Derniers articles publiés

Royaume-Uni : "hard Brexit" à l'horizon

Revue de presse 05.10.2016

L'hypothèse d'un "hard Brexit", c'est à dire un retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne sans maintien de son accès au marché unique, semble maintenant être le scénario le plus probable. L'issue des négociations demeure néanmoins incertaine, plaçant, par conséquent, l'économie du royaume insulaire dans une incertitude tout aussi importante. Enfin, coup de théâtre au sein du parti europhobe UKIP, avec la démission de sa présidente Diane James, moins de trois semaines après sa nomination.

Brexit

L'hypothèse d'un "hard Brexit" tend à se confirmer

Pas de doute pour Jean Quatremer dans les colonnes de Libération, le journaliste estime que "ceux, notamment au sein de la Commission européenne, qui se faisaient de douces illusions sur un 'soft Brexit' en sont pour leurs frais : ce sera un 'hard Brexit'". Il rappelle que Theresa May, la nouvelle Première ministre britannique, a rejeté le "modèle norvégien" de même que le "modèle suisse".

Le premier fait référence à l'Espace économique européen (EEE), intégrant la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein, qui "doivent appliquer l’ensemble de la législation communautaire sans la voter, respecter les 'quatre libertés' (libre circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux), se soumettre à la jurisprudence de la Cour de justice européenne et contribuer au budget communautaire". Le second désigne la vingtaine d'accords bilatéraux entre l'Union européenne et la Suisse, permettant à cette dernière un accès à une grande partie du marché unique. La contrepartie réside dans le respect de la libre circulation et la contribution au budget de l'UE. L'article cite Theresa May, qui a déclaré à ce propos : "Certains ont évoqué un échange entre le contrôle de l’immigration et le commerce avec l’Europe. C’est une voie sans issue […]. Nous déciderons nous-mêmes de l’immigration". "Or, pour les Européens, les quatre libertés sont indissociables. Céder sur ce point ouvrirait la porte à des revendications du même type par d’autres pays, voire en interne", analyse Jean Quatremer.

Dans son éditorial,  Le Monde est moins catégorique sur le sujet ce matin. Constatant également que Theresa May a fait le choix d'un "Brexit dur", le quotidien note que si elle désire rétablir une souveraineté totale de son pays en termes de politique migratoire, elle n'a, en revanche pas déclaré que le Royaume-Uni quitterait l'Union douanière. "A quelles conditions continuer à commercer librement avec l’UE ?" se demande le journal, notant que "pour les Britanniques, l’enjeu est énorme et se chiffre en dizaines de milliers d’emplois, à perdre ou à conserver. Chinois, Japonais, Indiens, Américains sont prêts à reconsidérer leurs investissements au Royaume-Uni s’ils ne sont pas assurés d’avoir un accès libre au marché européen". L'alternative est la suivante pour Le Monde : soit la rupture est totale et "les relations commerciales entre les deux parties seront régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce" soit "Londres veut un régime spécial [et] la difficulté est pour les Vingt-Sept : jusqu’où aller dans la définition d’un statut ad hoc sans inciter d’autres membres à agir comme les Britanniques ?".

Une incertitude grandissante à propos de l'économie britannique  

Cette incertitude quant à l'issue des négociations se répercute sur l'économie britannique. Si le pays surprend avec une croissance qui devrait être la plus importante du G7, malgré l'annonce du Brexit, et  une prévision à 1,8% pour 2016 selon le FMI [L'Opinion], cette dernière devrait être nettement inférieure en 2017, rapporte le site. En raison des incertitudes provoquées par la sortie de l'UE et de leur impact sur l'investissement et la consommation, la croissance devrait baisser à 1,1% en 2017, 0,2 point de moins par rapport aux prévisions précédentes.

De même, l'accélération du calendrier du Brexit a conduit la livre sterling à son plus bas niveau depuis 1985 [Les Echos].

Démission de Diane James, présidente de l'europhobe UKIP

Parallèlement à l'actualité du Brexit, la présidente du parti europhobe et anti-immigration UKIP (United Kingdom Independance Party) a annoncé sa démission hier soir, après seulement dix-huit jours à sa tête, invoquant "des raisons personnelles et professionnelles". Elle s'était engagée à faire de son parti, le "parti officiel de l'opposition", voulant ainsi remplacer la position occupée par le Labour, après les élections législatives de 2020 [Le Monde].

Selon le Times, la raison de sa démission serait liée au fait qu'elle est sous le choc après avoir essuyé un crachat dans un train après son élection, et ne voudrait pas diriger le parti sans garantie sur son financement. Le Telegraph évoque également de possibles problèmes familiaux.

Ce départ laisse la place à un retour du sulfureux Nigel Farage, éventualité pour l'instant rejetée par le principal intéressé. "Pas pour 10 millions de dollars", a-t-il déclaré à l'agence de presse britannique Press Association.