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[Revue de presse] Sommet des Balkans : un dialogue à poursuivre entre la Serbie et le Kosovo

Revue de presse 30.04.2019

Après un regain de tensions entre la Serbie et le Kosovo, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont convoqué autour de la table les deux pays, lundi 29 avril à Berlin. Le dialogue, qui reflète la désunion européenne sur ce dossier, demeure difficile.

De gauche à droite : Angela Merkel, Federica Mogherini et Emmanuel Macron à Berlin - Crédits : Michele Tantussi / Commission européenne

De gauche à droite : Angela Merkel, Federica Mogherini et Emmanuel Macron à Berlin - Crédits : Michele Tantussi / Commission européenne

La Serbie et le Kosovo réunis à Berlin

"Macron et Merkel au chevet des Balkans", titrait hier la Tribune de Genève. La chancelière allemande et le président français ont en effet invité, lundi 29 avril à Berlin, les dirigeants du Kosovo et de la Serbie. Objectif : relancer les discussions pour obliger les deux pays à se réconcilier dans un contexte où leur relation est "au plus mal" [Tribune de Genève]. Pour ce faire, des entretiens d'une durée de quatre heures ont été organisés à partir de la fin d'après-midi, précise Euractiv. Une occasion pour Paris "de réengager la France" dans les Balkans, a souligné de son côté le président français cité par La Croix. Sans l'intention de "prescrire une solution à Belgrade et Prestina", a précisé Emmanuel Macron [Euronews].

"Le Kosovo a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008, après avoir mené une guerre en 1998-99 qui s'est terminée par une intervention de l'OTAN", rappelle le quotidien britannique Daily Mail. Mais "la Serbie considère toujours le Kosovo comme une de ses provinces" [Tribune de Genève], à l'origine des tensions actuelles.

C'est donc "vingt ans après leur conflit armé" que les dirigeants serbe et kosovar ont accepté, lors d’un sommet à Berlin, de "reprendre leurs pourparlers", écrit  La Croix. Ce qui constitue déjà une "petite réussite", selon Euronews. Autour de la table étaient également présents d'autres pays des Balkans tels que le Monténégro, l'Albanie, la Macédoine du Nord, la Croatie, la Slovénie ou la Bosnie-Herzégovine.

"Ce déblocage intervient après un regain de tension, depuis que Pristina a instauré en novembre des droits de douanes de 100% sur les importations de produits serbes pour pousser Belgrade à reconnaître son indépendance", rappelle La Croix. Une mesure elle-même décidée après l'obstruction serbe à la candidature du Kosovo à Interpol.

Des positions inchangées

Avant le sommet, les deux pays campaient toujours sur leurs positions. La Serbie, dirigée par Aleksandar Vucic, refusait "de revenir à la table des discussions organisées par l’UE tant que ces droits [de douane] n’auront pas été supprimés" [Euractiv]. Une levée des taxes également défendue par Paris et Berlin. Or le Premier ministre du Kosovo, Ramush Haradinaj, affirme que cette "mesure commerciale punitive sera maintenue tant que Belgrade ne fera pas preuve de souplesse sur la reconnaissance de l’indépendance de son pays", relate le média.

Côté kosovar toujours, le président Hashim Thaçi a fait connaître son souhait "qu'après les élections européennes, l'UE supprime les visas pour les Kosovars et qu'un accord avec la Serbie ouvre au Kosovo la voie vers l'ONU, l'UE et l'OTAN", indique Capital.

Une future adhésion à l'Union européenne ?

Mais de leur côté, Angela Merkel comme Emmanuel Macron refusent de faire de ce sommet un tremplin pour une éventuelle adhésion à l'UE. "A deux semaines des élections européennes, aucun des deux dirigeants ne préconise d'accélérer l'élargissement à de nouveaux pays", relate Le Point. Ils préfèrent prendre "le contrepied de la Commission, qui parie sur l'adhésion serbe et kosovare pour régler leur différend" [AFP].

Certes, la Serbie est "déjà en phase de négociations pour adhérer à l’UE mais le processus sera très long". Quant au Kosovo, il "n’en est même pas encore là", informe Capital.

Même si l'organisation de ces pourparlers vise à "entretenir cet espoir", analyse Arte, M. Macron et Mme Merkel avaient préalablement "accentué la pression" sur les dirigeants serbe et kosovar, en conditionnant toute avancée des négociations d'adhésion à une normalisation de leur relation [Capital]. "L'actualité n'est pas à la politique d'élargissement de l'UE mais bien à une politique de stabilité régionale", a affirmé Emmanuel Macron sur le même ton que son homologue allemande.

L'UE "trop faible"

L'été dernier déjà, le dialogue semblait pouvoir repartir en s'appuyant sur l'idée "d'échanges de territoires" ou de "corrections frontalières", avant une reconnaissance mutuelle [AFP]. Une idée défendue par la France, mais repoussée par Berlin, qui "y voit un risque de réveiller les vieux démons balkaniques". Puis, à peine entamé, le dialogue serbo-kosovar avait tourné court.

"La diplomatie européenne n'arrive à rien depuis des mois", souligne ainsi Arte. Une difficulté par ailleurs largement reconnue à l'Est, à tel point qu'en marge du sommet, le président du Kosovo a "exclu" toute perspective d'accord sur les relations de son pays avec la Serbie sans la participation des Etats-Unis. Et déclaré que l'Union européenne était "trop faible et désunie" pour mener à elle seule les négociations entre les voisins des Balkans en conflit, rapporte le Daily Mail.

Une nouvelle rencontre est prévue le 1er ou le 2 juillet à Paris, toujours sous l'égide franco-allemande.

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