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Slovénie : le parti conservateur anti-migrants en tête des élections législatives

Revue de presse 04.06.2018

Dimanche 3 juin, le Parti démocrate slovène (SDS) est arrivé en tête des élections législatives, après avoir axé sa campagne sur un nationalisme anti-migrants. Face à un Parlement fractionné, la formation d'un gouvernement devrait être délicate.

Janez Janša, chef du parti démocrate slovène

Janez Janša, chef du parti démocrate slovène. Photo : Flickr - Crédits : Ala.

En Slovénie, dimanche 3 juin, "1,7 million d’électeurs étaient appelés aux urnes pour ce scrutin à la proportionnelle destiné à pourvoir les 90 sièges au Parlement". Ce vote "intervient après quatre ans de gouvernement de centre-gauche" [La Libre]. Le Monde rappelle que la Slovénie est entrée "dans l’Union européenne en 2004" et qu'elle est "membre de la zone euro depuis 2007".

"Crédité de 25% des voix, le Parti démocrate slovène de Janez Janša" devance la liste indépendante conduite par Marjan Sarec qui "obtient 12,6% des suffrages" [Ouest-France]. En troisième position, le Parti du centre moderne (SMC, centre-gauche) "du Premier ministre sortant Miro Cerar compte seulement 9,8% des voix", soit une baisse de près de 25 points par rapport au scrutin précédent. Le Monde explique cependant que la coalition sortante fait jeu égal avec le Parti démocrate slovène "si l’on prend en compte les scores des sociaux-démocrates (10%) et du parti des retraités Desus (4,9%)",  qui gouvernaient aux côtés du SMC depuis 2014.

Janez Janša, le dirigeant du SDS, n'en est pas à ses débuts en politique. Il a été Premier ministre "de 2004 à 2008 et de 2012 à 2013" [Le Monde]. Libération note que M. Jansa est "omniprésent sur la scène politique slovène depuis l’indépendance en 1991 de cette ex-république yougoslave". Le Monde rappelle qu'il avait été contraint "d’écourter son deuxième mandat en raison d’une condamnation pour corruption qui lui avait valu plusieurs mois d’emprisonnement en 2014".

Revendications sociales

La Libre rapporte que pour "la première fois depuis dix ans, les élections slovènes se déroulent dans un contexte de croissance économique soutenue et de chômage bas", sachant que la Slovénie a été "frappée de plein fouet par la crise économique de 2008" et qu'elle "avait échappé de peu à une mise sous tutelle internationale en 2013".

Malgré cette situation, Le Monde observe que la campagne s'est "déroulée dans un contexte de grogne sociale et de revendications de hausses des salaires et des retraites après dix années d'austérité". De plus, la "réforme du système de santé" et "l'amélioration du climat des affaires" ont occupé la campagne.

Difficile coalition

Pour la radio RFI, à "défaut d’une nette majorité, les négociations pour former une coalition s’annoncent très difficiles" et ouvrent "la voie à une période de turbulences et d’instabilité". Cela n'a pas empêché M. Jansa de se déclarer "confiant", rapporte La Libre. Ce dernier assure "être prêt à engager des pourparlers avec tous les partis après le vote".

De son côté, "l’indépendant Marjan Sarec, donné deuxième à 12,6%", apparait comme incontournable pour former un gouvernement [Le Monde]. RFI rappelle que M. Sarec est un "ancien comédien" et "maire de la petite ville de Kamnik". Il avait créé "la surprise en novembre [2017] en décrochant 47% des voix à la présidentielle". Cet homme de 40 ans, qui cite volontiers le président français Emmanuel Macron en exemple, affirme qu'il ne veut pas "nouer d’alliance avec Janez Janša" [Libération]. Son parti "pourrait avoir l’opportunité de former un gouvernement, si Janez Janša (…) échouait à rassembler une majorité", a-t-il en revanche affirmé.

Spectre migratoire

Pour Le Monde, Janez Janša a réussi durant sa campagne à "faire de l’immigration un thème central", sachant que "près de 500 000 migrants ont transité par la Slovénie en 2015 et 2016 avant de poursuivre leur route vers l’ouest de l’Europe". Cette situation avait poussé le gouvernement précédant "à ériger une clôture de 200 kilomètres à la frontière croate". Le quotidien note que "seul un millier de réfugiés et de demandeurs d’asile vivent dans le pays aujourd’hui, selon les chiffres officiels".

RFI rapporte que, "selon les adversaires de M. Jansa et certains médias indépendants slovènes", le Premier ministre hongrois Viktor Orbán "aurait activement soutenu le Parti démocratique slovène". Des "médias financés par des fonds hongrois" auraient en effet pris position en faveur du SDS, abonde La Libre. Viktor Orbán lui-même a qualifié Janez Janša de "garant de la survie du peuple slovène" [Libération].

Un rapprochement condamné par Marjan Sarec, selon qui "répandre la peur des migrants et impliquer le Premier ministre d’un pays voisin dans la campagne [électorale slovène serait] franchir la ligne rouge". C'est pour cette raison que ni lui "ni les membres de sa liste ne peuvent s'inscrire" dans une alliance gouvernementale avec Janez Janša [Ouest-France].