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[Revue de presse] UE/Etats-Unis : les négociations commerciales reprennent malgré le "non" français

Revue de presse 12.04.2019

Pour éviter une guerre commerciale avec les Etats-Unis,  les Européens ont décidé de relancer les négociations en vue d'un accord avec Washington. La France s'y oppose, au nom d'exigences climatiques que les Etats-Unis ne respecteraient pas. Un "non" qui ne devrait cependant pas empêcher ces discussions d'avoir lieu.  

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président des Etats-Unis Donald Trump à Washington le 25 juillet 2018 - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président des Etats-Unis Donald Trump à Washington le 25 juillet 2018 - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

"Les discussions commerciales UE-Etats-Unis avancent, mais des problèmes demeurent", résume le média américain Politico. Car face aux Etats-Unis, les Européens n'affichent pas un front uni. Isolée, la France a en effet refusé jeudi 11 avril au soir d'entamer les négociations avec Washington.

"Le compte n'y est pas sur le climat"

"En un tweet, Emmanuel Macron a fendu l’unité des 27 Etats européens", annonce ainsi Ouest-France, en référence au message par lequel le président français a fait connaître sa position, sur le réseau social préféré de Donald Trump.

"Nous défendons une Europe exemplaire pour le climat. La France s’oppose au lancement d’une négociation commerciale avec les États-Unis qui se placent en dehors de l’Accord de Paris", a ainsi écrit Emmanuel Macron.

Pascal Canfin, ancien directeur de WWF France et numéro 2 de la liste LaREM pour les élections européennes, s'est félicité de cette décision : "C’est la première fois qu’un chef d’État s’oppose à l’ouverture d’une négociation commerciale au nom du climat. C’est une décision politique forte", a déclaré l'ex-eurodéputé EELV. Pour lui, Emmanuel Macron "a fait ce qu’il avait dit qu’il ferait dans un contexte" où "Donald Trump est dans la surenchère permanente et où le compte n’y est pas sur le climat" [Ouest-France].

Autre argument du président français : le refus de négocier avec un "pistolet sur la tempe" [Le Figaro]. "L’Élysée se voit mal expliquer aujourd’hui qu’on négocie avec les États-Unis de Donald Trump, qui a brandi de nouvelles menaces de sanctions tarifaires contre les Airbus, le vin ou les produits laitiers européens", explique le quotidien.

Ces négociations sur un futur accord commercial interviennent pourtant après la "'trêve' scellée au sommet, en juillet dernier, entre Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, […] après que les Etats-Unis s’en étaient pris aux exportations d’acier européen, suscitant des représailles européennes", rappelle le journal belge Le Soir.

La France isolée

A la demande de Paris, d'importantes concessions ont été faites sur le champ des négociations avec Washington. "La France a obtenu de ses partenaires que l’agriculture soit exclue des négociations et que le TTIP [un accord de libre-échange entre l'UE et les Etats-Unis suspendu depuis 2016] soit définitivement enterré", fait savoir Le Figaro.

Le nouveau traité qui va être négocié devrait ainsi essentiellement porter sur les biens industriels. Mais le mandat américain, lui, mentionne toujours les produits agricoles, indiquent Les Echos. Une "ligne rouge" pour l'Elysée.

"Faisant fi de l'opposition affichée depuis plusieurs semaines par Paris" [La Croix], les Etats membres ont tout de même donné leur accord de principe jeudi 11 avril par la voix de leurs ambassadeurs auprès de l'UE pour lancer les négociations [Le Point avec l'AFP].

Les pays du Nord et l'Allemagne, laquelle craint les attaques de Donald Trump dans le secteur automobile, s'y sont montrés favorables. Tandis que "quelques pays comme l'Espagne et la Belgique ont exprimé des préoccupations sur le plan environnemental", mais "ne s'y sont pas opposés" [Europe 1 avec l'AFP].

L'ouverture des pourparlers doit donc être confirmée lundi au Conseil, et ne pourra pas être bloquée par la France : les négociations commerciales, contrairement à l'adoption finale des accords, ne requièrent pas l'unanimité, mais la majorité qualifiée. Elles sont ensuite menées par la Commission européenne. Ce qui fait dire au Figaro que le "'non' français n’est pas un veto", mais plutôt "un 'non' de façade".

 

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