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[Revue de presse] Theresa May perd la main sur le processus du Brexit

Revue de presse 26.03.2019

Loin de se résigner à valider l'accord de sortie que Theresa May défend toujours, les parlementaires britanniques lui ont tourné le dos lundi 25 mars. Les députés ont ainsi adopté un amendement qui leur permet de reprendre la main sur le Brexit. Le même jour, trois membres du gouvernement ont annoncé leur démission, aggravant la crise politique dans le pays. De leur côté, les Européens se disent prêts pour un no deal le 12 avril.

Theresa May - Crédits : Tiocfaidh ár lá 1916 / Flickr CC BY-ND 2.0

Theresa May - Crédits : Tiocfaidh ár lá 1916 / Flickr CC BY-ND 2.0

Toujours pas de majorité au Parlement britannique

Le Brexit n'aura pas lieu le 29 mars. Les dirigeants de l'UE ont donné, lors du Conseil européen des 21 et 22 mars, deux options à Theresa May : un report de la date de sortie au 22 mai si l'accord de retrait négocié avec Bruxelles est enfin ratifié par les députés de son pays ; sinon Londres aura jusqu'au 12 avril pour présenter une alternative [Euronews]. La Première ministre continue donc désespérément à négocier avec les parlementaires dans l'espoir de faire changer d'avis ceux qui ont déjà rejeté à deux reprises l'accord de sortie, le 15 janvier et le 12 mars, fait savoir le média.

Mais lundi 25 mars, elle a "dû reconnaître que l’accord de Brexit n’avait toujours 'pas le soutien suffisant' au Parlement pour être soumis une troisième fois au vote des députés comme elle compte encore le faire", souligne Le Progrès. "Loin de s’arranger, la situation se corse sérieusement pour le Royaume-Uni et Theresa May", analyse LCI.

Une nouvelle humiliation pour Theresa May

La Chambre des communes a en effet voté, lundi 25 mars, "un amendement permettant [aux députés] d'influer sur le processus du Brexit, infligeant un nouveau camouflet au gouvernement de Theresa May", relate France info. "Un énième épisode dans la saga du Brexit", selon le média .

Cet amendement, adopté par 329 voix contre 302, permet aux élus d'organiser dès mercredi 27 mars "une série de votes indicatifs sur la forme que doit prendre le Brexit". "Parmi les options sur lesquelles les députés pourraient donner leur avis : maintien dans le marché unique, nouveau référendum, voire annulation de la sortie de l'UE", précise LCI.

"Si les députés persistaient dans leur refus [de valider l'accord de sortie], la première ministre n’aurait guère d’autre choix que de solliciter de l’UE un nouveau délai probablement de longue durée, pour remettre entièrement le Brexit sur le métier", analyse Le Monde. "Les députés prennent le contrôle du processus du Brexit", répète ainsi le quotidien britannique The Guardian.

"Ces votes ne seront qu’indicatifs et, en principe, le gouvernement n’est pas obligé d’en tenir compte", précise néanmoins Libération. Par ailleurs, "la liste des options qui seront votées devrait être compilée par le député conservateur Oliver Letwin, qui avait déposé l’amendement adopté lundi soir". Mais c’est le 'Speaker' John Bercow, président des débats aux Communes, qui prendra l’ultime décision sur le nombre et le type d’alternatives qui seront proposées au vote des députés", poursuit le quotidien. 

Vers un Brexit modéré ?

Lundi, avant le vote, la Première ministre n'avait pas tardé à faire savoir son opposition à l'amendement, "rédigé par un groupe multipartite dirigé par Letwin et le travailliste Hilary Benn" [The Guardian] : un tel vote constituerait un "précédent malvenu et dangereux" qui "inverserait l’équilibre des institutions démocratiques", avait-elle prévenu en refusant de "donner un chèque en blanc" aux parlementaires. A défaut de les connaître par avance, "je ne peux pas engager le gouvernement à tenir les résultats des votes tenus par la Chambre", avait-elle ajouté selon le journal britannique, tout en assurant qu'elle s'engagerait de "manière constructive dans ce processus".

Visiblement agacé, le leader du Parti travailliste avait alors répliqué : "Elle ne peut pas déclarer que son accord n'a pas obtenu assez de soutien et, en même temps, empêcher une alternative qui pourrait obtenir un soutien suffisant" [Euronews].

Cette initiative parlementaire est-elle vraiment une opportunité pour le Royaume-Uni de sortir de manière ordonnée ? C'est en tout cas la vision du journal  Le Monde : "les chances d’aboutir à un Brexit plus modéré que celui voulu par Theresa May, ou à une éviction de la première ministre suivie d’élections législatives, se sont accrues lundi 25 mars au soir", commente le quotidien, en relativisant cependant : "les 'votes indicatifs' pourraient aussi échouer à dégager la moindre majorité, ou approuver une solution [qui serait ensuite] rejetée par le gouvernement".

Trois membres du gouvernement claquent la porte

Autre coup dur pour Theresa May : trois secrétaires d'Etat ont annoncé leur démission dans la soirée de lundi. Il s'agit de Richard Harrington (Industrie), Alistair Burt (Affaires étrangères) et Steve Brine (Santé) [Le Progrès]. Dans sa lettre de démission publiée sur Twitter, Richard Harrington promet qu'il continuera de soutenir le gouvernement conservateur "sur tous les sujets sauf le Brexit", précise France info. En "échouant à garantir un accord" de sortie, il estime notamment que le gouvernement joue "à la roulette" avec "les vies et les moyens de subsistance de la grande majorité de notre peuple" [LCI].

"Ce vote et ces démissions accentuent la crise politique que traverse le pays, avec une Première ministre qui a perdu toute autorité et le contrôle du Brexit, et semble plus que jamais proche de la sortie", décrypte LCI, qui cite The Sun, quotidien le plus lu du pays. Ce dernier estime que the "time's up" (le temps est écoulé), autrement dit que Theresa May "devrait démissionner".

Les Européens prêts pour affronter un no deal

"Les Britanniques ne savent donc toujours pas quand et sous quelles conditions ils quitteront l'UE", note LCI. Au vu de la situation chaotique outre-Manche, les Européens sont encore loin, de leur côté, d'écarter l'option d'un retrait brutal du Royaume-Uni de l'UE.

L'Union européenne répète ainsi qu'elle serait "prête" à faire face à un no deal le 12 avril prochain, fait savoir L'Express. L'hypothèse devenant "de plus en plus vraisemblable", selon ses propres mots, la Commission européenne a annoncé que "les préparatifs en cas de sortie sans accord du Royaume-Uni de l'UE sont achevés".

Même son de cloche côté français : "Il faut se préparer au pire", a renchéri la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher, soulignant qu'"on n'a plus que quinze jours pour le faire" [LCI].

 

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