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Tsipras sort un nouveau tour de son sac

Revue de presse 05.06.2015

Les observateurs attendaient un accord imminent entre la Grèce et ses créanciers. Il n’en est rien : le gouvernement grec a demandé hier au Fonds monétaire international de regrouper le paiement de ses créances à la fin du mois de juin. Une demande quasi inédite qui permet au Premier ministre grec de gagner du temps alors que son pays est menacé par la faillite.

Alexis Tsipras

Les créanciers de la Grèce pensaient poser un ultimatum au gouvernement hellène, mais le Premier ministre Alexis Tsipras n’a pas cédé et a rejeté l’offre d’accord proposé par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

Le Monde estime qu’Athènes a pris ses créanciers "par surprise" en demandant au FMI "de grouper ses remboursements au Fonds pour le mois entier au 30 juin". La Grèce devait en effet rembourser aujourd’hui une partie de sa dette au FMI (300 millions d’euros) et "c’est la première fois […] que le pays n’honore pas à temps une de ses échéances de remboursement" alors même que le gouvernement grec n’avait cessé de promettre le paiement de cette échéance.

Pour le journal, cette décision est purement "tactique" et "permet de lever une pression sur les négociations et de gagner quelques jours". Le Point ajoute que la Grèce a ainsi "échappé in extremis à un défaut de paiement vis-à-vis du FMI".

Selon Le Figaro et Le Point, c’est grâce à une "astuce" que les Grecs ont réussi à regrouper leurs paiements au FMI à la fin du mois de juin : une clause du règlement du FMI stipule en effet que "les pays membres ont la possibilité de demander le regroupement des multiples versements [de leurs dettes] en une seule".

Le Point explique que cette clause est rarement utilisée : jusqu’alors, seule la Zambie l’avait invoquée dans les années 1980 ; "la règle était tellement peu usitée que de hauts responsables du FMI n'en avaient tout simplement jamais entendu parler".

Cela a donc "jeté un froid chez [les] créanciers" [Le Monde].

Les Echos voient cette situation comme "un mauvais signal", même si Le Monde estime que cela ne devrait pas compromettre les négociations entre Athènes et ses créanciers.

Pour La Tribune, la stratégie du camp européen a fait "pschitt" et montre bien "que la manœuvre des créanciers consistant à proposer une dernière offre à Athènes qui serait à prendre ou à laisser a d'ores et déjà échoué".

La Tribune rapporte que, face à une telle "fermeté" de la part de M. Tsipras, les créanciers "semblent de plus en plus désemparés". "Leur position de faiblesse devient de plus en plus évidente" et ils seraient, pour une fois, prêts à faire des concessions.

Toute la presse parle d’un "blocage", essentiellement dû à des considérations idéologiques : le camp grec ne peut accepter de mener des réformes d’austérité, tandis que les créanciers seraient humiliés s’ils versaient le fonds d’aide financière promis sans accord avec la Grèce.

Pour Libération, cette situation est une véritable "guerre d’usure" qui commence à "[fatiguer] les Grecs" qui "expriment [leur] impatience et [leur] déception devant l’absence de résultats" [Euronews].

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