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[Revue de presse] Un 75e anniversaire du débarquement sur fond de tensions franco-américaines

Revue de presse 06.06.2019

Sur les plages du débarquement, les commémorations du D-day se déroulent aujourd'hui jeudi 6 juin en présence de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement étrangers, dont Theresa May et Donald Trump. Mais si l'on célèbre la paix et le multilatéralisme, dans les coulisses les idéaux nés de la fin de la Seconde Guerre mondiale semblent aujourd'hui oubliés. 

Donald Trump et Emmanuel Macron

Donald Trump et Emmanuel Macron aux Invalides le 13 juillet 2017 - Crédits : Wikimedia Commons / US Embassy France

Il y 75 ans, le 6 juin 1944, plus de 150 000 soldats britanniques et américains ont débarqué sur les plages de Normandie pour libérer la France occupée [CNews]. Le bilan humain est lourd : 10 000 morts, blessés et disparus. Un "symbole de l'unité du monde libre", rappelle le Parisien. "L’opération, baptisée 'Overlord', est aujourd’hui considérée comme la plus grande de l’Histoire", détaille Ouest-France. L'événement, aux multiples enjeux mémoriels, demeure aujourd'hui encore éminemment politique.  

Un D-Day chargé

C'est mercredi 5 juin que le coup d'envoi des célébrations du débarquement a été donné, à Portsmouth dans le sud de l'Angleterre. Pour l'occasion, "l’Américain Donald Trump, le Français Emmanuel Macron, le Canadien Justin Trudeau, l’Australien Scott Morrison, l’Allemande Angela Merkel", entre autres, ont fait le déplacement, aux côtés de la reine Elisabeth II et de Theresa May : le plus grand rassemblement de dirigeants étrangers au Royaume-Uni depuis les Jeux olympiques de 2012, note le Monde. Au cours des célébrations, 16 Etats ont adopté une déclaration pour "faire en sorte que les sacrifices du passé ne soient jamais vains et jamais oubliés" poursuit le quotidien.

Ce jeudi, les commémorations du D-Day ont débuté à 8h30 à Ver-sur-Mer (Gold Beach), dans le Calvados, en présence d'Emmanuel Macron et de Theresa May - son dernier acte en tant que Première ministre, rappelle la RTBF. A 11 heures, le président de la République a ensuite rejoint Donald Trump au cimetière américain de Colleville-sur-Mer (Omaha Beach), tandis que "le Premier ministre [Edouard Philippe] devrait recevoir en parallèle les autres chefs d’Etat à Bayeux ou à Caen", rapporte LCI. Emmanuel Macron présidera enfin à 16h30 une cérémonie française à Colleville-Montgomery (Sword Beach).

Au total, plus de 280 événements liés au 75ème anniversaire du débarquement ont été recensés, chiffre la RTBF. Plusieurs dizaines de milliers de personnes assisteront aux cérémonies, et notamment 500 vétérans [Ouest-France].

Toutefois, Emmanuel Macron n'assistera pas à l'un des plus importants d'entre eux : la cérémonie internationale, célébrée à Courseulles-sur-Mer (Juno Beach) à 18 heures. Une absence "pour des raisons d'agenda", a justifié la secrétaire d'Etat aux Armées, Geneviève Darrieussecq, citée par France 3. Mais une absence remarquée et parfois vivement critiquée, notamment par plusieurs responsables politiques normands comme Philippe Gosselin, député LR de la Manche, rapporte CNews.

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Relations orageuses

A l'international aussi, les célébrations de l'opération Overlord sont émaillées de tensions. Pour le Parisien, qui voit en Donald Trump un "quasi-ennemi de l'Europe", "l’amitié célébrée entre ex-Alliés, à grand renfort d’images aussi solennelles que spectaculaires, sur fond des croix blanches poignantes du cimetière américain, a quelque chose de fané". "C’est maintenant l’hypocrisie qui domine les cérémonies de 2019 : les gouvernements américain et britannique ont en fait tourné le dos aux principes hérités de l’après-guerre", juge Libération.

Et pour cause, sur fond de Brexit et de guerres commerciales, il y a de quoi s'interroger sur ce qu'il reste de l'unité entre les Alliés d'alors. Après la cérémonie franco-américaine, Donald Trump et Emmanuel Macron poursuivront par un entretien et un déjeuner qui ne manqueront pas d'être scrutés par la communauté internationale, estime la RTBF. D'autant plus qu'il s'agira de leur première rencontre depuis les célébrations du centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre dernier, elles-mêmes houleuses.

Des relations qui ne cessent de se rafraîchir en raison de "divergences fondamentales" sur les questions climatiques, le nucléaire iranien, la création d'une armée européenne ou encore le Brexit, énumère le Monde. Même si l'Elysée se refuse à parler d'une rupture entre les deux pays. Alors que la situation au Royaume-Uni demeure instable et que les relations Trump-Merkel sont "exécrables", le président français reste en effet le meilleur allié des Américains en Europe, analyse Laurence Nardon, responsable du programme Etats-Unis à l’Institut français des relations internationales (IFRI) [le Monde].

En outre, la visite du président américain outre-Manche, du 3 au 5 juin, s'est également mieux déroulée que prévu, avec des discussions sur un possible accord commercial entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis après le Brexit [The Independent].

Mais les relations transatlantiques ne sont pas les seules à s'inviter dans les commémorations. En effet, les Russes, pourtant membres incontournables du camp des Alliés, sont absents des cérémonies, remarque Le Figaro. Une "non-invitation" qui "intrigue d’autant plus que Vladimir Poutine était présent en France, lors du 70ème anniversaire du débarquement, en 2014", poursuit le journal qui note "l'ire de Moscou". La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova a en effet répliqué en déclarant que "le débarquement en Normandie n’a[vait] pas eu d’influence décisive sur l’issue de la Seconde guerre mondiale" [Le Figaro].  

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