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Turquie : l'Union veut un "contrat de confiance" pour assurer le contrôle des frontières

Revue de presse 06.10.2015

Alors que de délicates élections législatives approchent et que les manœuvres militaires s'intensifient en Syrie, le président de la République de Turquie, Recep Tayip Erdogan, a été reçu hier à Bruxelles. L'objectif était d'entamer des négociations autour d'un partenariat entre l'Union et l'Etat candidat afin d'endiguer un flux migratoire que les Européens peinent à gérer.

Erdogan à Bruxelles - 05/10

Fin septembre, la Commission européenne a instauré une répartition par quotas des réfugiés arrivant sur le territoire européen et l'ouverture de 'hotspots' en Italie et en Grèce pour organiser leur accueil. Dix jours après l'ouverture du premier 'hotspot', à Lampedusa, Courrier international décrit l'échec de l'expérimentation "faute d'aide de l'Europe".

Dans le même temps en Allemagne, quelques semaines après l'ouverture des frontières décidée par Angela Merkel, la situation n'est guère meilleure. "Nos capacités sont limitées", a encore reconnu hier le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière, rapporte Le Figaro. Aux frontières, l'agence européenne Frontex est également dépassée et a "demandé lundi aux Etats membres un renfort de 775 gardes" [Reuters / L'Obs].

C'est dans ce contexte qu'ont débuté hier les discussions entre l'exécutif européen et le président Erdogan autour d'un partenariat accru entre la Turquie et l'Union dans la gestion de la crise migratoire. Les demandes de Bruxelles s'articulent autour d'une meilleure gestion par la Turquie de ses frontières au travers d'un "contrat de confiance mutuelle" relate l'Express. Libération précise ce à quoi pourraient mener ces négociations : il y aurait "des patrouilles conjointes avec les garde-côtes grecs dans l’est de la mer Egée" et "les migrants tentant de rallier l’Europe qui seraient arrêtés seraient ramenés en Turquie".

Ainsi l'Europe, incapable d'accueillir le flux de migrants, demande à la Turquie de mieux contrôler ses frontières. Ce à a quoi, peu avant le début des discussions, répond le président turc, que cite Le Figaro : "les Européens souffrent d'états d'âme devant une escouade de réfugiés. Et que nous disent-ils ? Mon Dieu, gardez votre porte close, ne les laissez pas venir, qu'ils restent chez vous". Le journal prédit des "négociations difficiles".

Pour l'heure, les exigences de M. Erdogan restent incertaines. Régulièrement critiqué pour ses atteintes aux droits civils à l'approche de nouvelles élections législatives qu'il espère à son avantage après l'échec de juin dernier, le président turc voudrait obtenir de l'Europe un soutien pour "la création d’une zone de sécurité et d’exclusion le long de la frontière turco-syrienne" [Le Monde]. Une zone déjà soutenue par les Etats-Unis. "Jusqu'ici, l'UE avait refusé tout soutien même tacite, y discernant une manœuvre turque destinée à stopper l'avancée vers la frontière des Kurdes syriens, eux-mêmes engagés contre Daech" rappelle Le Figaro.

En complément, "le leader turc chiffre les dépenses engagées pour l’accueil des réfugiés à 6,7 milliards d’euros et estime qu’il n’a reçu jusqu’ici que 371 millions d'euros", expliquent Les Echos, en réponse à une enveloppe d'1 milliard d'euros promise par l'Union.

Par ailleurs, Bruxelles et Ankara pourraient également trouver un terrain d'entente à la faveur d'un positionnement commun contre la Russie. M. Erdogan a reçu à Bruxelles "le ferme soutien de l’Otan après l’intrusion d’avions de chasse russes dans l’espace aérien de son pays" précise Le Monde, après que "plusieurs incidents aient opposé des avions de chasse turcs et russes, alors que les deux pays ont des visions diamétralement opposées sur l’avenir d’Assad, l’ennemi juré d’Ankara" [Libération].

La prochaine étape des discussions aura lieu jeudi lors de la rencontre des ministres des Affaires étrangères européens et, entre autres, de la Turquie, où reste encore à négocier la liste des "pays sûrs". Un autre débat sensible dont "la Turquie est au cœur" [Le Monde]. "Les Européens […] voudraient, en urgence, forcer des accords de réadmission avec Ankara".

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