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[Revue de presse] Viktor Orbán bientôt expulsé du Parti populaire européen ?

Revue de presse 01.03.2019

Ulcérés par la récente campagne anti-Bruxelles orchestrée par Viktor Orban - la Commission est accusée de vouloir submerger la Hongrie de migrants - plusieurs membres du Parti populaire européen (PPE, droite) ont demandé l'exclusion du Premier ministre hongrois de la formation politique. Une première pour la droite européenne, qui avait jusqu'à présent évité la confrontation directe avec l'homme fort du Fidesz.  

Viktor Orbán - Crédits : Martin Lahousse / Flickr CC BY-NC-SA 2.0

Viktor Orbán - Crédits : Martin Lahousse / Flickr CC BY-NC-SA 2.0

Orbán, persona non grata pour plusieurs partis du PPE

"Cette fois, au Parti populaire européen (PPE), la coupe est pleine", annonce Le Monde. La récente campagne d'affichage anti-Bruxelles de Viktor Orbán a ainsi poussé trois partis membres de la droite européenne à demander l'expulsion du Fidesz, le parti de M. Orbán, dans un courrier commun adressé au Français Joseph Daul, président du PPE.

A l'origine de la révolte : Maxime Prévot et Wouter Beke, présidents des partis wallon et flamand membres du PPE, ainsi que leur homologue luxembourgeois Frank Engel, énumère Le Soir.

Les Portugais du PPE ont également appuyé la démarche en envoyant à leur tour une lettre à M. Daul "demandant l’ouverture d’un débat sur l’appartenance de M. Orbán au PPE en affirmant que 'l’attitude de son gouvernement remet en question le sens même de l’unité et de l’appartenance à un projet européen chrétien-démocrate'" [Le Monde].

Les conservateurs néerlandais ont également affirmé être en faveur de l'inscription de cette question à l'agenda du PPE. Enfin, "plusieurs partis nordiques et baltes" en cours de concertation pourraient s'associer à la démarche et "envoyer une lettre commune" aujourd'hui vendredi 1er mars. Si le sujet est retenu à l'ordre du jour de assemblée politique du PPE qui se tiendra le 20 mars, celle-ci se prononcera sur une expulsion potentielle du Fidesz. Elle devra être adoptée à la majorité absolue, indique le journal.

Un virage dans la droite européenne

La récente campagne anti-européenne de Viktor Orbán est donc la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Car même si "le Parlement européen a voté en septembre 2018 en faveur du déclenchement de l’article 7 des traités européens pour sanctionner la Hongrie qui ne respecte pas les valeurs européennes", rappelle Ouest-France, le PPE se refusait jusqu'à maintenant à exclure le Fidesz de ses rangs.

Une perspective qui ne fait toujours pas consensus au sein du parti européen. "Des voix estiment qu’il y a un risque de créer une division encore plus forte au sein du Conseil européen", alors que ce dernier est par exemple "déjà bloqué sur les questions migratoires en raison de l’opposition systématique de pays comme la Hongrie ou la Pologne dirigée par le PiS de Jaroslaw Kaczynski", explique Ouest-France.

De plus, dans l'optique des élections européennes du 26 mai, à l'issue desquelles "le pourcentage de sièges du PPE au sein du Parlement européen risque déjà de baisser", le départ de "12 ou 13 eurodéputés hongrois" ferait tomber les effectifs du groupe "autour de 170 députés européens seulement".

Enfin, certains "préfèrent [que le Fidesz] reste à l'intérieur du parti pour l'encadrer et éviter qu'il ne rallie d'autres dirigeants anti-européens" [Le Figaro avec l'AFP].

Une campagne mensongère contre Bruxelles en Hongrie

Après des mois voire des années de provocations, ce qui aura mis le feu aux poudres est finalement la campagne d'affichage lancée il y a une dizaine de jours par Viktor Orbán dans le cadre des élections européennes.

Des affiches ont été placardées dans toute la Hongrie, et diffusées sur les réseaux sociaux, montrant "les visages ricanant de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, membre comme le Premier ministre hongrois du PPE, et du milliardaire américain d'origine hongroise George Soros, bouc émissaire de Viktor Orbán et des nationalistes", rappelle la RTBF (Belgique) avec l'agence Belga.

Accompagnées du slogan "Vous avez aussi le droit de savoir ce que Bruxelles prépare", les affiches accusent frontalement l'exécutif européen "de vouloir obliger les pays de l'UE à accepter des réfugiés et de chercher à affaiblir les gardes-frontières nationaux".

Comme pour enfoncer le clou, dans une lettre adressée aux Hongrois, Viktor Orbán accuse de surcroît les "bureaucrates européens" de "vouloir amener encore plus de migrants en Europe", relate également le média belge. Tandis que pour sa part "[George] Soros financerait les organisations soutenant les migrations".

C'est la seconde fois que le Premier ministre écrit aux Hongrois contre Bruxelles, souligne EurActiv. En avril 2017, il avait déjà lancé "une initiative appelée 'Stoppons Bruxelles', quelques jours seulement après que les dirigeants européens se sont retrouvés à Rome pour marquer le soixantième anniversaire de l'UE".

Pour France Culture, le constat est donc limpide : la campagne de dénigrement menée par Viktor Orbán s'effectue "contre l'Europe, à coup de mensonges éhontés", avec pour "seul thème, toujours le même, celui des migrants".

Bruxelles répond point par point

Aux affirmations du gouvernement hongrois, la Commission a logiquement réagi, "point par point", en mettant en ligne "un argumentaire en sept réponses aux sept accusations proférées par le gouvernement hongrois", également diffusé sur Twitter [Le Figaro avec l'AFP].

"La campagne du gouvernement hongrois déforme la vérité et cherche à peindre une sombre photo d'un complot visant à accroître la migration vers l'Europe. La vérité, c'est qu'il n'y a pas de complot. Les affirmations du gouvernement hongrois sont, au pire, carrément incorrectes sur le plan factuel ou, au mieux, très trompeuses", affirme ainsi la Commission européenne.

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