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Royaume-Uni : surprise après l'annonce d'élections législatives anticipées

Revue de presse 19.04.2017

Seulement trois semaines après le déclenchement du Brexit, la Première ministre britannique, Theresa May, opère un nouveau tour de force en convoquant des élections législatives anticipées pour le 8 juin prochain. Un choix que devrait approuver le Parlement britannique dès aujourd'hui, mercredi 19 avril. En bonne posture dans les sondages, Mme May fait le pari de se doter d'une majorité forte et stable pour affronter les futures négociations du Brexit.

Theresa May

"Onde de choc sur Westminster"

"Nous avons besoin de nouvelles élections et nous en avons besoin maintenant", a déclaré Theresa May, mardi 18 avril sur le perron de Downing Street à l'occasion d'une allocution solennelle [Le Parisien]. La Première ministre britannique a en outre "pris tout le monde par surprise", en annonçant des "Snap elections" (élections surprises) : "quatre lettres qui claquent comme un défi", selon Le Monde.

La Première ministre avait "pourtant rejeté cette option à de nombreuses reprises", rappelle La Croix, Mme May "affirmant vouloir se concentrer sur les affaires courantes et négociations à venir". Selon le journal, la nouvelle demande de référendum d'autodétermination lancée par le Parti national écossais (SNP), mené par Nicola Sturgeon, a convaincu Theresa May "de changer son fusil d'épaule".

Le débat parlementaire visant à valider le choix d'organiser des élections législatives anticipées devrait commencer aujourd'hui, vers 12h30 (13h30 heure de Paris), et ne devrait pas durer plus de 90 minutes, dévoile Europe 1. Theresa May devra obtenir l'aval des deux tiers de la chambre basse du Parlement pour espérer dissoudre "l'Assemblée qu'elle juge trop molle avant le bras de fer qui s'annonce avec l'Europe", analyse France Info. Un résultat qui s'annonce d'ores et déjà acquis pour Downing Street, puisque le principal responsable de l'opposition, Jeremy Corbyn, a déclaré qu'il avait bien accueilli la décision de Theresa May [La Croix].

Un pari risqué

Pour Le Monde, "le moment paraît idéal" pour convoquer de nouvelles élections, car "rarement un Premier ministre britannique n’a semblé en pareille position de force". Dans le dernier sondage d’opinion réalisé par YouGov, et repris par Euractiv, les conservateurs obtiennent 44% d’intentions de vote, contre 23% pour les travaillistes. Theresa May fait donc le pari d'élections immédiates, trois ans avant la date prévue, pour profiter "de la faiblesse des travaillistes divisés notamment sur la question du Brexit", explique RFI

Selon le quotidien britannique Evening Standard cité par Europe 1, "le jeu n'est pas dénué de risques pour Theresa May, en particulier en Ecosse où le Parti national écossais (SNP, au pouvoir), pro-UE, 'pourrait maintenir et même accroître son avance'". Selon le média, la cheffe du gouvernement pourrait également se retrouver "confrontée à la lassitude des électeurs, qui vont connaître leur quatrième vote crucial pour l'avenir du Royaume-Uni en quatre ans".

Tim Farron, chef du Parti libéral-démocrate, pro-européen et qui ne dispose à l'heure actuelle que de 9 sièges au Parlement, espère quant à lui faire de ces élections une opportunité pour éviter un Brexit dur, relève RFI.

A Bruxelles pas de changement de calendrier

Du côté des Européens, l'émotion n'a, semble-t-il, pas été grande à la suite de l'annonce de la Première ministre. "Les Britanniques pourront dire quel type de relation ils veulent exactement avec l'UE", affirme le négociateur du Parlement européen sur le Brexit, Guy Verhofstadt, ajoutant sur son compte Twitter : "Je travaillerai avec le futur gouvernement en faveur du meilleur avenir commun possible" [RFI].

A Bruxelles, les négociateurs du Brexit espèrent que ces législatives anticipées donneront à Theresa May "un mandat fort pour négocier les conditions du retrait de son pays de l'Union" a déclaré un autre responsable européen cité par France 24.