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[Revue de presse] Suède : plus de Premier ministre et toujours pas de majorité

Revue de presse 26.09.2018

Plus de deux semaines après les élections législatives suédoises du 9 septembre 2018, le centre-droit et l'extrême droite se sont accordés, mardi 25 septembre, pour congédier le Premier ministre social-démocrate, Stefan Löfven. Cette éviction ne change toutefois rien à la donne politique : sans aucune majorité au Parlement, les négociations pour former un gouvernement devraient durer.

Stefan Löfven

Stefan Löfven - Crédits : Anders Löwdin, Socialdemokraterna / Flickr

Stefan Löfven désavoué par le Parlement

Alors que l'avenir politique de la Suède reste en suspens, "la totalité des élus de l'Alliance (conservateurs, libéraux, centristes et chrétiens-démocrates) ainsi que ceux de l'extrême droite, ont démis [mardi 25 septembre] le Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven de ses fonctions", annonce France 24. Le chef de file de la coalition "rouge-verte" (qui réunit sociaux-démocrates et écologistes) perd le pouvoir à l'issue "d'un vote de confiance, mardi 25 septembre, qui s'est avéré négatif par 204 voix parlementaires sur 349". Depuis les législatives du 9 septembre, "le dirigeant Stefan Löfven se trouvait politiquement affaibli", relate le média international.

[Revue de presse] Suède : montée contenue de l'extrême droite et incertitudes sur le futur gouvernement

En effet, rappelle la RTBF (Belgique), "le scrutin du 9 septembre n'a pas permis de dessiner une majorité". La coalition de gouvernement "emmenée par le Premier ministre sortant a obtenu 144 des 349 sièges parlementaires, soit un de plus que l'Alliance formée par la droite". Le parti des Démocrates de Suède (extrême droite) se posait alors en arbitre avec les 62 sièges restants.

C'est dans ce contexte que, lundi 24 septembre, "le Riksdag – Parlement suédois – s’est réuni pour élire son nouveau président" [Courrier International avec le Svenska Dagbladet, quotidien de Stockholm]. "Soutenu par le parti populiste de droite des Démocrates de Suède, anti-immigration, c’est Andreas Norlén, 45 ans et membre du parti conservateur Moderaterna, qui l’a emporté avec 203 votes sur 349". Alors qu'au lendemain des élections, la coalition de centre-droit semblait refuser une alliance avec l'extrême droite, "l’élection de M. Norlén est une première victoire pour Moderaterna" et un revirement politique majeur.

Fraichement élu, "le président du Parlement doit désormais convier dans les plus brefs délais les représentants des partis siégeant au Riksdag", ajoute France Info. Le Parlement monocaméral du pays scandinave va maintenant procéder "à des consultations en vue de former un nouveau gouvernement". Dans l'avenir immédiat et "en attendant le résultat des négociations menées par le président du Parlement, [Stefan Löfven] reste à son poste pour expédier les affaires courantes".

La complexe équation du futur gouvernement

Pourtant, malgré cette alliance de circonstance pour évincer le Premier ministre, "centristes et libéraux excluent de participer à un gouvernement dépendant du soutien de l’extrême droite", écrit Le Monde. Pour Jan Björklund, premier secrétaire du parti Les Libéraux au sein de l'Alliance, s'associer à l'extrême droite "est possible mathématiquement, mais les antagonismes idéologiques sont trop importants". Dans les faits, la configuration du Parlement fait qu'il "ne pourrait y avoir de gouvernement de centre-droit sans un soutien garanti des sociaux-démocrates".

"Stefan Löfven, de son côté, a clairement fait savoir après le vote qu'il entendait continuer à 'servir le pays' en tant que prochain Premier ministre", ajoutent Les Echos. Cette position peut sembler incongrue au lendemain de son éviction par le Parlement, mais il faut garder en tête que même "s'ils réalisent leur plus mauvais score depuis des décennies, les sociaux-démocrates restent le premier parti de Suède" si l'on met de côté les coalitions, et ce "loin devant les Modérés et les Démocrates de Suède".

Selon RFI, c'est Ulf Kristersson, le patron des conservateurs, qui devrait le premier s'essayer à "la tâche difficile de former un nouveau gouvernement. […] Sachant que la droite ne pèse pas assez pour gouverner seule, et qu’elle refuse pour l’instant le soutien de l’extrême droite, les négociations s’annoncent longues et difficiles".