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Sommet UE-Ukraine : l'ombre de Trump à Bruxelles

Revue de presse 24.11.2016

Réunis le 24 novembre à Bruxelles, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk ont accueilli le président ukrainien Petro Porochenko pour le 18e sommet UE-Ukraine. Si l'Union européenne devait saluer des "progrès substantiels" lors de ce sommet, plusieurs sujets préoccupants devaient être mis sur la table : l'accord d'association, les mesures anti-corruption prévues par Kiev et un point sur les accords de cessez-le-feu. La situation de l'Ukraine, cas sensible pour la diplomatie européenne, prend une nouvelle dimension avec l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

De gauche à droite : Martin Schulz, Petro Porochenko, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, le 24 novembre 2016 à Bruxelles

L'accord d'association UE-Ukraine bloqué par le référendum néerlandais

"Il y aura des sourires, mais aussi, probablement, un peu d'inquiétude". Dans leur éditorial, Les Echos font le point sur les "problèmes qui s'accumulent depuis plusieurs mois entre Kiev et Bruxelles".

Et notamment les conséquences du référendum néerlandais. Tous les États membres ont validé le traité international entre l'Union européenne et l'Ukraine "à l'exception des Pays-Bas, car en avril dernier, 61.1% des Néerlandais le rejetaient par un référendum consultatif. Même si la participation a été faible (32,2%), elle est supérieure au seuil (30%) lui donnant une valeur juridique", explique Franceinfo. Un résultat que les dirigeants ne pouvaient occulter et par conséquent, le Parlement de La Haye n'a donc pas ratifié le texte.

Qu'en est-il aujourd'hui ? Selon des sources des Echos, le Premier ministre néerlandais "s'apprêterait à chercher un compromis en demandant à ses homologues européens de durcir le partenariat avec Kiev. Il s'agirait, en particulier, de sécuriser le fait qu'il n'est pas question, pour l'Ukraine, de viser une adhésion à l'Union européenne, et qu'elle ne recevra pas de financements supplémentaires".

"C'est le refus de l'ex-président prorusse Viktor Ianoukovitch de signer de cet accord qui avait entraîné il y a trois ans la révolution du Maïdan à Kiev ayant finalement mené à sa chute", rappelle l'AFP [Libération avec l'AFP]. 

Les accords de Minsk toujours pas respectés

"Trois ans et près de 10 000 morts plus tard, le conflit se poursuit et les accords de Minsk, conclus entre Kiev et Moscou pour y mettre fin, sous l'égide de Berlin et de Paris, ne sont toujours pas pleinement appliqués", résume Le MondeSignés en février 2015, ces accords russo-ukrainiens appelés Minsk II devaient être appliqués d'ici fin 2016 mais la situation politique semble trop instable à Kiev.

Envoyé spécial dans la capitale ukrainienne pour le Monde, Benoît Vitkine note par ailleurs que "l'illusion d'un grand nettoyage mené au pas de charge s'est vite éloignée, et le pouvoir a particulièrement déçu là où il était le plus attendu : la lutte contre la corruption et les réseaux oligarchiques". "Pris en étau entre la pesanteur d'un système qui l'a créé, l'impatience de la jeune garde et les exigences de ses partenaires occidentaux, le président ukrainien avance en zigzaguant", conclut-il.

Election de Trump : quelles conséquences sur le conflit en Ukraine ?

Côté européen, certains veulent apaiser les craintes liées à l'élection de Trump. "Nous devons forcer la Russie à mettre en oeuvre les accords de Minsk. Pour cela, nous avons besoin de nos amis européens et des représentants des Etats-Unis", a déclaré la semaine dernière le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine, alors que Barack Obama lançait un appel au maintien des sanctions de l'UE jusqu'au respect effectif des accords de Minsk [Libération]

Le président américain actuel a exigé que Donald Trump travaille à "un règlement" de la crise ukrainienne avant la fin de son mandat en janvier [Libération avec l'AFP]. Donald Tusk a quant à lui insisté sur le maintien d'une coopération transatlantique "étroite", en incluant la question ukrainienne.

Pour l'Institut français des relations internationales (Ifri), cité par Libération, l'arrivée de Trump à la Maison Blanche donne l'occasion à l'Europe de "se prendre en main pour assurer sa défense et gérer les crises telles que celles de l'Ukraine, laissant les Etats-Unis dans un rôle de soutien". En outre, Kiev ne doit pas redouter "une éventuelle reconnaissance de l'annexion de la Crimée par les Etats-Unis (...) à ce stade improbable en raison des positions prises par le Parti républicain", écrivent les auteurs du rapport intitulé "Le monde selon Trump" [Libération avec l'AFP].

"Dans le cas d'une incursion russe dans la région balte, Trump déclenchera-t-il avec ses alliés l'article 5 ou se désolidarisera-t-il d'une Europe plus divisée que jamais ? ", s'interrogent dans Le Monde Alexandra de Hoop Scheffer et Martin Quencez, chercheurs au sein du think tank German Marshall Fund of the United States (GMF). "Sa politique à l'égard de Moscou pourrait être le principal sujet de tension entre les partenaires transatlantiques. Il sera alors intéressant de voir si le résultat de l'élection française de 2017 facilitera un nouveau terrain d'entente avec Washington sur la Russie", notent les deux chercheurs.

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