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[Revue de presse] Sea-Watch : les 47 migrants bloqués en mer répartis dans 7 pays

Revue de presse 31.01.2019

Les 47 migrants secourus par le navire Sea-Watch 3 en Méditerranée ont finalement débarqué en Sicile, jeudi 31 janvier, après qu'un accord de répartition a été trouvé entre l'Italie et 6 autres pays européens. Ces personnes étaient bloquées en mer depuis le 19 janvier.

Sea-Watch 3 arrive dans le port de Catane (Sicile), jeudi 31 janvier - Crédits : Sea-Watch / Twitter

Sea-Watch 3 arrive dans le port de Catane (Sicile), jeudi 31 janvier - Crédits : Sea-Watch / Twitter

La politique de fermeture des ports aux migrants secourus en Méditerranée, menée par le gouvernement italien au détriment des lois qui régissent les eaux internationales, continue ce matin de faire la Une de la presse européenne.

Après au moins 12 jours en mer, les 47 migrants bloqués à bord du Sea-Watch 3 ont pu débarquer ce jeudi 31 janvier, annonce Reuters. Ces derniers "ont été recueillis le 19 janvier à bord du navire de l'ONG allemande Sea-Watch" dans le canal de Sicile au nord-est de la Tunisie, mais Rome refusait qu'il accoste en Italie, poursuit l'agence de presse.

Mardi, l'ONG Sea-Watch avait saisi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) à l'encontre de l'Italie. Celle-ci avait ensuite demandé au gouvernement italien de "prendre toutes les mesures nécessaires, aussi rapidement que possible", pour apporter aux migrants à bord des soins médicaux, de l'eau et de la nourriture, relate Le Figaro. Le refus de Matteo Salvini d'accueillir le navire s'apparente, pour le porte-parole de l'ONG Ruben Neugebauer cité par Ouest-France, à "une prise d'otages politique". Selon ce dernier, les navires en détresse "doivent être accueillis dans le port sûr le plus proche" d'après les lois régissant les eaux internationales.

Un accord avec 6 autres États membres

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte a finalement annoncé mardi 29 janvier que "l’Italie [était] parvenue à un accord avec plusieurs pays de l’UE pour se répartir les 47 migrants" à l'occasion du sommet des pays méditerranéens de l'UE à Chypre, relate Le Monde. Allemagne, France, Malte, Portugal, Roumanie, Luxembourg et Italie accueilleront ainsi chacun quelques personnes.

Les discussions ne se sont cependant pas arrêtées là puisqu'il "aura encore fallu un sommet entre [M. Conte] et ses deux vice-premiers ministres, Luigi Di Maio (Mouvement 5 étoiles) et Matteo Salvini (Ligue, extrême droite), puis toute une journée de tergiversations", poursuit le quotidien. Enfin, mercredi soir, M. Conte a annoncé le lancement des opérations de débarquement.

Initialement, il était difficile de savoir "si l’Italie elle-même garderait une partie des migrants : Giuseppe Conte l’a laissé entendre" mais Matteo Salvini, qui a fait de la fermeture des ports italiens le fer de lance de sa politique, s'y oppose habituellement, précise La Croix. Finalement, l'Italie "va aussi prendre sa part", ajoute France Culture.

Un "apparent paradoxe"

Le ministre d'extrême-droite a toutefois eu recours à son habituel laïus : "sur les 47, seul un ou deux migrants pourront rester en Italie", a-t-il ainsi affirmé. "Mission accomplie", s'est-il également réjoui : "encore une fois […], l’Europe a été contrainte à intervenir et à prendre ses responsabilités" [France 24].

Pour autant, cette nouvelle affaire révèle une fois de plus "un apparent paradoxe", observe Le Monde. "Alors même que Rome prétend épouser les vues de la Hongrie et de l’Autriche, aucun de ses supposés soutiens n’a proposé de participer à la répartition des demandeurs d’asile". C'est encore avec les pays favorables à la création d'un système de relocalisation des demandeurs d'asile qu'elle a dû traiter. Un tel instrument éviterait de longues discussions au cas par cas, contraintes par la fermeture des ports italiens.

Et si l'Italie préfèrerait voir réformer le règlement de Dublin III – en vertu duquel les migrants sont actuellement pris en charge par le pays d'arrivée dans l'UE - ce n'est pas le cas non plus de ses soi-disant soutiens. Les gouvernements anti-migrants comme la Hongrie ou l'Autriche, bien loin des routes d'arrivées, s'y opposent fermement. 

Asile et migration dans l'Union européenne

Pourquoi Catane ?

Mercredi 30 janvier, Giuseppe Conte a donc annoncé à la presse que "dans les prochaines heures, les opérations de débarquements vont commencer"  [Euronews]. L'information a été obtenue par l'équipage à 19h qui aurait eu "besoin de deux heures pour remettre les machines en marche puis de trois ou quatre heures pour accoster à Catane" en Sicile, selon La Croix.

France 24 souligne le choix délibéré de cette destination, alors que le navire avait initialement jeté l'ancre près du port de Syracuse, à 70 km de là, pour s'abriter du mauvais temps. Une décision prise, selon le média, par Matteo Salvini dans le but de "voir la justice enquêter sur les activités de l'équipage" du Sea-Watch 3 : la police anti-mafia qui enquête notamment sur l'aide à l'immigration illégale est basée à Catane.

Le gouvernement italien reproche au navire de ne pas avoir laissé les garde-côtes libyens, formés par l'UE, se charger des migrants. "Puis de s'être précipité vers l'Italie plutôt que de chercher refuge sur la côte tunisienne, qui était beaucoup plus proche". Pourtant, "l'ONG assure n'avoir jamais reçu de réponse de Tripoli ni de Tunis", précise la chaîne.

Salvini devant la justice pour "séquestration aggravée"

Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur pourrait devoir répondre devant la justice de sa politique menée au détriment des droits humains. Mercredi 30 janvier, "une commission du Sénat s'est réunie pour débattre d'une éventuelle levée de l'immunité parlementaire de Matteo Salvini" car "la justice réclame le renvoi du ministre de l'intérieur devant un tribunal […] dans l'affaire du Diciotti", poursuit Euronews. L'affaire avait défrayé la chronique en août, alors que 177 migrants avaient passé une semaine enfermés dans le navire qui avait accosté en Sicile, interdits d'en sortir par Matteo Salvini.

Le ministre pourrait donc être jugé pour "séquestration aggravée, arrestations illégales, et abus de pouvoir", note France Culture. Il risquerait 15 ans de prison, mais encore faut-il que son immunité soit levée, poursuit la radio - le vote en commission aura lieu le 23 février. Évincer "le tyran" pourrait toutefois tenter certains membres de la majorité issus du M5S, alors que les relations au sein de la coalition de gouvernement ne sont plus au beau fixe à l'approche des élections européennes.

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