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Royaume-Uni : Le Parlement valide le déclenchement du Brexit, l'Ecosse va réclamer un nouveau référendum d'indépendance

Revue de presse 14.03.2017

Le gouvernement de Theresa May a obtenu lundi 13 mars le feu vert de Westminster pour activer l'article 50 du traité de Lisbonne actant le divorce avec l'Union européenne. Une décision anticipée par la cheffe du gouvernement écossais Nicola Sturgeon, qui a annoncé le même jour sa volonté d'organiser une nouvelle consultation sur l'indépendance de son pays entre l'automne 2018 et le printemps 2019.

Westminster

Le Parlement britannique valide le déclenchement du Brexit

"Sauf coup de théâtre, plus rien ne s'oppose au Brexit", souligne Ouest France. Huit mois et demi après le référendum du 23 juin 2016 sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, le gouvernement de Theresa May a désormais les mains libres pour entamer les négociations sur le Brexit.

Dans l'après-midi du lundi 13 mars, "la Chambre des communes avait rejeté les deux amendements introduits par la chambre haute du Parlement britannique ces dernières semaines", explique Le Monde.

Le premier amendement prévoyait que la Première ministre "ne pourrait enclencher les négociations sur un divorce avec l’UE que si elle s’engageait à protéger les droits des Européens vivant sur le sol britannique" [Ouest France]. Une proposition rejetée par 335 voix contre 287.

La seconde, "battue en brèche par 331 voix contre 286", visait à accorder au Parlement "le droit à un vote significatif sur tout accord définitif négocié entre Londres et ses partenaires européens" [Le Monde]. Selon le quotidien, David Davis, ministre du Brexit avait "exhorté lundi après-midi les députés à rejeter les deux amendements déposés par les Lords pour ne pas lier les mains de Mme May".

Et dans la foulée de ces votes, la Chambre des lords a rendu les armes, les approuvant sans tenter d'apporter de nouveaux amendements. "Malgré l’abstention de quelques membres de la majorité conservatrice", la Première ministre britannique "a obtenu gain de cause grâce au soutien de 274 Lords contre 118", résume ainsi Euronews. Theresa May est désormais libre de déclencher quand bon lui semble la procédure prévue par l'article 50 du traité de Lisbonne.

Cela pourrait être fait d'ici la fin du mois de mars, ce qui entrainerait l'organisation d'un sommet européen dès le 6 avril afin de "définir les lignes directrices des négociations à venir" [La Voix du Nord].

La menace de l'indépendance écossaise plane sur le début des négociations

Si Theresa May compte bien exploiter les divisions au sein de l'UE pour négocier au mieux la sortie de son pays du Vieux continent, une menace d'éclatement plane aussi outre-Manche. La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a en effet annoncé, quelques heures avant l'annonce du vote du Parlement, "qu’elle demanderait la semaine prochaine l’autorisation d’organiser un référendum pour l’indépendance de la province à la fin 2018 ou début 2019", relate Le Soir.

"Un coup d'éclat (…) qui a pris de court la première ministre Theresa May" et a conduit ses services à annoncer que le déclenchement de l'article 50, qui pourrait théoriquement avoir lieu dès aujourd'hui, serait acté plutôt à la fin du mois [Le Figaro]. "Nicola Sturgeon justifie son coup de poker par le mur d'intransigeance de Theresa May à son égard", explique le journal.

La cheffe du gouvernement britannique a aussitôt condamné cette décision, en rétorquant "qu’une nouvelle consultation, après celle de septembre 2014, serait un facteur de division et créerait une énorme incertitude économique au pire moment possible" [Ouest France]. Le Figaro rappelle cependant que le 24 juin dernier, "62% des Écossais ont voté pour rester membres de l'UE, à l'inverse de 52% des Britanniques".

Les dossiers brûlants qui attendent Theresa May

En outre, malgré le feu vert du Parlement "le plus dur reste à faire" pour Theresa May, prévient Euronews. S'engagent en effet "deux ans de compte à rebours pour mener des négociations de sortie entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, mais sans obligation de résultat" [France info]. Parmi les dossiers brûlants qui attendent la Première ministre britannique figure une note salée de 60 milliards d'euros que pourrait exiger Bruxelles aux Britanniques pour solder le divorce, rappelle Le Monde.

De plus, "le sort des Européens installés outre-Manche devra aussi être tranché" [Ouest France]. Theresa May refuse en effet pour l’heure "de garantir leurs droits avant d’avoir obtenu des assurances similaires pour les 1,2 million de Britanniques vivant dans l’UE", précise le journal.