de Moscou fait douter les Européens qui tardent à agir. "Les Occidentaux déroutés par la stratégie de Poutine" [Le Monde] ne parviennent pas à obtenir d'avancées diplomatiques avec Moscou. Alors que se tenait hier une réunion des 28 ministres des Affaires étrangères à Bruxelles, les profondes divisions  entre les pays qui souhaitent la conduite d'une ligne dure envers Moscou et ceux qui veulent privilégier le dialogue se sont à nouveau révélées [Le Point]. A l'issue de ce rendez-vous, l'UE a de nouveau brandi des menaces de sanctions – symboliques selon Le Figaro – contre la Russie [La Croix], dont des "mesures ciblées". Des résultats peu probants que critique Isabelle Lasserre : "la réunion de Bruxelles a accouché d'une souris".

La presse souligne néanmoins le leadership pris par l'Allemagne dans ce conflit diplomatique. Berlin joue en effet la carte de sa relation "particulière" avec la Russie, un jeu auquel elle est contrainte selon Le Figaro qui explique que : "pour les Etats-Unis, l'Ukraine n'est pas une priorité ; quant à l'Union européenne, elle peine toujours à se faire entendre en tant que telle". La crise ukrainienne constitue donc un véritable "test pour le nouveau gouvernement Merkel" [Les Echos]. Cité par le quotidien, le spécialiste des relations germano-russes à l'institut ECFR, Stefan Meister, indique toutefois que "l'Allemagne peut avoir une influence sur le président russe, mais il ne faut pas la surestimer".

La voie est donc pour l'instant libre pour la Russie qui peut continuer à manœuvrer en Ukraine. "Aujourd'hui, la Russie compte sur la faiblesse et les contradictions des Américains et des Européens" résume le journaliste Jacques Hubert-Rodter [Les Echos]. C'est également ce qu'explique Fiona Hill, spécialiste de la Russie de la Brookings Institution : "Le temps joue en faveur de Poutine" [L'Opinion]. Une réaction faible de l'UE, critiquée notamment par l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder [Les Echos].

Mais l'intervention militaire russe a toutefois un impact néfaste sur l'économie russe comme le soulignent Les Echos qui expliquent que la crise ukrainienne "peut avoir des répercussions négatives à long terme sur le conjoncture" en Russie. La Bourse de Moscou a en effet connu une baisse ces derniers jours et la monnaie russe, le rouble, a fortement chuté, ce qui a motivé la banque centrale russe à injecter 10 milliards de dollars et à augmenter ses taux directeurs [Les Echos].

La seule faiblesse russe que les Occidentaux peuvent alors exploiter se situe donc au niveau économique. "L'investissement, seul véritable moyen de pression occidental en Russie" titrent Les Echos qui reviennent sur le scénario d'une suspension des investissements étrangers en Russie.

Mais certains doutent d'une résolution rapide de la crise : "les intérêts stratégiques russes dominent dans ce pays, alors même que les aspirations européennes et démocratiques se développent. Il y a donc lieu de penser que la crise se poursuive structurellement en Ukraine" expliquent Bruno Alomar et Sébastien Daziano, maîtres de conférence à Sciences Po Paris [Les Echos].

Un sommet des 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE est prévu jeudi à Bruxelles au cours duquel les Etats membres tenteront d'établir une position commune face à la Russie et ses agissements en Crimée. "Nous travaillons avec tous les Etats membres pour définir une réponse commune et ferme" a assuré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso [Les Echos].

Catherine Ashton rencontre aujourd'hui le ministre russe des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov aujourd'hui.

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