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Terrorisme : après les Etats-Unis, la France victime d'un loup solitaire

Revue de presse 14.06.2016

Hier en milieu de soirée, un commandant de police a été assassiné devant son domicile, à Magnanville dans les Yvelines. Retranché dans la maison, le meurtrier, qui s'est revendiqué du groupe Etat islamique, a été abattu lors de l'assaut du RAID. La compagne du policier a été retrouvée morte, tandis que leur enfant de 3 ans est sain et sauf. François Hollande a ce matin déclaré qu'il s'agissait d'un acte "incontestablement terroriste". Ce dernier fait suite à l'attentat meurtrier commis à Orlando dans la nuit de samedi à dimanche par un autre djihadiste dans une discothèque fréquentée par la communauté LGBT.

Police nationale

Un commandant de police et sa compagne assassinés par un djihadiste dans les Yvelines

Sept mois tout juste après les attentats du 13 novembre, les fils d'actualité des principaux organes de presse français ont été de nouveau activés ce matin pour couvrir un acte terroriste. Comme le détaille Le Monde, "un commandant de police a été tué lundi soir devant son domicile d'un quartier de Magnanville" (Yvelines). "Le meurtrier s'est ensuite retranché dans la maison", et a été "abattu lors d'un assaut du RAID". A l'issue de ce dernier, "le corps de la compagne de la victime, également fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, a été découvert à l'intérieur de la maison, ainsi que leur enfant de 3 ans, lui, sain et sauf".

Comme l'explique également Libération, "le meurtrier présumé du couple de policiers était un jeune homme de 25 ans, du nom de Larossi Abballa, condamné en 2013 pour participation à une filière djihadiste entre la France et le Pakistan". Au cours de la soirée, M. Abballa s'est revendiqué du groupe Etat islamique, organisation qui a elle-même revendiqué le double meurtre.

Interrogé par Le Figaro, l'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic a précisé ce matin avoir été celui qui a interrogé et mis en examen Larossi Abballa. Selon le magistrat, il s'agit "d'un bonhomme comme il en pullule dans les dossiers islamistes : imprévisible, dissimulateur. Il voulait faire le djihad, c'est certain", a-t-il assuré, ajoutant également qu'il "n'y avait pas grand-chose à lui reprocher au strict plan des poursuites pénales".

Naturellement informé minute par minute des avancées de l'affaire, François Hollande a tenu une réunion de crise ce matin, en présence du Premier ministre Manuel Valls, du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et du ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas. Le président de la République a qualifié l'acte d'"incontestablement terroriste" et de "drame abominable". "Nous devons agir ensemble", a-t-il également déclaré lors d'une conférence de presse. "La lutte contre le terrorisme n'est pas une lutte qui ne concerne qu'un seul pays (…) elle doit appeler une action internationale résolue" [Le Monde].

Nicolas Sarkozy, président des Républicains, a également été prompt à réagir, rapporte Le Figaro. "Dans le cadre de l'état d'urgence, notre niveau de vigilance doit être adapté sans délai et tous les enseignements de l'enquête judiciaire en cours sur le profil et le mobile du terroriste doivent être tirés pour renforcer la sécurité des Français et la protection de nos forces de l'ordre", a déclaré l'ancien chef de l'Etat dans un communiqué de presse. Résolument offensive, Marine Le Pen a quant à elle mis en cause la responsabilité de l'exécutif sur Twitter : "La colère nous saisit quand on apprend que l'assassin avait déjà été condamné pour association de malfaiteurs dans un but terroriste en 2013", a-t-elle écrit.

Après le massacre d'Orlando, un nouvel attentat isolé, de "proximité" ?

Bien que différent par son ampleur ou sa nature, les crimes commis à Magnanville font écho à ceux perpétrés dans la nuit de samedi à dimanche à Orlando aux Etats-Unis, où un terroriste également revendiqué de Daesh a abattu 49 personnes dans une discothèque fréquentée par la communauté LGBT. De fait, à l'instar des policiers ou des militaires, les homosexuels seraient des cibles privilégiées des djihadistes. C'est ce que soutient en tout cas Christophe Barbier dans son éditorial pour L'Express : "c'est le marketing du djihad", écrit-il. "Découper l'Occident en lamelles et pratiquer à la fois la tuerie de masse et l'attentat ciblé. Daech a tué des caricaturistes dans les locaux de Charlie Hebdo, des juifs à l'Hyper Cacher, des fans de rock'n'roll au Bataclan, des citadins épris de fête et d'amitié aux alentours, des touristes au musée du Bardo ou sur la plage de Sousse, enfin des homosexuels à Orlando". 

Interrogé avant l'attentat de Magnanville par Le Figaro, Thibault de Montbrial, avocat et auteur du "Sursaut ou le chaos", confirme que les crimes d'Orlando correspondent "à la lettre aux incitations de passages à l'acte des multiples messages vidéo de l'État Islamique adressés aux populations musulmanes occidentales". Concrètement, "il s'agit d'une incitation générale à tous les musulmans, où qu'ils soient, à tuer des occidentaux, par tous les moyens", précise M. de Montbrial.

Ainsi, comme le résume 20 Minutes sur son site, il s'agirait d'un "djihad de proximité signé Daech". "'Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – (…) ou tout citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’Etat islamique –  alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière', appelait en septembre 2014 Abou Mohamed al-Adnani, considéré comme l’un des cerveaux des attentats du 13 novembre", rappelle le média.

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