Derniers articles publiés

Sous le choc, l'Europe se divise sur les leçons à tirer des attentats de Paris

Revue de presse 16.11.2015

Suite aux attentats de vendredi à Paris, "au moins 129 personnes sont mortes, 352 autres blessées, dont 99 sont toujours en état d’urgence absolue" rapporte Le Monde. Un argument contre la politique migratoire européenne pour certains, une illustration de ce que vivent au quotidien les populations empruntant la route des Balkans pour d'autres. Les réactions ont fusé sur l'ensemble du vieux continent durant cette fin de semaine sous le signe du deuil.

Place de la République - Paris

Une des réactions du gouvernement français à "la pire attaque ayant visé la France depuis la Seconde Guerre mondiale" [l'Opinion] a été, "dès vendredi soir, le rétablissement immédiat des contrôles aux frontières" [Le Monde].

Le "ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a demandé, dans un courrier, dimanche, à ses collègues européens de 'mettre en œuvre des contrôles systématiques et coordonnés aux frontières extérieures de l’Union européenne, à travers une révision ciblée du code frontières Schengen'" [Le Monde].

L'Allemagne a également annoncé la prolongation du contrôle à ses frontières "jusqu'en février 2016" [Le Monde]. Selon l'Opinion, "en prenant vendredi, parmi leurs cibles, un match de foot entre la France et l’Allemagne, les terroristes ont aussi visé la réconciliation historique entre les deux pays".

"La Pologne prend prétexte des attentats de Paris pour suspendre l'accueil de réfugiés", titre Euractiv, avant de rapporter les propos du "futur ministre des Affaires étrangères [qui] a estimé samedi qu'il fallait désormais 'approcher de manière différente la communauté musulmane qui vit en Europe et qui hait ce continent, qui veut le détruire'".

Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, évoque "le vieux réflexe du repli sur soi [qui] plane sur l’Union européenne".

"Jean-Claude Juncker a nié le lien entre accueil des réfugiés et menace terroriste, évoqué en Europe de l’Est" rapporte le quotidien Les Echos. "Son commentaire est apparu comme une réponse directe à la Pologne, qui a fait un lien entre l’afflux de réfugiés et la menace terroriste", estime Libération.

Pour le président de la Commission, "ceux qui ont perpétré les attentats sont exactement ceux que les réfugiés fuient, pas l’inverse, et par conséquent, il n’y a pas lieu de revoir dans leur ensemble les politiques européennes en matière de réfugiés".

La Croix donne la parole à l'eurodéputée Sylvie Goulard (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe), qui estime nécessaire de "créer une sorte de FBI européen".

D'après Le Figaro, "l'hypothèse qu'un des terroristes du Stade de France soit venu dans le flot de réfugiés syriens renforce les opposants à leur accueil". "Athènes, Belgrade et Paris ont confirmé que le passeport était bien celui d'un migrant débarqué dans l'UE le 3 octobre, par l'île grecque de Leros", poursuit le journal.

L'Express entend démystifier cette information et titre "non, le passeport syrien ne prouve pas que Daech s'infiltre parmi les migrants".

Pour autant, "parmi les Syriens cherchant refuge en Europe, certains craignent de voir leur sort empirer et la haine envers eux grandir après les attentats de Paris. Mais d’autres relèvent que quoi qu’il arrive, dans leur patrie les choses sont mille fois pires" [Libération].

Pour coordonner la réponse européenne, "Bernard Cazeneuve a réclamé la tenue d’un conseil extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne" [Libération], qui devrait se tenir le 20 novembre à Bruxelles.

Toujours d'après Libération, les réactions ont fusé durant le G20. "Le président turc Recep Tayyip Erdogan, a promis une réponse 'très forte, très dure'", tandis que Vladimir Poutine et Barack Obama ont discuté en "aparté en dépit de leur relation glaciale".