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[Revue de presse] Victoire des europhiles au Pays de Galles : une première défaite électorale pour Boris Johnson

Revue de presse 02.08.2019

Les Gallois de la circonscription de Brecon et Radnorshire ont élu cette semaine leur nouveau député. Annoncée ce vendredi 2 août, la victoire des Libéraux-démocrates marque une première déconvenue pour le Premier ministre Boris Johnson, qui s'était déplacé dans la région. A moins de trois mois du Brexit, la majorité des conservateurs à la Chambre des communes ne tient plus qu'à un fil.

Cortège des libéraux-démocrates à la marche anti-Brexit du 20 juillet 2019

Cortège des libéraux-démocrates à la marche anti-Brexit du 20 juillet 2019 - Crédits : John Russel / Flickr

Revers électoral

"Boris Johnson subit son premier revers électoral", titre Le Monde. La presse est unanime : l'élection partielle de la circonscription de Brecon et Radnorshire, au pays de Galles, était un test pour le nouveau Premier ministre britannique, entré au 10 Downing street à peine dix jours plus tôt.

Un seul siège était en jeu : celui du député conservateur Chris Davies, destitué par les électeurs à la suite de fausses déclarations de dépenses, "comme le permet une procédure introduite en 2015 par l’ancien Premier ministre conservateur David Cameron", explique 20 minutes. 19 % des électeurs avaient alors signé une pétition pour que l'élu soit révoqué, relate Euronews.

Cette procédure n'a pas empêché Chris Davies de se présenter à sa réélection. Mais c'est la candidate "libérale-démocrate et pro-européenne" Jane Dodds qui l'a emporté cette semaine, "par 13 826 voix contre 12 401", détaille Le Soir. Et pour la presse, c'est autour de la question du Brexit que s'est finalement cristallisé le vote.

En l'absence de candidats des partis nationaliste gallois (Plaid Cymru) et Verts, tous deux pro-européens, la voie était libre pour que les libéraux-démocrates recueillent les voix europhiles, décrypte 20 minutes. Adam Price, le dirigeant de Plaid Cymru favorable à un second référendum sur le Brexit, a ainsi déclaré sur les réseaux sociaux : "le plus important dans cette élection partielle, c'était de mettre de côté la politique partisane et d'élire un député favorable au maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE" [Euronews].

Gouvernement fragilisé

Pourtant, tout n'était pas joué d'avance : un sondage mené par l'institut YouGov avait "présenté des résultats plus inattendus", rappelle 20 minutes. Les conservateurs auraient pu bénéficier d'un "élan soudain, interprété comme un 'rebond Boris'". D'autant plus que "la circonscription de Brecon et Radnorshire a[vait] voté à 52 % en faveur d’un divorce avec l’Union européenne lors du référendum sur le Brexit en 2016", souligne le média.

D'ailleurs, selon le chercheur en science politique Roger Awan-Scully, interrogé par le quotidien britannique The Guardian, "le vote conservateur s'est malgré tout bien maintenu. Encore quelques jours avant l'élection, les gens parlaient sérieusement du fait que le Brexit Party pourrait repousser les conservateurs en troisième position".

Boris Johnson s'était ainsi rendu au Pays de Galles mardi 30 juillet afin d'exhorter les électeurs à ne pas donner leurs voix au Brexit Party [20 minutes]. La formation europhobe de Nigel Farage est finalement arrivée troisième, loin devant le parti travailliste britannique, qui enregistre lui aussi une nouvelle déconvenue, note The Guardian.

Pour Le Monde, la victoire des libéraux-démocrates "fragilise" néanmoins le nouveau gouvernement. Mme Dodds estime ainsi que les électeurs ont envoyé un "message puissant à Westminster", tandis que le député libéral-démocrate Ed Davey se félicite de ce "formidable résultat", qui rendra "le travail de Boris Johnson encore plus difficile" [The Guardian].

No deal Brexit

En effet, la perte du siège conservateur de Brecon et Radnorshire à la Chambre des communes ramène la "faible majorité parlementaire [de Boris Johnson] à seulement une voix", précise Le Monde. Le gouvernement Johnson serait en outre "le plus impopulaire depuis 40 ans", souligne The Independent. Selon un sondage Ipsos-Mori repris par le journal, 75 % des électeurs se sont déclarés insatisfaits de la politique menée, bien qu'un sur trois pense qu'il est encore possible que le Premier ministre négocie un "bon accord de sortie" pour le Royaume-Uni.

Les résultats ne sont pas meilleurs du côté des perspectives économiques : la Banque d'Angleterre a "sabré" ce jeudi les prévisions de croissance pour le pays. "Elles passent à 1,3 % en 2019 et en 2020, contre respectivement 1,5 % et 1,6 % en mai", détaille Le Monde. Des chiffres en baisse, car l'hypothèse d'une sortie de l'Union européenne sans accord ne cesse de se rapprocher.

Le gouvernement vient ainsi d'annoncer l'allocation de 2,1 milliards de livres (2,3 milliards d'euros) supplémentaires pour préparer ce scénario, et notamment "accélérer les préparations à la frontière, soutenir les préparatifs des entreprises et assurer l’approvisionnement des médicaments essentiels", a expliqué le ministère des Finances, cité par Le Monde. Ils visent également à "lancer une nouvelle campagne de communication sur le Brexit", poursuit le média. "Au total, 6,3 milliards de livres (6,9 milliards d’euros) auront été alloués pour préparer le Brexit, dont 4,2 milliards cette année".

Une sortie sans accord demeure toutefois un scénario plutôt impopulaire outre-Manche, selon le sondage Ipsos-Mori repris par The Independent : si un accord ne pouvait être trouvé d'ici au 31 octobre prochain, date butoir au-delà de laquelle le Brexit est censé devenir effectif, les électeurs souhaiteraient d'abord l'organisation d'élections générales, à 56 %. Tandis qu'un électeur sur deux préférerait repousser le Brexit à une date ultérieure.

 

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