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Royaume-Uni : fragilisée, Theresa May cherche une majorité

Revue de presse 12.06.2017

Week-end chargé pour Theresa May. Malgré son revers aux élections législatives organisées le jeudi 8 juin et de multiples appels à démission, la Première ministre britannique n'entend pas quitter le pouvoir et poursuit les négociations en vue de la formation d'une majorité à la Chambre des communes. Une alliance avec les unionistes nord-irlandais est fortement pressentie, mais suscite de vives inquiétudes dans le pays et en Irlande.

Theresa May

Une position "intenable"

Fragilisée par les élections législatives du jeudi 8 juin, qui ont vu les conservateurs britanniques perdre leur majorité absolue à la Chambre des communes, l'heure est à la contre-attaque pour Theresa May [Le Parisien]. Après l'annonce, vendredi 9 juin, d'un remaniement minimal de son gouvernement, "reflet de la position affaiblie" de la Première ministre britannique, Mme May a affirmé ce dimanche sa détermination à gouverner [RTL].

Interviewée par la chaîne de télévision britannique Sky News, la locataire du 10 Downing Street a notamment déclaré : "ce que je ressens, c'est qu'il y a un travail à faire, et je crois que ce que le public veut, c'est s'assurer que le gouvernement continue à accomplir ce travail". Affirmant qu'elle n'était pas "en état de choc", Theresa May a cependant "esquivé" certaines questions, soulevant des interrogations quant à l'exercice de l'intégralité de son mandat [Le Parisien]. "J'ai dit pendant la campagne électorale que si j'étais réélue, j'avais l'intention de faire un mandat entier. Mais ce que je fais maintenant, c'est faire le travail qui se présente immédiatement", a-t-elle indiqué.

En effet, depuis les résultats catastrophiques du scrutin, Mme May fait l'objet de nombreux appels à démission. Dans son édition du dimanche 11 juin, le Sunday Times a en outre révélé que cinq ministres britanniques ont appelé Boris Johnson, actuel ministre des Affaires étrangères, à remplacer Theresa May au poste de Premier ministre, indique Franceinfo. Une option rapidement démentie par le principal intéressé qui a déclaré qu'il était "à 100% derrière Theresa May", rapporte le média. L'ex-ministre des Finances de David Cameron George Osborne, devenu patron de presse, a également surpris avec une "formule assassine", comparant la Première ministre à un "cadavre ambulant" et ajoutant : "La seule question est de savoir combien de temps elle va passer dans le couloir de la mort" [Le Point].

Une alliance avec le DUP qui inquiète

Toujours privée des huit sièges qui l'empêchent d'atteindre la majorité absolue et trois jours après les résultats, Theresa May est encore en discussions avec le DUP, le parti unioniste nord-irlandais dans l'objectif de sceller une alliance de gouvernement.

La Première ministre britannique avait en effet "parlé trop vite" en annonçant samedi soir qu'un "accord sur les grandes lignes" avait été trouvé avec cette formation protestante et opposée à l'indépendance de la région vis-à-vis du Royaume-Uni [Le Soir]. Mettant une nouvelle fois en exergue  "la confusion politique dans laquelle est plongée le Royaume-Uni", le DUP a démenti hier les propos de Downing Street dans un communiqué, indiquant que les négociations n'étaient pas terminées. "Les discussions ont jusque-là été positives. Elles continueront la semaine prochaine pour peaufiner les détails et trouver un accord", a-t-il déclaré [RTBF].

Une possibilité d'alliance entre le DUP et les Tories qui soulève en parallèle "beaucoup de critiques", notamment en raison "du conservatisme social du parti nord-irlandais farouchement opposé au mariage des homosexuels et à l'avortement", explique Le Point. Inquiets, plusieurs centaines de personnes ont notamment manifesté samedi près de Downing Street, martelant le slogan : "raciste, sexiste, anti-gay, le DUP doit partir".

Dans une conversation téléphonique avec Mme May, le Premier ministre irlandais Enda Kenny s'est également dit "préoccupé", indiquant qu'une telle alliance représenterait, selon lui, "un défi" pour le processus de paix en Irlande du Nord, rapporte Le Monde. L'entrée au gouvernement du DUP serait en effet de nature à remettre en cause l'équilibre politique de la région, permis depuis 1998 et l'accord du Vendredi saint.

Le calendrier sur le Brexit maintenu

Les incertitudes politiques britanniques tombent en tout cas au mauvais moment pour Theresa May, qui doit très prochainement entamer les négociations relatives au Brexit. Alors que la Première ministre doit rencontrer demain son homologue français Emmanuel Macron, elle a confirmé vendredi son intention de débuter "comme prévu, les discussions sur le Brexit dans les deux semaines" [La Croix].

Une déclaration qui ne suffit cependant pas à rassurer Bruxelles. "Un an après le référendum, on ne connaît toujours pas la position britannique !", a notamment déclaré Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne [Les Echos]. "L'UE a besoin d'un gouvernement britannique 'capable d'agir' sans quoi 'il y un danger que les négociations soient mauvaises pour les deux parties", a également réagi le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, lui aussi cité par le journal.