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Sommet de Bratislava : la fragilité des Européens

Revue de presse 19.09.2016

Vendredi dernier, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, à l'exception du Royaume-Uni, se sont réunis à Bratislava (Slovaquie) afin de s'interroger sur l'avenir de l'Europe dans le contexte post-Brexit. Dans un esprit de conciliation, seuls les sujets susceptibles de rassembler ont été abordés, suscitant la colère de Matteo Renzi. "Si les choses continuent ainsi, au lieu de l'esprit de Bratislava, nous parlerons du fantôme de l'Europe", a-t-il ainsi déclaré au Corriere della Sera, déplorant l'absence de décisions concernant la crise migratoire.

Sommet de Bratislava

Les dirigeants européens au sommet de Bratislava, septembre 2016

Une volonté d'atténuer les tensions entre Etats membres

Comme le rappelle La Croix, le référendum britannique du 23 juin dernier ayant conduit au Brexit n'a pas amené les Européens vers plus de solidarité ou de convergence. Au contraire, explique le quotidien, on assiste depuis plusieurs semaines à l'émergence de groupes de pays dans l'Union, faisant valoir des intérêts bien précis. Le 9 septembre, les "pays méditerranéens" de l'UE (France, Italie, Espagne, Grèce, Portugal Chypre et Malte) s'étaient ainsi réunis à Athènes afin de mettre un terme au "dogme de l'austérité", s'attaquant de manière assez claire au positionnement de la Commission européenne et de l'Allemagne. Tandis que les quatre pays de Višegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) partagent un "même rejet de la politique d'accueil des réfugiés, qui cimente leur groupe", présente Piotr Buras, directeur en Pologne du groupe de réflexion "European Council on Foreign Relations", cité dans l'article de La Croix.

Les discussions sur la politique budgétaire de l'Union européenne, de même que l'épineuse question de la répartition des réfugiés entre Etats membres, ont donc soigneusement été évitées.

Des participants mus par une volonté de compromis

"Bratislava, ce n'est pas un moment magique mais un déclic", a concédé le Premier ministre belge, Charles Michel, cité par Les Echos, dans une déclaration à l'issue du sommet. Les acteurs de la rencontre ont en effet, selon Le Monde, fait preuve d'un esprit de conciliation, "tentant de mettre de côté [leurs] agenda[s] [nationaux], pour souder les rangs à peine trois mois après la victoire du Brexit". Il n'y a par exemple pas eu de déclarations tonitruantes de la part du groupe de Višegrad, coutumier du fait, en particulier de Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, ayant récemment traité Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne, de "nihiliste" et appelé à une "contre-révolution" européenne.

La politique des quotas de réfugiés et les discussions budgétaires mises de côté, le sommet s'est par conséquent concentré sur les solutions susceptibles de favoriser la cohésion entre Européens. La sécurité et la défense ont été les thèmes centraux de la réunion : il a été avant tout question "d'appliquer les récentes propositions franco-allemandes – sécurisation des frontières, coopération plus étroite, mutualisation des moyens, création d'un fonds pour l'industrie européenne", résume Le Monde.

Matteo Renzi ne mâche pas ses mots concernant sa déception à l'issue du sommet

Des discussions jugées tout à fait insatisfaisantes par Matteo Renzi. Pour le président du conseil italien, Bratislava a été une "occasion perdue". L'absence de solution pour la crise migratoire a profondément déçu Matteo Renzi, notamment en ce qui concerne l'abandon de la politique des quotas de réfugiés à répartir entre les Etats membres. "Est-ce qu’on va comprendre que s’il est juste de sauver tout le monde en mer, il n’est pas possible d’accueillir tout le monde seulement dans les Pouilles ou en Sicile ?", a-t-il déploré dans le Corriere della Sera, dimanche dernier. Dans cette même interview, il a également dénoncé l'absence de projets de développement en Afrique pour empêcher les départs de migrants en créant des opportunités économiques. Enfin, Matteo Renzi a renouvelé ses critiques vis-à-vis des politiques d'austérité, "recette fausse" selon lui et non débattue à Bratislava.

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