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Turquie : les municipales prennent l'allure d'un référendum pour Erdogan

Revue de presse 31.03.2014

"Ce que dit le peuple est ce qui est, et sa décision doit être respectée", a indiqué hier le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, en amont des résultats des élections municipales qui ont donné son parti gagnant avec 45% de suffrages. Le scrutin s'est déroulé dans un contexte difficile alors que les scandales de corruption et d'interférence dans la justice ont parsemé la campagne électorale depuis plusieurs mois. La presse revient sur l'issue de ce scrutin, majoritairement favorable au Premier ministre et à son parti l'AKP, entendu comme un tour de chauffe pour les prochaines échéances électorales.

Elections municipales mars 2014 AKP Turquie Erdogan

Alors que le taux d'abstention s'est distingué en France hier, la Turquie a connu une très forte participation (plus de 80% des électeurs, selon des estimations) : "En Turquie, les élections municipales déplacent les foules" titre La Croix.

Avant les résultats, le Premier ministre s'affichait confiant quant à l'issue du vote, même si le sort d'Ankara et Istanbul était incertain [Libération]. Une confiance qui s'est confirmée : "Turquie : Triomphant, Erdogan promet de 'faire payer' ses rivaux" [Euronews]. Cette réaction violente rejoint le ton agressif de la campagne menée par le Parti de la justice et du développement (AKP) [20 minutes]. Le Monde note une "popularité à peine érodée" malgré les scandales qui ont secoué le pays pas plus tard que la veille du scrutin où le Premier ministre a bloqué YouTube [Le Monde].

Ce résultat est directement relié aux prochains scrutins, souligne La Croix, puisque le score enregistré par l'AKP va servir à déterminer la future stratégie du Premier ministre alors que les élections présidentielles se dérouleront en août prochain et les législatives l'année suivante. Un enjeu sur lequel est également revenu Le Monde : "Recep Tayyip Erdogan joue son avenir politique aux municipales".

Malgré ce soutien accordé au parti au pouvoir, la presse revient largement sur la figure controversée du chef de gouvernement. La trop longue présence politique du leader turc est notamment soulignée par Le Monde, qui dénonce sa "nature intolérante, paternaliste" et adresse une critique exacerbée de sa vision politique : "le problème de Recep Tayyip Erdogan est qu’il pense que la démocratie se réduit aux élections".

Dans Le Monde, Nedim Gürsel dresse également un portrait du glissement autoritaire qui s'est opéré en Turquie depuis l'accession au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan. "La Turquie va mal, très mal" lance amèrement l'écrivain et directeur de recherche au CNRS, qui souligne la situation critique du pays : "Imaginez un pays candidat à l'Union européenne, où le Premier ministre décroche son téléphone et appelle du Maroc pour demander au directeur d'une chaîne de télévision privée (…) d'arrêter immédiatement la diffusion d'une émission en direct qui ne lui plaît pas".

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