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Theresa May se prononce pour un hard Brexit

Revue de presse 18.01.2017

Mardi 17 janvier, la Première ministre Britannique Theresa May est sortie du silence pour enfin dévoiler son plan pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE, décidée par référendum en juin dernier. Un discours particulièrement attendu dans les capitales européennes, qui défend un Brexit "dur et clair" et qui a suscité de nombreuses réactions dans le vieux continent.

Brexit

Theresa May  défend un "Brexit dur"

"La nouvelle Grande-Bretagne libre de Theresa" titre le quotidien europhobe Daily Mail, repris par La Croix. Mardi 17 janvier, à l'occasion d'un discours sur le Brexit, la Première ministre, "accusée de naviguer à vue (…), a voulu signifier qu'elle avait sinon une stratégie, du moins un objectif" [Le Monde].

En effet, Theresa May "s'est appliquée en une petite heure à faire mentir les soupçons d'indécision", alimentés par sept mois de silence, qui lui ont valu le surnom de "Theresa Maybe" dans les colonnes de The Economist, estime Le Point. "Une allocution qui en dit finalement moins sur la feuille de route du Brexit que sur l'état d'esprit de celle qui va être chargée de le mener à bien", poursuit l'hebdomadaire.

Pour lancer le Brexit, la cheffe du gouvernement britannique "défie l'Union européenne", analyse La Croix. Sans pour autant "lever certaines incertitudes", Theresa May a oscillé entre "propos conciliants et menaces", précise le journal. La Première ministre a notamment averti qu'en cas d'échec des pourparlers "des secteurs importants de l'économie de l'UE souffriraient" dans un processus "assimilable à une calamiteuse automutilation" [L'Obs]. Ferme, elle s'est cependant voulue rassurante en précisant : "nous ne souhaitons pas la faillite de l'Union européenne (…), notre objectif est de construire un partenariat constructif"[L'Express].

"La véritable révélation de ce discours est le marché unique", relate Le Point. En effet, Londres a longtemps espéré obtenir "le beurre et l'argent du beurre" en souhaitant conserver tous les avantages inhérents au marché unique, "exception faite de la libre circulation des travailleurs". Désormais la Première ministre britannique, qui souhaite aujourd'hui "un accord de libre-échange avec l'UE", affirme que le marché unique "empêcherait les Britanniques de négocier leurs propres accords commerciaux" [L'Express]. D'après Le Point, il s'agit là "d'un renoncement" et d'une préférence affichée pour une "négociation ultérieure des accords commerciaux douaniers".

Dans son allocution, Theresa May a finalement appelé ses concitoyens à "mettre de côté les vieilles divisions et s'unir pour faire du Brexit un succès", plaidant ainsi " pour la fin des insultes et des rancœurs", souligne Europe 1.

L'UE partagée entre tristesse et soulagement

"En Europe, Berlin salue un peu de clarté" rapportent Les Echos. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier s'est en effet félicité, appelant "à des relations aussi étroites que possibles une fois le Brexit formalisé" [Le Parisien]. Sur Twitter, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, a déploré un "triste processus" et un "moment surréaliste". "Avec sa ligne dure, Theresa May risque de se heurter à l'intransigeance des autres leaders européens, la chancelière allemande Angela Merkel en tête", poursuit Le Parisien.

A Londres, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Boris Johnson, a salué un "discours fantastique" [The Guardian]. Nigel Farage, l'ex leader du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) a quant à lui parlé "d'un vrai progrès" [Le Parisien].

De l'autre côté de l'échiquier politique, Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste, "ne voit pas bien comment cela pourrait être accepté en Europe". Selon lui, "il faut chercher un accord qui garantisse un succès à ce marché car des emplois britanniques en dépendent" [Euronews].

"L'économie britannique est partie pour un chemin chaotique" constate en outre The Economist, puisque "Mme May n'accorde que peu d'importance à l'issue des négociations". Cette dernière voit en effet "sans équivoque le vote pour le Brexit comme un vote pour moins d'immigration, même au prix d'une baisse de prospérité", affirme l'hebdomadaire britannique.

Enfin, la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a affirmé qu'un "second référendum est maintenant plus probable" pour l'Ecosse – qui s'était majoritairement prononcée contre le Brexit en juin dernier [The Telegraph]. La nation constitutive du Royaume-Uni "ne se laissera pas entraîner sur une voie pour laquelle [elle] n'a pas voté et qui est contre ses intérêts", assurant qu'elle "ne permettra pas que les intérêts de l'Ecosse soient piétinés" [Euronews].

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