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Russie : Vladimir Poutine réélu pour un 4e mandat

Revue de presse 19.03.2018

Dimanche 18 mars, le président russe Vladimir Poutine a été largement réélu au premier tour pour un 4e mandat, jusqu'en 2024. Si le taux de participation avoisine les 70%, le scrutin reste marqué par un certain nombre d'irrégularités.

Vladimir Poutine

Le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine - Crédits : www.kremlin.ru / CC-BY-4.0

L'actuel président a été réélu avec 76,67% des voix : "le meilleur score jamais obtenu par M. Poutine en 18 ans de règne", rapporte Le Monde. D'après Le Progrès, "Vladimir Poutine aurait obtenu 91,7 % des voix en Crimée et 92 % à Sébastopol, selon des résultats provisoires", soit un ralliement absolu au président. Les Echos résument ainsi la situation : "Vladimir Poutine a réussi un pari impossible à perdre".

Si la victoire était attendue, l'enjeu principal était dans le taux de participation au scrutin. Or "la Commission électorale a rapporté que [celui-ci] s’établissait à 67,4 %" [Le Monde]. "C’est proche de 2012, où il s’était établi finalement à 65,27 %", ce qui permet au président d'asseoir à nouveau sa légitimité, même si le score n'a pas atteint les 70% espérés par le Kremlin.

Soupçons de fraude

Des irrégularités diverses ont toutefois été signalées. "L'ONG Golos a recensé 2 288 incidents", dont une majorité "d'interdiction d'accès à certains des 60 000 observateurs, ou d'acheminement illégal d'électeurs en bus" [Les Echos]. "La moitié des 97 000 bureaux de vote étaient dotés de caméras", ce qui a permis d'observer d'autres cas de fraude où les électeurs ont par exemple glissé "deux bulletins dans l'urne".

Alexeï Navalny, principal opposant au Kremlin, "a affirmé avoir dépêché plus de 33 000 observateurs dans les bureaux de vote et rapporté des centaines de cas de fraudes", d'après France24. Il dénonce un scrutin truqué : "le résultat, c'est que la victoire de Poutine avec plus de 70 % [des voix] a été décidée d'avance".

Parmi les sept concurrents en lice, c'est le Parti communiste qui obtient le deuxième meilleur score, loin derrière Vladimir Poutine. Son candidat, "Pavel Groudinine, arrive en deuxième position du scrutin avec 12 % des voix" [Le Monde]. Si "son résultat était scruté comme l’un des indicateurs du mécontentement social", son prédécesseur avait fait mieux en 2012 avec 17,8%.

L'affaire Skripal a marqué le vote

Pendant ce temps, les tensions se poursuivent entre le Royaume-Uni et la Russie : "Moscou a répliqué samedi [17 mars] par des mesures équivalentes" à celles du gouvernement de Theresa May, en expulsant 23 diplomates anglais [Les Echos]. Après l'annonce de sa victoire, le président a pris la parole pour assurer "que la Russie avait détruit toutes ses armes chimiques et était prête à coopérer avec Londres" [Franceinfo]. Sans manquer de préciser : "que quelqu'un puisse penser qu'en Russie quelqu'un se permettrait de faire de telles choses juste avant l'élection et la Coupe du monde de football, c'est absurde, du grand n'importe quoi" [L'Express].

Selon Les Echos, l'affrontement avec le Royaume-Uni est toutefois arrivé à point nommé pour le président. Le politologue indépendant Dmitrï Oreshkine y explique que "les Russes ont perdu confiance dans presque toutes les institutions sauf... Vladimir Poutine, l'église et l'armée" et qu'"en dix-huit ans sa popularité a toujours atteint des sommets au moment des guerres".

Theresa May compte ses alliés face à Moscou

Quelles perspectives ?

Le hasard veut qu'Angela Merkel et Vladimir Poutine débutent leur 4e mandat au même moment. L'occasion pour RFI de revenir sur des "relations entre Berlin et Moscou (…) tendues depuis 2014". En effet, "le nouveau chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, prône une ligne nettement plus dure vis-à-vis de la Russie". Si celui-ci est "favorable à la poursuite des sanctions contre Moscou" et mise sur "un front uni de l’Union européenne face à la Russie", une majorité d'Allemands souhaite cependant "un apaisement des tensions" [RFI].

Russie - Union européenne : un état des lieux

Selon la Constitution russe, ce 4e mandat de Vladimir Poutine devrait être le dernier. Les hypothèses concernant l'après Poutine restent cependant très floues : "dans un pays qui n'a jamais connu d'alternance politique normale, la question de la fin de sa carrière et de la désignation d'un éventuel successeur ne s'est jamais autant posée" [HuffingtonPost].

Toutefois, "le président russe s'est bien gardé de donner la moindre indication sur la personne à qui il pense éventuellement pour prendre sa succession". L'occasion de s'imposer à vie à la tête de la Russie ? L'intéressé a déclaré à ce sujet : "je n'ai aucune intention de faire ce genre de choses aujourd'hui" [HuffingtonPost].