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Taxes des États-Unis sur l'acier et l'aluminium : l'UE prête à riposter

Revue de presse 01.06.2018

Comme annoncé par le président des Etats-Unis, Donald Trump, et faute d'accord avec l'Union européenne, des surtaxes de 10 et 25 % sur l'acier et l'aluminium importés aux USA entrent en application dès le 1er juin. Bruxelles annonce des représailles.

UE/USA

Commerce entre l'UE et les États-Unis. Photo : iStock - Crédits : donfiore.

 "Beaucoup espéraient que Donald Trump effectue, avant que n’expire l’ultimatum de sa menace, une belle pirouette" mais ce fut "en vain", explique Libération. Pour Le Monde, "la mauvaise nouvelle n’a rien d’une surprise, cela faisait deux mois que les Américains menaçaient l’Union de ces sanctions". Ainsi, "la Maison blanche a confirmé jeudi [31 mai], l'entrée en vigueur des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium importés, qui avaient été suspendus à deux reprises dans l'espoir de négocier un accord plus favorable avec l'Union européenne" [Les Echos].

Côté européen, on considère ces sanctions "parfaitement injustes et stupides". La Chine est en effet montrée du doigt et "jugée responsable des énormes surplus mondiaux ayant mis en difficulté la sidérurgie occidentale ces dernières années" [Le Monde]. Pour Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, cité par la chaîne belge RTBF, il n'y a ainsi pas d'autres choix que de riposter pour défendre "les intérêts de l'Union, en pleine conformité avec le droit commercial international".

"Nous défendrons les intérêts de l'Union"

"L'Union européenne ne peut pas rester sans réagir", a prévenu Jean-Claude Juncker, qui estime que l'UE est capable "de faire exactement la même chose" que les États-Unis [Le Figaro]. L'UE "se donne [ainsi] la possibilité de rééquilibrer les sanctions par des représailles douanières sur des produits américains pour un montant équivalant aux dommages causés" [Le Point]. Des contre-mesures qui "viseraient le bourbon du Kentucky, les sodas, les motos Harley-Davidson, les jeans Levi's et le beurre de cacahuète" sont donc prêtes, sachant que ces "secteurs affecteraient plusieurs millions de travailleurs aux États-Unis". Ce sont au total "3 milliards d’euros de taxes" contre les États-Unis qui sont en jeu, indique Le Figaro.

"Si les déclarations européennes sont très dures, la riposte pourrait prendre quelques semaines, notamment pour des raisons de procédure", car l'UE "a besoin d’une validation des Etats membres pour les mettre en œuvre", tempère Le Monde. A cette fin, "un conseil extraordinaire des ministres du Commerce pourrait être convoqué dès la semaine prochaine afin d’en discuter". D'autre part, une procédure a été lancée devant l'OMC par la Commission européenne.

Dangereuse escalade

L'UE a toujours "refusé de négocier sous la contrainte, conditionnant toute discussion à la suspension définitive des taxes", notent Les Echos. Pour un diplomate bruxellois interrogé par Le Monde : "la stratégie de Trump, ce n’est pas de trouver un règlement définitif sur l’acier et l’aluminium, mais de maintenir les Européens sous tension permanente pour obtenir une résorption du déficit commercial américain vis-à-vis de l’Europe".

Lors de son discours à l'OCDE, le mercredi 30 mai, Emmanuel Macron a mis en garde les États-Unis : "ceux qui cèdent au mirage d'une prospérité isolée, l'histoire les rappellera à l'ordre. […] Les guerres commerciales précèdent les guerres" [Le Point]. Cecilia Malmström, la Commissaire européenne au Commerce ainsi que Hiroshige Seko, le ministre japonais au Commerce, ont publié un communiqué commun dans lequel ils expliquent que "l'initiative américaine pourrait mener à la disparition du système commercial multilatéral actuel, placé sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce" [Le Figaro]. Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, se dit elle aussi inquiète qu'une "potentielle guerre commerciale" puisse faire "dérailler l’économie, qui a tant peiné à redécoller après la crise financière planétaire de 2008", rapporte Libération.

"Les Européens sont néanmoins confrontés à une équation périlleuse", estiment Les Echos. En effet, "aucune capitale européenne ne veut tourner le dos aux États-Unis, premier partenaire commercial de l’Union". Dans ce cas, "comment rester fermes dans la défense de leurs intérêts" ? De plus, "des divergences entre Paris et Berlin sont apparues ces dernières semaines, la France privilégiant la fermeté, quand l'Allemagne s'est dite prête à faire un compromis avec les États-Unis, plaidant pour un mini-deal" [Les Echos].

Répliques du Canada et du Mexique

Les Européens ne sont pas les seuls à réagir. Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a notamment affirmé que "les tarifs douaniers américains étaient totalement inacceptables" et a qualifié "d'absurde" la justification américaine, qui met en avant des "impératifs de protection de sécurité nationale". Le Canada ne représentant pas "un quelconque risque pour la sécurité" des États-Unis selon lui [Ouest-France].

Au Mexique, le gouvernement a annoncé des "représailles commerciales alors que les États-Unis sont son principal partenaire". Le ministère de l'Économie a indiqué que le pays "imposera des mesures équivalentes sur divers produits dont certains aciers, des fruits et des fromages" et qu'elles "seront en vigueur tant que le gouvernement américain n'éliminera pas les taxes imposées", explique Le Figaro.