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Ukraine : impasse malgré l'accord de Genève ?

Revue de presse 18.04.2014

"L'accord surprise de Genève entretient un mince espoir d'une désescalade en Ukraine" titre Euronews. Réunis hier à Genève pour tenter de trouver une sortie à la crise ukrainienne, les dirigeants de l'Union européenne, de l'Ukraine, des Etats-Unis et de la Russie ont réussi à se mettre d'accord. Si les mesures décrites dans la Déclaration de Genève sont prometteuses, rien n'est moins sûr quant à leur mise en œuvre et au changement concret qui s'opèrera chez les pro-russes ukrainiens. La majorité des quotidiens rapportent la méfiance ambiante face aux prochains agissements de Moscou.

Vladimir Poutine - visite Bruxelles 28 janvier 2014

Au terme des sept heures de réunion entre les responsables russe, Sergueï Lavrov, américain, John Kerry, européen, Catherine Ashton et ukrainien, Andreï Dechtchitsa, la Déclaration de Genève – que publie dans son intégralité La Croix – vient consacrer le désarmement et la fin de l'occupation en assurant une amnistie aux obtempérants : "tous les groupes armés illégaux doivent être désarmés; tous les bâtiments occupés illégalement doivent être restitués à leurs propriétaires légitimes; toutes les rues, places et autres lieux publics occupés illégalement dans les villes ukrainiennes doivent être évacués". Selon Franck-Walter Steinmeier, le ministre allemand des Affaires étrangères, il s'agit d'un "premier pas important" [Le Figaro]. Ces avancées sont en effet une réelle progression diplomatique alors que le sommet s'annonçait caduc [Le Figaro]. Un optimisme que ne partage pas Hélène Despic-Popovic, de Libération : "la discussion entre Occidentaux et Russes risque fort de virer à l'impasse tant leurs exigences respectives paraissent inconciliables".

En effet, si l'issue de cette réunion est saluée, la situation n'est pas pour autant idéale, loin de là. "Ukraine : déjà des voix discordantes après l'accord de Genève" titre La Tribune. En effet, le quotidien revient sur les réactions de Washington : "aucune certitude que l'accord conclu permette une désescalade sur le terrain. Je ne pense pas que l'on puisse être sûr de quoi que ce soit à ce stade" a déclaré Barack Obama. Il a également indiqué que des sanctions supplémentaires sont prêtes si la désescalade n'intervient pas [AFP]. Le doute est permis puisque si Moscou montrait des signes de bonne volonté d'un côté – "nous n'avons aucune espèce de désir d'envoyer des troupes en Ukraine. Cela serait contre nos intérêts fondamentaux" indiquait le ministre russe des Affaires étrangères lors de l'annonce de l'accord [AFP] –, de l'autre côté, Vladimir Poutine justifiait l'annexion de la Crimée, indique Le Figaro qui revient sur la "mise en scène" du président russe lors de son intervention télévisée d'hier.

Le Nouvel Obs analyse la stratégie de Vladimir Poutine comme une tentative de déstabilisation des élections présidentielles ukrainiennes qui doivent se tenir le 25 mai prochain.

Outre le scepticisme américain, les pro-russes ukrainiens  semblent peu convaincus par l'accord trouvé et réclament toujours la tenue d'un référendum [Euronews]. C'est également le sentiment des pro-européens de Maïdan selon Euronews.

Si l'accord convenu ne rencontrait pas le succès espéré, le Parlement européen s'est déclaré prêt à imposer des sanctions économiques à la Russie en votant une résolution hier en session plénière [Euronews]. Les eurodéputés ont appelé les Etats membres à parler d'une seule voix et notamment d'imposer sans tarder un "embargo sur les armes et les technologies à double usage" à l'encontre de la Russie [Le Figaro]. De son côté, la Commission européenne s'inquiète d'une éventuelle coupure gazière en provenance de la Russie [La Tribune].

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