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[Revue de presse] Royaume-Uni : ambiance morose à quelques heures du Brexit

Revue de presse 31.01.2020

Ce vendredi soir, à 23h00 (heure de Londres), le Royaume-Uni quittera l'Union européenne. Après 47 ans de vie commune, plusieurs événements sont prévus pour célébrer cette date historique. Mais après trois ans et demi de divisions internes, l'ensemble de la classe politique britannique n'a pas l'esprit à la fête.

Ce soir, des rassemblements de soutiens et d'opposants au Brexit (comme cette manifestation anti-Brexit, le 30 septembre 2018 à Birmingham) se tiendront dans tout le Royaume-Uni, pour marquer la sortie du pays de l'Union européenne. - Crédits : ilovetheeu / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

Ce soir, des rassemblements de soutiens et d'opposants au Brexit (comme cette manifestation anti-Brexit, le 30 septembre 2018 à Birmingham) se tiendront dans tout le Royaume-Uni, pour marquer la sortie du pays de l'Union européenne. - Crédits : ilovetheeu / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

"C'est génial, n'est-ce pas ?" s'émerveille le Brexiter Nigel Farage dans le Daily Mail. Après trois reports et plus de trois ans et demi de négociations, le Royaume-Uni quitte officiellement l'Union européenne ce vendredi 31 janvier à minuit, heure de Bruxelles (23h à Londres). "C'est le plus grand changement constitutionnel pour nous depuis qu'Henry VIII a quitté l'Eglise de Rome", poursuit le chef du Brexit Party [Daily Mail].

Mais "la date est avant tout symbolique", rappelle RFI. En effet, le pays entre désormais dans une période de transition qui le maintient de facto dans le marché unique. "Concrètement, au quotidien, rien ne va donc changer le 1er février", poursuit la radio.

Brexit : ce qui change (et ce qui ne change pas) le 1er février

"Aller de l'avant"

D'ailleurs, "la majorité des Britanniques (…) ne semble pas vraiment prêter attention à l’événement". Elle ressent plutôt "une immense lassitude face à un feuilleton (…) qui a semblé interminable à bien des électeurs", rapporte RFI. "Le pays est aujourd’hui épuisé après s’être déchiré depuis près de quatre ans autour du Brexit", et veut maintenant "aller de l’avant".

Des responsables politiques eurosceptiques "comptent bien marquer l’événement", indique tout de même Ouest-France. Le conservateur Jacob Rees-Mogg prévoit ainsi ironiquement, "dans un esprit de sympathie avec l'Europe", de "boire du vin pétillant français" [Telegraph]. D'autres ont prévu "un pique-nique toute la journée (…) en face du Parlement de Westminster avec musique et discours variés" [RFI]. Nigel Farage sera de ceux-là : même si ce dernier "ne sait pas ce qu'[il fera] après" le Brexit, il compte bien faire la fête "longtemps après l'aube". "Je veux voir le soleil se lever sur un Royaume-Uni indépendant !", confie-t-il au Daily Mail.

De son côté, le Premier ministre Boris Johnson s'exprimera dans une allocution préenregistrée, au cours de laquelle il cherchera à "calmer le jeu auprès de l’autre moitié de la population" : les "Remainer", ceux qui auraient aimé rester dans l'UE [RFI]. "Son discours ne contiendra pas de références à sa victoire au référendum sur l'appartenance à l'UE d'il y a trois ans", relève ainsi le Telegraph, qui a eu accès à des extraits de l'allocution. L'objectif ? "Rassembler le pays", note The Guardian.

Les europhiles ont "le cœur gros"

"Tout le défi de ces festivités, pour Boris Johnson, est de voir grand sans en faire trop", expliquent Les Echos. Alors que "des dizaines d'Union Jacks [drapeaux britanniques] bordent [l'avenue qui relie Buckingham à Trafalgar Square], comme si c'était l'anniversaire de la Reine", la résidence du Premier ministre "illuminera [ses] briques noires" d'un sobre compte à rebours, indique le quotidien économique City A.M..

Le Premier ministre ne cache toutefois pas sa satisfaction : "ce n'est pas une fin mais un commencement", doit-il déclarer ce soir [Telegraph]. "C’est le moment d’un vrai renouveau et changement national", ajoutera-t-il selon Ouest-France.

Cet optimisme suffira-t-il à apaiser les europhiles ? Ils "ont le cœur gros", note Ouest-France. Beaucoup "marqueront l’heure fatidique dans de nombreuses villes en se serrant les coudes lors de réunions entre amis ou en organisant des veillées aux chandelles", selon RFI. A Londres en particulier, une procession reliera Downing Street aux portes de la représentation de la Commission européenne, "au son de l’Ode à la joie". Certains redoublent même de créativité pour exprimer leur regret de quitter l'Union : "l’ex-eurodéputé libéral-démocrate Antony Hook a étendu sur les falaises de Douvres une banderole de 150 mètres carrés" parée des mots "We still love EU" [Ouest-France]. Tandis que sa collègue "Caroline Voaden s'est mis en tête de porter ce vendredi l'Hymne à la joie au sommet des 'charts' de titres téléchargés, pour obliger ensuite les radios à le diffuser", expliquent Les Echos.

Les Européens, de leur côté, s'attellent déjà aux négociations à venir. Le président français s'entretiendra cet après-midi avec le négociateur en chef de l'Union, Michel Barnier. Boris Johnson, quant à lui, "doit faire un discours en début de semaine prochaine présentant ses plans pour les futurs accords commerciaux" [The Guardian].

 

 

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