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[Revue de presse] Une grève générale déstabilise un peu plus la Belgique

Revue de presse 13.02.2019

Décrétée dans la soirée du 12 février par les trois grands syndicats du pays, une grève générale, qui doit durer jusqu'à mercredi, paralyse la Belgique. Avions, trains, entreprises et administrations sont touchés dans tout le pays, déjà déstabilisé par une crise politique depuis décembre.

Aérogare du terminal 1 de l'aéroport de Charleroi Bruxelles Sud le 17 avril 2018 - Crédits : MisterQ / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

Aérogare du terminal 1 de l'aéroport de Charleroi Bruxelles Sud le 17 avril 2018 - Crédits : MisterQ / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

"Le ciel de Belgique est vide"

"Pas de vol au départ, pas de vol à l'arrivée... Le ciel de Belgique est vide et le restera jusqu'à 22h ce soir [mercredi 13 février] excepté pour les avions gouvernementaux, militaires et d'urgence" [Euronews]. Alors qu'une grève générale est décrétée depuis mardi soir en Belgique, l'aéroport de Charleroi, le deuxième du pays, a annoncé sa fermeture. A défaut de savoir combien d'aiguilleurs du ciel occuperont leurs postes cruciaux aujourd'hui [France24], l'entreprise Skeyes, chargée du contrôle du trafic aérien à basse altitude, a précisé à l'AFP que les avions ne seront pas autorisés à voler en-dessous de 8 000 mètres [Euronews].

Le nombre de vols et de passagers concernés n'a pas été communiqué [France info]. Le trafic ferroviaire international, quant à lui, ne devrait pas être trop touché, d'après La Voix du Nord. Mais le quotidien régional précise que cette grève n'épargne "aucun secteur". Au-delà du transport aérien, les entreprises et les centres commerciaux, "les administrations, le service postal, les écoles et la collecte des déchets sont également très perturbés", observe ainsi Le Figaro.

Le mouvement fera donc probablement sentir ses effets jusqu'aux plus hautes sphères gouvernementales.  En effet, le déroulement de la réunion des ministres de la Défense des 29 pays de l'OTAN, mercredi et jeudi à Bruxelles, risque d'être "perturbé", a été prévenue l'AFP. "Certains ministres pourraient manquer le début de la réunion" [France info]. 

Les syndicats veulent une hausse des salaires

"Ce mouvement de grève fait suite à un appel du front commun syndical", écrit Le Figaro. Leur revendication de hausse des salaires n'ayant pas été entendue, les trois grands syndicat du pays FGBT (socialiste), CSC (chrétien) et GGSLB (libéral) ont tout simplement "claqué la porte des négociations" du nouvel accord interprofessionnel avec les patrons pour 2019-2020.

Aux côtés des salariés, ces trois syndicats réclament également une hausse des allocations et des pensions ainsi que de meilleures conditions de fin de carrière [Euronews]. Ces derniers, qui appellent plus généralement à une meilleure prise en compte des enjeux de pouvoir d'achat, avaient déjà fait entendre leur protestation contre une série de mesures gouvernementales dont une réforme des retraites l'an dernier.

Les Belges ne font pas face à un phénomène nouveau puisqu'en 2014, "manifestants wallons et flamands s'étaient rassemblés pour protester contre le plan d'austérité du gouvernement de l'époque" [Le Figaro]. Mais cette nouvelle grève générale intervient dans le contexte de la "nouvelle crise politique" qui a émergé en décembre. "La coalition dite 'kamikaze' que le [premier ministre Charles Michel, un libéral francophone] avait formée avec les nationalistes de l’Alliance néoflamande (N-VA) s’est fracassée, samedi 8 décembre, sur le pacte mondial pour les migrations des Nations unies", racontait en effet Le Monde à la fin de l'année 2018. Depuis, Charles Michel "espère pouvoir diriger [jusqu’aux élections de mai] un gouvernement minoritaire bénéficiant, au coup par coup, du soutien de l’opposition". 

Dès lors, la grève générale de ce 13 février pourrait "déstabiliser encore un peu davantage le pays", selon Le Figaro, surtout si elle se révèle être une réussite. "En effet, stimulées par le mouvement des Gilets jaunes en France qui s'est étendu notamment en Wallonie, les organisations syndicales en ont profité pour accroître la pression sur le patronat et le gouvernement fédéral dirigé par le libéral Charles Michel. Une augmentation des taxes sur le carburant initialement prévue pour janvier a déjà été suspendue", relate le journal.

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