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Syrie : l'UE évoque des "crimes de guerre" mais ne veut pas de sanctions contre la Russie

Revue de presse 18.10.2016

Réunis lundi à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont condamné les derniers bombardements, notamment russes, à Alep en Syrie. Les accusations sont graves : la Russie pourrait avoir commis des crimes de guerre, par conséquent passibles de la Cour pénale internationale. Néanmoins, alors que le ton monte entre Occidentaux et Russes, aucune sanction n'a été suggérée contre Moscou. Pour l'heure, l'Europe cherche à éviter l'affrontement et préfère privilégier la négociation.

Federica Mogherini, lundi 17 octobre

Une dénonciation des bombardements russes de l'ensemble des Vingt-Huit

"Depuis le début de l'offensive par le régime et ses alliés, particulièrement la Russie, l'intensité et l'échelle des bombardements aériens sur Alep-Est sont clairement disproportionnées", accusent les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne dans leur communiqué final à l'issue de leur rencontre de lundi. [Europe 1]. "Et le ciblage délibéré d'hôpitaux, de personnels médicaux, d'écoles et d'infrastructures vitales, tout comme l'usage de bidons d'explosifs, de bombes à sous-munitions et d'armes chimiques constituent une escalade catastrophique du conflit", ont-ils également déploré. Pour les 28, les raids aériens sur Alep "pourraient constituer des crimes de guerre".

Néanmoins, aucune sanction n'est envisagée contre la Russie. Des mesures qui auraient été "contre-productives" selon le ministre luxembourgeois Jean Asselborn, tout en précisant qu'il "n’existait de toute façon aucun consensus entre les Vingt-Huit sur la marche à suivre" [Le Monde]. Les Européens ont finalement approuvé une déclaration finale demandant la fin des bombardements ainsi qu'un accès humanitaire pour venir en aide à la population. Ils ont "également approuvé le principe de nouvelles mesures restrictives contre 'des individus et des entités' qui soutiennent le régime de Bachar Al-Assad" [Le Monde].

Federica Mogherini, la voix de la diplomatie européenne dans le dossier syrien

La cheffe de la diplomatie européenne entend éviter toute escalade. Si elle n'exclut pas des discussions sur des sanctions supplémentaires contre Bachar al-Assad et son régime, elle insiste sur la nécessité des négociations, ne voulant pas d'une logique diplomatique se fondant principalement sur les sanctions. "Il y a des discussions là-dessus, bien sûr, ça fait partie des possibilités" a-t-elle déclaré à la presse après la réunion de lundi [Le Parisien avec l'AFP]. L'Union européenne dispose de "beaucoup d'autres instruments" mis à part les sanctions, a-t-elle tenu à rappeler.

L'Union européenne, par la voix de Federica Mogherini, "veut peser de tout son poids pour trouver une issue au conflit syrien" souligne Euronews. Pour le média, titrant son article "La petite voix de la diplomatie européenne en Syrie", Mme Mogherini a bien du mal à s'imposer en tant qu'interlocutrice diplomatique incontournable. Une faiblesse qui "correspond plus ou moins à une volonté des États membres", souligne Marc Pierini, chercheur au Carnegie Europe interrogé par le média européen.

Une trêve "humanitaire" annoncée par la Russie

Lundi, les forces russes ont annoncé une trêve des bombardements pendant huit heures dans la journée de jeudi, de 8h à 16h. Une "pause humanitaire" a expliqué le général Segueï Roudskoï de l'état-major russe. "Les forces russes et syriennes vont suspendre pendant cette période leurs frappes aériennes et tous les autres tirs", a-t-il expliqué, précisant que cette décision a été prise par Moscou et Damas "avant tout pour permettre aux civils de quitter [la ville] en toute liberté, pour évacuer les malades et les blessés et assurer le retrait des rebelles armés". [Le Figaro].

"Toute pause dans les hostilités est positive pour la population (...) mais nous avons besoin de plus de temps pour mettre en route la machine humanitaire", a déclaré le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric, en rappelant que l’ONU réclamait des pauses d’au moins 48 heures [Libération]. Des déclarations nuancées par Federica Mogherini : "Bien sûr c'est une étape positive, mais ce que nous disent les agences humanitaires, c'est que 12 heures seraient nécessaires" pour laisser suffisamment de temps aux convois humanitaires pour accéder aux zones de conflit. [Le Figaro]. "Il y encore un peu de travail pour trouver un terrain d'entente" a-t-elle ajouté.

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