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Turquie : le parti du président Erdogan annoncé gagnant aux élections anticipées de dimanche

Revue de presse 30.10.2015

Dimanche 1er novembre, les Turcs sont appelés aux urnes lors des élections législatives anticipées, mises en place par le parti du président Recep Tayyip Erdogan afin d'infirmer le scrutin de juin dernier, qui lui avait fait perdre la majorité absolue au Parlement, après 13 années de domination. Face à lui, le HDP pro-kurde de Selahattin Demirtas entend réitérer ses bons résultats de juin.

Manifestation au parc Gezi - 2013

"Alors que des législatives cruciales se déroulent dimanche, le président turc multiplie les apparitions pour mobiliser les électeurs en faveur de son parti" rapporte Euronews. Particulièrement importantes pour le pouvoir en place, qui est allé jusqu'à retarder la date du changement d'heure pour s'assurer d'une participation maximale, ces élections "auront lieu sous haute tension" selon Le Figaro, qui évoque un malaise aux raisons multiples et profondes.

Le Monde laisse la parole à l'écrivaine et politologue turque Elif Shafak, qui dénonce "une société patriarcale, sexiste et homophobe". "Le président Erdogan est un de ceux qui auront le plus sacrifié au culte du baba [père, en turc dans le texte]" ajoute-t-elle, avant de détailler une "psyché du peuple turc [qui] se résume en quatre mots   : peur, colère, méfiance, désillusion".

Pourtant, "un sondage prédit 47,2% d'intentions de vote au parti au pouvoir (AKP) aux élections législatives de dimanche. Assez pour lui permettre de retrouver une majorité absolue au Parlement", rapportent Les Echos. L'institut à l'origine de ce sondage estime que les Turcs "veulent un gouvernement à un seul parti, pour la stabilité et pour l'économie". "Après le scrutin de juin, le Premier ministre sortant, Ahmet Davutoglu, n'est pas parvenu à former une coalition" rappelle le quotidien.
Pour s'assurer la victoire, le gouvernement en place mise sur une stratégie de la tension qui, attisée par la révolte kurde, a commencé à s'instaurer il y a deux ans. "La révolte de Gezi a été un tournant décisif pour la Turquie", explique La Croix, avant de préciser que "depuis, de nombreux journalistes qui ont évoqué les affaires de corruption dans lesquelles le président et ses proches seraient impliqués, ont été poursuivis pour diffamation et le plus souvent licenciés".

Or le contrôle de la presse s'intensifie à l'approche du scrutin. "Télés sous contrôle avant les législatives" titre ainsi Courrier international. "La prise de contrôle par la police et l’interdiction de diffusion de Bugün TV et de Kanaltürk à Istanbul mercredi 28 octobre […] inquiète la presse ce jeudi". Le journal  L'Humanité publie quant à lui un appel des syndicats français de journalistes, qui demandent de mettre fin à l'impunité d'Ankara : "La liberté de la presse est plus que jamais gravement menacée en Turquie par la politique répressive conduite par l’AKP et le chef de l’Etat Recep Tayyip Erdogan".

Les Echos résument l'actualité dramatique en Turquie, qui polarise la campagne. En plus des deux télévisions d’opposition fermées, Ankara a également empêché deux quotidiens de paraître. "Un enfant de 12 ans [est] menacé de prison pour avoir déchiré une affiche du chef de l’Etat." Il y a eu "onze morts dans un raid contre un repère de djihadistes et des raids quotidiens contre la guérilla kurde, […] des villes du sud [sont] sous couvre-feu, […] des dizaines de réfugiés syriens [se sont] noyés près des côtes".

Le Figaro désigne "deux Turquie [qui] s'affrontent aux législatives" : islamo-conservateurs fidèles à l'AKP de M. Erdogan contre libéraux laïcs, suivant le HDP, parti libéral pro-kurde né d'une alliance entre un parti kurde et différentes mouvances de gauche.

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