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Tensions croissantes entre Donald Trump et l'Union européenne

Revue de presse 01.06.2017

Donald Trump s'apprête aujourd'hui à annoncer la position des Etats-Unis sur l'accord de Paris pour le climat. Cette déclaration, dans la lignée d'un G7 et d'un sommet de l'Otan jugés insatisfaisants par les pays membres de l'Union européenne, pourrait constituer un nouveau frein à la coopération américano-européenne. Mais loin de s'appesantir sur cette redistribution géopolitique, l'Union européenne pourrait également profiter de l'isolement des Etats-Unis.

Des années d'alliance mises en péril

"Otan, Allemagne, climat. Sur ces trois sujets déterminants, l'allié américain se comporte comme s'il n'était plus vraiment, justement, un allié", annonce Ouest-France. "Au-delà de son attitude, c’est la politique de Trump qui trouble le plus les alliés européens de Washington", estime Libération. En effet, l'administration américaine n'a pour l'instant "confirmé aucun ambassadeur en Europe ni aucun haut responsable diplomatique". A cela s'ajoute la bienveillance appuyée du président à l'égard des monarques du Golfe lors de ses premiers déplacements internationaux, contrastant avec son attitude "tranchante" vis-à-vis des dirigeants de l’Otan, souligne le quotidien.

"Au coup porté par le milliardaire à la crédibilité de l'Otan s'ajoute la répudiation annoncée du traité de Paris sur le climat, l'une des rares réussites planétaires de la diplomatie" [Le Figaro]. De quoi mettre en péril ses relations avec les pays européens, et tout particulièrement avec l'Allemagne, que le président américain a prise pour cible.

"Ces tensions ne sont pas nouvelles", rappelle L'Obs. Dès sa campagne présidentielle, le milliardaire menaçait "d'instaurer des taxes douanières en représailles face aux excédents commerciaux allemands". Malgré tout, la chancelière allemande s'était rendue en mars à Washington pour rencontrer le président nouvellement élu. Lors de cette visite très tendue, Donald Trump avait refusé "ostensiblement de serrer la main [à Angela Merkel] devant les caméras" [Les Echos].

Dès dimanche, et après un G7 et un sommet de l'OTAN jugés décevants, la chancelière allemande en a tiré des conclusions radicales qui "marque[nt] un véritable tournant", note L'Obs. Angela Merkel a en effet déclaré à Munich qu'il ne fallait plus compter sur les Etats-Unis et que "nous, Européens, devons prendre notre destin en main" [Les Echos].

Lundi, le ministre allemand des Affaires étrangères, le social-démocrate Sigmar Gabriel, est allé plus loin, accusant le président américain d'avoir "affaibli" l'Occident, par ses déclarations sur le climat ainsi que ses contrats d'armement passés avec l'Arabie Saoudite, pays loin d'être irréprochable en matière de droits de l'Homme [L'Obs].

"Comme souvent, Donald Trump a choisi Twitter pour lancer mardi la riposte", note L'Obs : "nous avons un ENORME déficit commercial avec l'Allemagne, en plus elle paye BIEN MOINS qu'elle ne le devrait pour l'Otan et le secteur militaire. Très mauvais pour les USA. Ça va changer", a-t-il ainsi écrit dans un tweet, cité par le journal.

Risque de rupture sur l'accord de Paris

La rupture risque bien d'être consommée ce jeudi, alors que le président des Etats-Unis devrait annoncer sa position sur l'accord de Paris. "Il vaut mieux trahir la planète que ses électeurs", ironisent à ce propos Les Echos. En effet, "à en croire plusieurs médias américains", Donald Trump "s'apprête à annoncer le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat".

Or, "le retrait des Etats-Unis, l'un des plus gros pollueurs dans le monde, serait un vrai coup dur pour la lutte contre le changement climatique, un an et demi seulement après l'euphorie créée par l'accord de Paris", souligne TV5Monde (avec AFP). Mais un désengagement ne sera pas si simple : il s'agit en effet d'"un traité international avec des obligations légales" et "il faudrait plusieurs années si les Etats-Unis voulaient en sortir", a tweeté la porte-parole du président de la Commission européenne Jean Claude Juncker. Le retrait devra donc peut-être attendre la fin du mandat de Donald Trump. [TV5Monde (avec AFP)].

Un désengagement du traité, dommageable à tout point de vue, le serait surtout pour les Etats-Unis eux-mêmes. Il "ferait apparaître les Etats-Unis comme outsider : tous les participants du G7 qui vient de s'achever en Sicile, à l'exception de Donald Trump, avaient réaffirmé leur engagement pour le climat", souligne RFI. Le monde des affaires ainsi que de grands groupes américains, comme Google, Microsoft ou ExxonMobil, ont également prévenu le président du danger que représenterait une sortie de l'accord pour l'économie américaine [Le Monde].

Quelle que soit la décision finale des Etats-Unis, "L'UE et la Chine, réunies en sommet jeudi et vendredi à Bruxelles, se tiennent prêtes à défendre l'accord de Paris sur la lutte contre le changement climatique "[TV5Monde (avec AFP)]. Pour eux, "la dynamique en faveur d'une réduction des émissions des gaz responsables du changement climatique est "irréversible".

Une "fenêtre de tir" pour relancer l'Europe

"Donald Trump n'est pas exactement le Prince charmant, mais l'abondance des reniements américains vient de réussir ce que beaucoup d'Européens voyaient comme une mission impossible : sortir de sa torpeur l'UE endormie et lui donner l'envie d'exister par elle-même" [Le Figaro].

En effet, alors que le Brexit menaçait de disloquer l'Union européenne, "le printemps 2017 offre un alignement des planètes dont même les plus idéalistes des européistes ne rêvaient plus", affirment Les Echos. Angela Merkel, "bien partie pour entamer un quatrième mandat à la tête de son pays en septembre", semble maintenant convaincue de la nécessité d'une relance de l'Union européenne et l'élection en France d'Emmanuel Macron, fervent européen, offre une nouvelle dynamique pour la construction européenne. Ainsi, pour Les Echos toutes "les conditions sont réunies pour un grand retour du franco-allemand, sans lequel des avancées européennes sont impossibles".