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Russie : le discours très offensif de Poutine à la nation

Revue de presse 05.12.2014

Le 4 décembre, Vladimir Poutine s’est soumis, non sans lyrisme et agressivité, au désormais rituel russe du discours annuel à la nation. Une occasion en or pour de nouveau ériger la souveraineté nationale russe au premier rang des priorités, pour défier l’Occident, qui cherche à freiner la Russie par tous les moyens et faire du pied aux investisseurs en fuite. Un discours virulent pour l’ensemble de la presse en ligne.

Vladimir Poutine

"La charge de Poutine contre l’Occident", titre le Figaro. De fait, dans son discours annuel à la nation, le président russe a eu la dent dure contre les Etats-Unis et ses alliés. Selon lui, les pays occidentaux ont décidé de stopper le développement de la Russie par tous les moyens. "S’il n’y avait pas eu la crise ukrainienne, [les Occidentaux] auraient inventé autre chose pour freiner les opportunités croissantes de la Russie", cite en effet Euronews.

A cet égard, le chef du Kremlin, n’a pas hésité à rappeler sa satisfaction d’avoir pu récupérer la Crimée, qu’il présente comme aussi sacrée pour les Russes que le Mont du Temple à Jérusalem pour les musulmans ou les juifs. C’est en Crimée "que se trouvent les origines spirituelles de l’unité ancestrale de la nation russe et de l’Etat centralisé russe", rapporte l’Express. Assis au premier rang dans la salle des fêtes du Kremlin, le patriarche orthodoxe Kirill a apprécié.

Sur l’Ukraine, Vladimir Poutine n’aura pas d’autres mots. Sauf pour dénoncer l’action américaine et occidentale, responsable selon lui des heurts dans le pays. Quant aux sanctions, il ne s’agit "que d’une réaction nerveuse des Etats-Unis ou de leurs alliés" [Le Monde]. Au même moment, depuis Bâle, en Suisse, le secrétaire d’Etat américain John Kerry, tenait un discours évidemment opposé. "Les Etats-Unis et les pays qui soutiennent la souveraineté et les droits de l’Ukraine ne cherchent pas la confrontation", a-t-il déclaré. "Nous n’avons ni le dessein, ni le souhait de voir la Russie s’isoler par ses propres actions", relatent les Echos.

Comme une réponse simultanée à John Kerry, Vladimir Poutine a assuré que son pays ne plierait pas et ne s’isolerait pas. "Nous ne suivrons jamais la voie de l’isolement, de la xénophobie, de la suspicion et de la recherche d’ennemis. Tout cela, ce sont des manifestations de faiblesse tandis que nous sommes forts et que nous avons confiance en nous", a clamé le président russe.

De graves difficultés économiques se dressent toutefois face à la Russie, pays dont la monnaie ne cesse de chuter, dont l’inflation ne cesse d’augmenter et où les capitaux quittent massivement le pays. En un an, le rouble s’est déprécié de 60 % par rapport à l’euro. L’inflation a progressé de 9 %. Et quelque 125 milliards de dollars de capitaux ont été investis ailleurs. Pour enrayer ce phénomène potentiellement fatal, le président russe s’est montré moins lyrique et convaincant que pour haranguer le peuple autour de la souveraineté et de la fierté nationale, estime Claude Fouquet des Echos.

Parmi les seules mesures concrètes présentées par Vladimir Poutine figure celle d’une "amnistie fiscale aux investisseurs qui rapatrieront leurs capitaux". Ces derniers "ne seront pas questionnés sur la provenance de cet argent, ni poursuivis en justice et ne feront pas l’objet de mesures fiscales pendant 4 ans", synthétise Euronews. Après le discours du président, le rouble a connu une brève embellie, avant de reprendre sa chute, attestant que l’économie est bien la limite de la rhétorique nationaliste de Vladimir Poutine.

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