Derniers articles publiés

[Revue de presse] Victoire en demi-teinte des conservateurs en Pologne

Revue de presse 22.10.2018

Des élections régionales et municipales ont eu lieu en Pologne dimanche 21 octobre. Avant de connaître les résultats définitifs, les sondages sortie des urnes donnent le parti Droit et Justice (PiS), actuellement au pouvoir, en tête dans les régions, mais perdant pour la direction des grandes villes du pays.

Mateusz Morawiecki, le 21 octobre au soir

Mateusz Morawiecki, le 21 octobre au soir - Crédits : @MorawieckiM / Twitter

L'Europe scrute les élections locales polonaises

Les citoyens polonais étaient "appelés aux urnes ce dimanche [21 octobre] pour des élections municipales et régionales", relate Euronews. "Le Parti conservateur Droit et Justice [PiS] du Premier ministre Mateusz Morawiecki [avait] pour ambition de mieux s'implanter localement", continue le média européen. Malgré la dimension locale du scrutin, "les enjeux nationaux voire internationaux ont été très présents" durant la campagne, comme par exemple "les réformes judiciaires controversées qui inquiètent l'Union européenne".

Ces réformes "entamées par les leaders nationalistes du PiS depuis leur retour au pouvoir" font de ces élections "un test grandeur nature pour les partis politiques polonais", souligne la RTBF (Belgique), "avant les élections européennes fin mai et les législatives [polonaises] dans un an". Aussi, "de nombreux regards européens étaient tournés à l'Est ce week-end".

Cette "campagne relativement animée", selon Le Temps (Suisse), explique "probablement" la "participation record pour ce genre de scrutin". Ainsi, la commission électorale mesure une participation à "plus de 50% (51,3% selon Ipsos), contre 47,40% en 2014". Et pour le quotidien helvète, le PiS aurait obtenu de bons résultats en partie parce que son président, Jaroslaw Kaczynski, est considéré par ses électeurs comme "un défenseur courageux des intérêts polonais face à l'Union européenne".

"Le PiS est arrivé au pouvoir en 2015", rappelle Challenges, "en s'engageant à accroître fortement les dépenses sociales et défendre les valeurs traditionnelles dans la vie publique". Alors que "la Cour de justice de l'UE" a ordonné vendredi à la Pologne de "suspendre avec effet immédiat et rétroactif la mise en œuvre d'une nouvelle loi" sur les juges de la Cour suprême, et malgré ses "relations houleuses avec la Commission européenne et des accusations de bascule vers une forme d'autoritarisme", le parti a su se maintenir, et même "conserver une importante cote de popularité auprès de l'opinion".

Les conservateurs du PiS en tête

C'est donc "le parti conservateur au pouvoir" qui est "arrivé dimanche en tête des élections régionales", rapporte Le Figaro. Selon les sondages Ipsos réalisés à la sortie des urnes, "Droit et Justice de Jaroslaw Kaczynski est crédité de 32,3% des voix dans les élections aux conseils régionaux, devant la Coalition Civique – alliance d'opposition de la Plateforme civique (PO, centriste) et de Nowoczesna (libéral), qui en recueille 24,7%". "Ces tendances ne peuvent cependant pas fournir une indication claire de la répartition des 16 assemblées provinciales", tempère Mediapart. En effet, "il y a quatre ans, le PiS était arrivé en tête dans cinq provinces, mais n'avait décroché la majorité que dans une seule assemblée".

Du côté des municipales, Le Figaro souligne par ailleurs que "l'opposition a conservé les mairies de plusieurs grandes villes". Mais même si "les résultats définitifs seront publiés par la commission électorale d'ici le milieu de la semaine", poursuit Mediapart, M. Kaczynski a déclaré dimanche soir : "nous avons gagné, c'est de bon augure pour la suite, notamment pour les élections parlementaires", prévues l'an prochain.

Le président de la Plateforme civique, "Grzegorz Schetyna, a vu [lui aussi] dans le résultat de sa formation 'un premier pas vers la victoire'", relève France 24. Dans la capitale Varsovie, par exemple, c'est "Rafal Trzaskowski (PO), 46 ans, ancien député européen et ancien ministre, qui obtient 54,1 % des voix, distançant nettement son rival du PiS, le vice-ministre de la Justice Patryk Jaki, 33 ans". Parmi les grandes villes, plusieurs sont remportées par l'opposition "dont Lodz, Poznan, Lublin et probablement Wroclaw", poursuit le média international. Dans cette dernière, "la marge donnant la victoire au candidat de la Coalition civique au premier tour est toutefois minime".