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[Revue de presse] Suède : montée contenue de l'extrême droite et incertitudes sur le futur gouvernement

Revue de presse 10.09.2018

Dimanche 9 septembre ont eu lieu des élections législatives à haut risque en Suède : le parti d'extrême droite des Démocrates de Suède, qui menaçait de bousculer la vie politique du pays, progresse mais ne s'impose pas. Les alliances de centre-gauche et de centre-droit arrivent, elles, presque à égalité, laissant croire à des tractations difficiles pour la formation du prochain gouvernement.

Jimmie Åkesson, chef des Démocrates de Suède, en juillet 2015

Jimmie Åkesson, chef des Démocrates de Suède, en juillet 2015 - Crédits : Per Pettersson / Flickr

L'extrême droite pousse mais ne perce pas

"La Suède semblait résister, dimanche 9 septembre dans la soirée, à la poussée de fièvre nationaliste suscitée par la crise migratoire en Europe", annonce Le Monde ce matin. Mais un constat doit être fait : "l’extrême droite progresse, revendiquant une 'énorme influence' sur la politique du pays scandinave". Pourtant, la situation semble moins tranchée que prévu : "alors qu'elle espérait renverser la table", l'extrême droite ne parvient pour autant à "réaliser la percée annoncée par son président, Jimmie Åkesson", indiquent Les Échos. Celui-ci "disait encore dimanche espérer entre '20 et 30%' des voix".

Selon les chiffres encore incomplets de ce lundi matin, "les Démocrates de Suède (SD), qui avaient obtenu 13% au dernier scrutin" [Le Figaro], "progressent encore avec un score qui se situerait entre 16 et 19%". Ce résultat reste assez éloigné des "25% promis par certains sondages et de l'espoir de devenir le premier parti du pays", poursuit le quotidien.

Mais visiblement fier du score de son parti, "Mattias Karlsson, président du groupe des 'Sverigedemokraterna' au parlement", s'est exprimé pendant la soirée, raconte la RTBF : "il est temps (que les autres partis) prennent leurs responsabilités et se mettent à discuter avec SD", a-t-il déclaré. Alors que le pays a "vu l'arrivée en 2015 de 160 000 demandeurs d'asile", poursuit le service public belge, l'extrême droite a fait de ce scrutin "un plébiscite contre la politique migratoire du gouvernement".

Le parti se place finalement comme la troisième force du pays, derrière le Parti social-démocrate suédois des travailleurs (Socialdemokraterna, qui revendique 28,4% des suffrages), et le parti conservateur les Modérés (Moderaterna, 18,8% des votes), indique le site du quotidien suédois Dagens Nyheter.

Des perdants, mais pas encore de vainqueur

Deux coalitions s'affrontent pour le pouvoir : d'un côté l'Alliance de la Gauche verte nordique, formée de deux partis de gauche et du parti écologiste, de l'autre l'Alliance, qui rassemble quatre partis, conservateurs, libéraux, centristes et chrétiens-démocrates. "Le bloc 'rouge-vert' sortant est pour l'instant crédité d'un petit siège de plus que l'opposition du centre et de droite", note le Huffpost, qui qualifie ainsi ce scrutin de "décevant pour les conservateurs qui perdraient quelque cinq points en quatre ans".

"Nous aurions aimé faire un meilleur score, mais nous restons le premier parti du pays", a pour sa part annoncé le Premier ministre social-démocrate sortant Stefan Löfven, "sous les applaudissements à tout rompre des militants réunis pour la veillée électorale du parti dans le sud de Stockholm", relate Libération. En revanche, "les Verts, partenaires des sociaux-démocrates au gouvernement (…), enregistrent le pire échec de ces élections, à 4,3%, à peine au-dessus du pourcentage requis pour siéger au Parlement".

"Quoi qu’il arrive, la formation d’un gouvernement s’annonce d’ores et déjà bien compliquée", estime RFI : "le Premier ministre Stefan Löfven a pris les devants et déjà déclaré qu’il ne démissionnerait pas". Pourtant, pour le journal Le Monde, "M. Löfven apparaît personnellement fragilisé par quatre années d’un mandat tumultueux". Il a ainsi déclaré que selon lui, "une chose est sûre, personne n’a obtenu de majorité. Il est donc naturel de lancer une collaboration entre les blocs", tendant ainsi la main à l'opposition de centre-droit.

Face à lui, "l'opposition est déterminée à déloger les sociaux-démocrates", indiquent Les Échos. Un choix qui risque toutefois d'être compliqué alors que "sept sympathisants conservateurs sur dix ne veulent pas entendre parler d'une main tendue à l'extrême droite".

À noter cependant : le scrutin n'est pas totalement terminé, comme l'explique David Ahlin, directeur du département opinion de l'institut Ipsos cité par Europe 1 : "seulement 30 000 voix séparent les deux blocs et mercredi seront comptées les 200 000 votes des Suédois de l'étranger".