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UE/Russie : entre apaisement et provocation

Revue de presse 19.12.2014

Hier, le Conseil de l’Union européenne a décidé de maintenir les sanctions à l’encontre de la Russie et d’en ajouter d’autres adressées spécifiquement à la Crimée. Au Conseil européen, les 28 chefs d’Etat et de gouvernement ont quant à eux adopté un ton d’apaisement alors que, dans le même temps, Vladimir Poutine fustigeait les Occidentaux dans son discours annuel.

Vladimir Poutine

Le Conseil européen d'hier était le "baptême du feu" pour son nouveau président, Donald Tusk. Lors du diner consacré à la situation en Ukraine, le Polonais "a testé l'unité des Européens (…) [pour] s'assurer de leur capacité à tenir une position de fermeté sur le long terme", affirment Les Échos. Pour le site du quotidien "la crise financière qui frappe la Russie et fragilise politiquement son président n’a pas fait dévier les Européens de leur objectif : contraindre Vladimir Poutine à un comportement plus coopératif et aider l’Ukraine à recouvrer la souveraineté sur son territoire".

La Croix nuance ce constat en rappelant qu'"aucune sanction n’est venue s’ajouter à celles déjà décidées à l’encontre de la Russie, qui apporte son soutien aux séparatistes de l’Est de l’Ukraine". En effet, les nouvelles sanctions, prises le même jour par les ministres des Affaires étrangères européens au sein du Conseil de l'UE, concernent la région de la Crimée. Le site du quotidien explique que leur annonce a "coïncidé avec la réunion des dirigeants des Vingt-Huit, mais elle n’en est pas le résultat". Pour La Croix, les chefs d'État et de gouvernement "ont opté pour une attitude prudente et non agressive face à Moscou afin de ne pas mettre en péril une fragile accalmie et de maintenir ouverte la porte du dialogue". "Difficile d'y voir clair dans la stratégie occidentale vis-à-vis de Moscou", résume L'Obs.

Même constat pour Le Figaro, "les Européens ont décidé de maintenir les sanctions, pour le moment, mais ne veulent pas rater une chance d'apaisement". Le site du quotidien explique que "c'est François Hollande qui a pris sur lui de prononcer le mot de 'désescalade' en premier, avec précaution, et conditionnel", mais que "l'appétit des Européens pour un durcissement des sanctions s'était déjà bien érodé ces dernières semaines".

Le ton n'a pas baissé en Russie, en proie à une importante crise économique avec la chute du rouble. Vladimir Iakounine, conseiller de Poutine, "ne semble pas loin de juger masochiste la stratégie occidentale, puisqu’elle conduit à un affaiblissement du rouble qui réduit la capacité de nombre d’entreprises russes à rembourser les emprunts en devises qu’elles ont contractés auprès des Occidentaux", rapportent Les Échos. Le site du quotidien ajoute que "son analyse de la crise ukrainienne demeure aux antipodes de celle des Occidentaux". Il semble toutefois plus clément envers la France, qui a suspendu la vente du Mistral à la Russie, ce qui "ne semble pas non plus l’émouvoir outrageusement, du moins pas au point d’appeler à des représailles russes".

Lors de son discours annuel, Vladimir Poutine "a rejeté sur l’Ukraine et ses alliés la responsabilité des troubles économiques qui ébranlent son pays" et a "fustigé l'Occident", explique Libération. A l'opposé de la volonté européenne d'apaisement, l'homme fort de la Russie "n’a fait aucune déclaration tonitruante, ni même concrète, sur la manière dont il comptait sortir la Russie de la pire crise qu’elle traverse depuis qu’il est arrivé au pouvoir", selon le site du quotidien.

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