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Theresa May compte ses alliés face à Moscou / Le Premier ministre slovaque poussé à la démission

Revue de presse 16.03.2018

Deux jours avant le premier tour de l'élection présidentielle russe, les tensions s'aggravent entre Moscou et Londres suite à la tentative d'assassinat de l'ex-agent russe Sergueï Skripal et de sa fille. A Londres, Theresa May reçoit le soutien des dirigeants occidentaux. Par ailleurs, le gouvernement slovaque est sous pression depuis le meurtre du journaliste Jan Kuciak et de sa compagne en février 2018.

Vladimir Poutine et Robert Fico

A gauche : le président russe Vladimir Poutine. A droite : le Premier ministre démissionnaire slovaque, Robert Fico - Crédits : Union européenne

 Theresa May compte ses alliés face à Moscou

A quelques jours de l'élection présidentielle russe et à trois mois du mondial de football 2018 en Russie, Theresa May a affirmé publiquement mardi 15 mars la responsabilité du gouvernement russe dans l'empoisonnement de Sergueï Sprikal, ancien agent russe au service du Royaume-Uni et de sa fille. De leur côté, les alliés de Londres manifestent leur soutien. Dans une tribune publiée par Le Parisien, Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères britannique, ne mâche pas ses mots. Il déclare que cet incident "est une manifestation supplémentaire du comportement dangereux de Poutine". Le Monde rappelle que la Première ministre a déjà annoncé plusieurs mesures pour condamner la Russie : "expulsion de vingt-trois diplomates russes, gel des contacts bilatéraux, nouvelle législation contre  'les activités d’Etat hostiles', Coupe du monde de football privée de la présence de la famille royale". Face à la Russie, le gouvernement britannique n'est néanmoins pas isolé, rappelle Libération, "la solidarité avec le Royaume-Uni dans l’affaire de l’empoisonnement (…) par l'agent innervant Novitchok, est absolue et la condamnation de la Russie sans appel".

Une déclaration commune du président de la République Emmanuel Macron, de la chancelière allemande Angela Merkel et du président des Etats-Unis Donald Trump a été rendue publique hier, et reprise par Le Monde. "Nous exprimons notre consternation après l’attaque contre Sergueï et Ioulia Skripal", ont annoncé les trois chefs d'Etat, ajoutant : "cet emploi d’un agent neurotoxique de qualité militaire, d’un type développé par la Russie, constitue le premier emploi offensif d’un agent neurotoxique en Europe depuis la seconde guerre mondiale". Pour eux, pas de doute, cet incident représente bien "une atteinte à la souveraineté britannique, et toute action de cette nature venue d’un Etat partie à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques est une violation claire de ladite convention et du droit international"

Réactions de l'OTAN et sanctions américaines et françaises

Dans la foulée, l'OTAN a également réagi à l'affaire rapporte La Croix, estimant cette attaque "extrêmement grave". Son secrétaire général, Jens Stoltenberg, a également ajouté : "nous serons en mesure de défendre tous nos membres", si la Russie cherche la confrontation. Le Norvégien a néanmoins appelé à la modération et déclaré : "nous ne souhaitons pas une nouvelle guerre froide, nous ne voulons pas être entraînés dans une nouvelle course aux armements".

Puisque les Etats-Unis n'oublient pas non plus leurs déboires passés avec Moscou, Le Point rapporte que Washington a également annoncé "des sanctions contre la Russie en réponse à l'ingérence présumée de Moscou dans l'élection présidentielle américaine de 2016" [Le Point]. Le quotidien indique également que "19 individus et 5 entités sont visés par le gel de leurs avoirs et par une interdiction pour des sociétés américaines de faire des transactions avec eux".

En France, Emmanuel Macron devrait quant à lui annoncer dans les prochains jours des mesures contre la Russie, informe Libération. Afin de témoigner pour le locataire de l'Elysée de "la plus grande fermeté" face à la Russie. Le président français a d'ores et déjà boycotté le pavillon russe du salon du livre à Paris, qui s'est ouvert jeudi soir rapporte Le Parisien.

Réactions russes

En réaction aux pressions exercées sur la Russie, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est également exprimé niant toujours les responsabilités de la Russie [L'Express]. Il accuse "le gouvernement britannique d'utiliser l'affaire pour détourner l'attention de ses difficultés liées au Brexit" et il ajoute que "la popularité de ce gouvernement ne cesse de baisser", relate le journal.

 

Le Premier ministre slovaque poussé à la démission

Après plusieurs jours de polémique, le Premier ministre slovaque Robert Fico a finalement quitté son poste, jeudi 15 mars, après avoir remis sa démission au président de la République Andrej Kiska. Pour Le Point, "c'est un effet papillon à la mode slovaque, ou comment l'élimination d'un journaliste d'investigation peut provoquer la chute d'un chef de gouvernement".

En effet, Jan Kuciak menait des enquêtes "sur la corruption et sur des liens présumés entre des hommes politiques slovaques et des hommes d’affaires italiens soupçonnés de relations avec la mafia calabraise", rappelle Euractiv. Le Temps précise que le but premier de cette association était la "fraude aux subventions européennes dans l’Est de la Slovaquie".

Depuis la fin de la semaine dernière, l'événement a déclenché la colère dans tout le pays qui "a connu ses plus grandes manifestations depuis 1989". 50 000 personnes ont ainsi "défilé dans les rues de Bratislava et des milliers d'autres dans d'autres villes" [Les Echos]. Le Point explique que Robert Fico avait d'abord sacrifié "son ministre de l'intérieur, Robert Kalinak, accusé depuis des années d'affairisme et de légèreté dans la lutte contre la corruption".

Condition de la démission

Robert Fico a posé trois conditions à sa démission, rapporte Euractiv. Tout d'abord, "le président Kiska devra respecter le résultat des élections législatives de 2016 (...), garantir l’accord de coalition qui a permis la mise en place du gouvernement actuel". Et enfin "accepter que le parti Smer-SD propose son candidat à la tête du futur gouvernement".

Les Echos confirment que le président a répondu favorablement à ces demandes. Il a également chargé le Vice-Premier ministre de Robert Fico, Peter Pellegrini, comme lui membre du Smer, de former un gouvernement.

Enquête européenne

Selon Euractiv, "l’Union européenne a demandé mercredi à la Slovaquie de faire rapidement la lumière sur le meurtre du journaliste Jan Kuciak et de coopérer avec l’Office européen de lutte anti-fraude". Le commissaire européen à la Sécurité, Julian King, insiste : "la priorité première pour nous tous doit être de mener une enquête indépendante et rigoureuse sur les faits et de traduire en justice les responsables. Nous appelons les autorités slovaques à faire cela rapidement".