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Sommet de Tallinn : le projet européen d'Emmanuel Macron au cœur des discussions

Revue de presse 29.09.2017

Aujourd'hui vendredi 29 septembre, Tallinn accueille les dirigeants européens pour un sommet sur le numérique. Un événement qui a été précédé hier d'un diner informel au cours duquel le discours d'Emmanuel Macron sur l'Europe, prononcé à la Sorbonne le 26 septembre, a été largement évoqué. Le président français s'est notamment entretenu avec Angela Merkel.

Angela Merkel et Emmanuel Macron à Tallinn

Angela Merkel et Emmanuel Macron à Tallinn

"Risque d'éclipser les questions numériques"

Aujourd'hui, a lieu le sommet de Tallinn (Estonie) sur le numérique. Selon Les Echos, ce sont des sujets de première importance pour "l'avenir économique de l'Europe" qui vont être abordés. D'après le quotidien, seront évoqués : "la cybersécurité, la libre circulation des données et le déploiement des futurs réseaux 5G", qui sont des "questions érigées en priorité de cette rentrée par la Commission européenne".

Mais la "riche actualité risque d'éclipser les questions numériques au menu du vendredi", poursuivent Les Echos. En effet, hier soir, les chefs d'Etat et de gouvernement se sont déjà réunis lors d'"un dîner 'informel' […] sur l'avenir de l'Europe" au sein du "château de Kadriorg, une ancienne résidence d'été des tsars russes devenue un musée", situé dans la capitale estonienne [Le Point].

"Aucune surprise au menu"

Le Dauphiné Libéré affirme que ce diner a été l'occasion pour Emmanuel Macron de "tester sur ses collègues ses propositions sur la refondation de l’Europe". Politico juge que pour "un évènement informel sans agenda fixé, c'était extrêmement chorégraphié et étroitement contrôlé". Le but étant, d'après le média, "d'éviter de nouveaux conflits" alors que l'Europe apparait moins divisée.

Alors que les dirigeants européens "ont aimé le souffle du discours et la flamme de l'orateur", le président français doit "mobiliser ses pairs européens sur des changements qui les divisent déjà", estime Le Figaro. Un diplomate français, cité par Les Echos, assure qu'"il ne s'agit pas de dire, c'est à prendre ou à laisser. Il s'agit d'être efficaces, pas arrogants". Mais comme le souligne Le Dauphiné Libéré "aucune surprise n’est au menu", car Emmanuel Macron "a déjà rencontré 22 de ses 27 homologues de l’Union depuis son élection sur fond d’hymne européen".

A la suite du diner, c'est donc assez logiquement que les 27 "ont réaffirmé leur 'volonté forte et partagée de maintenir l'unité' de l'UE […], se disant par ailleurs 'ouverts' aux 'nouvelles idées'" [Le Point]. Cependant, avant la rencontre "la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, souvent très directe, a appelé sur Twitter à 'éviter les mirages dans le désert'" [Le Point]. Le Figaro rappelle, d'ailleurs, que "l'offensive tous azimuts du président français […] décuple aussi les sources d'inquiétudes". De même, le quotidien précise qu'"Emmanuel Macron peut compter sur le soutien des 'Latins'. Mais les Néerlandais, les Irlandais et les Baltes seront plus difficiles à convaincre".

"France is back on stage !"

La première personne que le président Macron doit rallier dans son camp est la chancelière allemande fraichement réélue Angela Merkel. C'est pour cela que les deux dirigeants "se sont retrouvés avant le diner pour une rencontre bilatérale qui n'était pas initialement programmée" [Les Echos]. Pour Le Figaro, il s'agit "d'arrondir les angles [entre] Angela Merkel et Emmanuel Macron", alors que la chancelière "aura probablement besoin de plusieurs mois pour sceller une nouvelle majorité au Bundestag, avec des alliés politiques qui rejettent par avance une bonne partie des projets français".

De fait, Angela Merkel doit composer pour former sa coalition avec "les libéraux du FDP", qui sont farouchement opposés aux réformes de la zone euro proposées par Emmanuel Macron [Le Figaro]. Au contraire Le Dauphiné Libéré se demande si "le principal obstacle pourrait être l’allié bavarois, la CSU, rendue très défensive par l’échec dans son fief".

En tout cas, insiste le quotidien régional basé à Grenoble, "la chancelière s’est faite discrète même si elle a tenu à rassurer 'en insistant sur le large consensus entre la France et l’Allemagne'". Selon RFI, "l'image que le couple franco-allemand a surtout voulu véhiculer, c'est celle de retrouvailles malgré toutes les difficultés, traduisant l'envie d'avancer ensemble sur les sujets européens". La chaine de radio ajoute que "visiblement satisfaite du discours visionnaire d’Emmanuel Macron, la chancelière allemande lui a lancé un sympathique "France is back on stage !' ('La France est de retour sur le devant de la scène !')" .