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Surprise à Bruxelles avec la démission de l'ambassadeur britannique auprès de l'UE

Revue de presse 04.01.2017

C’est une onde de choc pour le camp de Theresa May en ce début d’année. Le 3 janvier, l’ambassadeur du Royaume Uni auprès de l’UE, Ivan Rogers (notre photo), a annoncé sa démission. Expérimenté et considéré comme fin connaisseur des dossiers européens, ce départ est une surprise pour les Européens et un coup dur pour les partisans du Brexit. Le 31 décembre, la Première ministre britannique avait en effet cherché à rassurer ses compatriotes sur l’avancée des négociations sur le Brexit.

Ivan Rogers

Le départ d’Ivan Rogers inquiète à Londres et Bruxelles

Moins de trois mois avant le déclenchement de l’article 50 du Traité de Lisbonne, coup d'envoi des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, c’est la stupeur qui s’est emparée de Westminster le 3 janvier. Ivan Rogers, ambassadeur britannique auprès de l'UE, qui avait été désigné par David Cameron en 2016 pour l’assister dans la difficile renégociation de l’adhésion du Royaume-Uni avant le référendum de juin 2016, a quitté son poste un peu moins d’un an avant la date prévue. Selon Euractiv, ce départ, dont les raisons demeurent floues, est un "choc", "qui a pris Londres et Bruxelles par surprise".

Selon les médias britanniques, son franc-parler ne plaisait pas à la "clique pro-Brexit du gouvernement", avance Libération. En effet, Ivan Rogers avait été au "cœur de la polémique" après avoir annoncé aux ministres britanniques qu'un accord de libre-échange entre Bruxelles et Londres "ne serait pas signé avant le début voire le milieu de la décennie 2020", rappelle le Figaro.

Ivan Rogers l’ennemi des peuples

Celui qui devait être l’homme fort du Brexit, n'était donc pas vu de la même manière à Bruxelles et à Londres. Considéré comme un personnage compétent, consciencieux et prudent par les Européens, M. Rogers était en revanche jugé trop "pessimiste" par les pro-Brexit [RFI, avec AFP]. Surnommé par certains "l’ennemi des peuples", le désormais ancien ambassadeur s’était attiré les foudres de la presse anti-européenne en soulignant que le futur accord de libre-échange UE-Royaume-Uni, courait en outre le risque d'être rejeté par les parlements des 27 qui devront tous être consultés, mettant en doute l’issue du Brexit.

"Sa démission n'est pas une surprise pour ceux qui travaillent avec lui", dans la mesure où "il était très compétent, mais pas convaincu par la décision d'un Brexit et la ligne du gouvernement britannique", confirme un diplomate européen au Figaro.

No plan for Brexit

Alors que Downing Street et les institutions bruxelloises n’ont pas immédiatement réagi à la nouvelle, le doute s’est rapidement emparé des observateurs européens. Charles Grant, du Centre d'études européennes, a très vite averti sur Twitter qu’un bon accord sur le Brexit était désormais "moins probable", [Euractiv]. L'Obs rapporte quant à lui les propos d’Hilary Benn, président de la commission parlementaire britannique chargée du Brexit, qui regrette le départ de l’ambassadeur "si près d’une échéance stratégique dans le dossier du Brexit".

Tim Farron, député britannique libéral-démocrate (parti pro-européen), interviewé par la BBC s'inquiète pour sa part que "Theresa May continue sa route sans avoir un plan ou même une idée de la marche à suivre pour orchestrer ce Brexit".

Dans son email de démission, l’ambassadeur dresse à cet égard une liste, publiée par Euractiv, de critiques cinglantes pointant directement du doigt le gouvernement britannique qui, selon lui, manque "d’expérience sérieuse en négociation multilatérale" et dont l’équipe de négociation britannique devrait "rapidement être revue". Avant d'encourager ses collègues à donner aux ministres chargé du Brexit leur véritable point de vue lors du processus de négociation – "même quand cela est embarrassant".

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