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Scandale Volkswagen : quelles répercussions en Europe ?

Revue de presse 01.10.2015

Suite à la publication d'un nouveau rapport d'étude sur les réelles émissions de CO2 des voitures, il apparait que de nombreux constructeurs européens ont sous-évalué l'impact environnemental de leurs véhicules. Les enquêtes progressent autour du scandale Volkswagen tandis que la classe politique s'empare du dossier pour tenter de protéger une industrie occupant une place majeure dans l'économie, en Allemagne notamment.

Cars at Rush Hour Driving Through Thick Smog

Libération a présenté hier "un rapport de l’ONG Transport & Environment (T&E)" qui affirme que "les émissions de CO2 de nouvelles voitures en Europe ont été de 40% supérieures aux chiffres des constructeurs", et insiste : "l’écart s’accentue". Volkswagen  n'est pas le seul constructeur concerné par ce rapport, qui détaille les émissions des véhicules produits par des entreprises allemandes, françaises ou encore japonaises.

Pourtant, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron a appelé à ne "pas faire de ce scandale Volkswagen un scandale diesel" rapporte Le Point. Pour le ministre, "l'industrie française est en pointe en la matière, et c'est justement parce qu'elle est en pointe qu'elle n'a pas eu recours à des logiciels truqués comme certains de ses concurrents ont pu le faire".  La position du gouvernement français sur la question est claire : il "soutient Renault et PSA sur le diesel" [Challenges].   

Plus fermement, M. Macron dénonce "des concurrents américains, qui sont […] beaucoup moins ouverts au diesel même s'ils ont des véhicules eux-mêmes très polluants […] et qui cherchent à affaiblir l'industrie européenne par le biais de ce scandale" [Le Point].

Une analyse relativement partagée par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. Tout en fustigeant "l'avidité de gloire, de reconnaissance" chez Volkswagen, ce dernier estime que "quand on veut réussir sur les marchés mondiaux, la concurrence est incroyablement brutale. Tout le monde veut être le plus grand. […] On est abasourdi et on voit comment cela se termine une fois encore" [Le Point].

Cependant les critiques vis-à-vis du constructeur allemand restent plutôt faibles outre-Rhin. Le Monde dénonce "des élus allemands aux petits soins pour Volkswagen". En effet, "faisant vivre plusieurs millions de personnes, l’industrie automobile fait partie en Allemagne du patrimoine national", c'est pourquoi "les responsables politiques allemands ont toujours défendu à Bruxelles la participation de la Basse-Saxe [Land où est situé le siège de l'entreprise] au capital de Volkswagen".

Quand bien même "Volkswagen se prépare à l'impact économique du scandale" [Les Echos], une organisation gouvernementale allemande a, depuis 2007, "alerté les différents gouvernements allemands sur le non-respect par les constructeurs automobiles des normes environnementales. Sans avoir jamais été entendue" [Le Monde].

Cet impact des grandes entreprises de l'automobile sur la politique allemande fait l'objet d'une tribune dans Le Monde. Intitulée "Volkswagen, la deuxième mort de Max Weber", celle-ci détaille le fonctionnement d'une entreprise "dont le chiffre d'affaires est aujourd'hui supérieur… au PIB de la Grèce […] face à un univers politique […] souvent contraint – emploi oblige – d’accepter de défendre des intérêts industriels". Le contre-pouvoir serait alors transféré aux ONG et à la société civile.

Entre un scandale basé sur un mensonge et une classe politique souhaitant protéger une industrie pesant dans l'économie, Euronews s'interroge : "le scandale Volkswagen va-t-il accélérer la transition vers les véhicules alternatifs ?"

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