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[Revue de presse] Roumanie : un gouvernement minoritaire de centre droit au pouvoir

Revue de presse 05.11.2019

Lundi 4 novembre, le Parlement roumain a accordé sa confiance au gouvernement mené par le dirigeant du parti national libéral, Ludovic Orban. Minoritaire, celui-ci reste cependant fragile. Sa nomination débloque néanmoins la situation à Bruxelles, en permettant enfin à la Roumanie de proposer un candidat à la Commission européenne.

Le nouveau Premier ministre roumain Ludovic Orban, lors d'un sommet du Parti populaire européen en Finlande en 2018 - Crédits : Davis Plas / Flickr European People's Party CC BY 2.0

Le nouveau Premier ministre roumain Ludovic Orban, lors d'un sommet du Parti populaire européen en Finlande en 2018 - Crédits : Davis Plas / Flickr European People's Party CC BY 2.0

"Une page se tourne en Roumanie", déclare RFI, alors que le pays connait enfin le nom de son nouveau Premier ministre. "Le Parlement roumain a approuvé lundi 4 novembre un nouveau gouvernement de transition dirigé par le chef centriste du Parti national libéral [PNL] Ludovic Orban", rapporte Euractiv.

Ce nouveau cabinet est toutefois minoritaire, puisqu'il a dû compter sur le soutien d'autres partis politiques pour obtenir la confiance des parlementaires. "Car le PNL, jusqu’ici premier parti d’opposition, ne dispose que de 96 sièges au parlement, loin derrière les 201 sièges du PSD [Parti social-démocrate]", explique La Croix. Grâce au soutien de "divers partis de droite et représentants des minorités" [La Croix], le nouveau gouvernement "a été entériné de justesse, avec sept voix de plus que le minimum de 233 votes nécessaires" [Le Monde avec l'AFP]. Il a alors pu bénéficier du soutien décisif de quatre députés sociaux-démocrates et six députés du parti de centre gauche Pro Romania, rapporte Politico. Le reste de la gauche a tout simplement "boycotté la réunion du Parlement", précise Le Monde.

"Le vote de ce lundi met fin à de longs mois d’instabilité", selon RFI. En effet, La Croix évoque "près de trois années de cohabitation mouvementée et dysfonctionnelle, entre un gouvernement dirigé par le Parti social-démocrate […] et Klaus Iohannis, un président libéral dans l’opposition". Une situation qui "avait débouché sur une longue crise" politique" et "jeté massivement dans la rue les Roumains ulcérés des atteintes à l’Etat de droit" [La Croix].

"Le gouvernement de la [Première ministre] social-démocrate Viorica Dăncilă s'était effondré en octobre après avoir perdu un vote de défiance au Parlement, mené par le PNL d'Orban", rappelle Euractiv.

Le nouveau Premier ministre Ludovic Orban, 56 ans, est un ancien ministre des Transports. Il est le frère de Leonard Orban, le premier commissaire européen roumain, qui avait obtenu le portefeuille du multilinguisme dans la commission Barroso [Euractiv], mais n'a pas de lien de parenté avec le dirigeant hongrois Viktor Orbán.

Nomination d'un commissaire roumain

"M. Orban a promis qu’il désignerait un candidat" au poste de commissaire européen "aussitôt après l’investiture de son gouvernement", rapporte Le Monde. Car "après le rejet pour conflit d’intérêts d’une première candidate" désignée par sa prédécesseure, la Commission souhaite que le prochain "jouisse du soutien aussi bien du gouvernement que du chef de l’Etat", poursuit le média. "L'ancienne Première ministre s'est obstinée à insister sur certaines nominations qui nous ont embarrassées", a déclaré Ludovic Orban, qui reproche à Mme Dăncilă d'avoir "fait attendre" la future présidente de la Commission européenne [Politico].

"Deux eurodéputés ont fait l'objet de discussions à Bruxelles en tant que possibles candidats", révèle Politico. Siegfried Mureșan, député européen depuis 2014, est le vice-président du Parti populaire européen (PPE, droite conservatrice) au Parlement européen, et un soutien régulier des campagnes de Ludovic Orban et de Klaus Iohannis. Adina-Ioana Vălean est membre du Parlement européen depuis que la Roumanie a rejoint l'Union en 2007, et y dirige la commission pour l'industrie, la recherche et l'énergie.

"Le gouvernement devrait annoncer sa proposition de commissaire mardi ou mercredi", croit savoir Euractiv.

Un gouvernement fragile

Si la formation du nouveau gouvernement roumain contribue à débloquer l'entrée en fonction de la nouvelle Commission européenne, ce nouvel exécutif reste fragile. Le gouvernement Orban "a une majorité par défaut, il aura une capacité limitée de faire passer des lois au parlement", explique le politologue Alexandru Gussi, interrogé par La Croix. "Le PNL voudrait des élections anticipées, mais il n’a précisément pas de majorité parlementaire pour les imposer", ajoute le spécialiste.

Il faut dire que le mandat de ce nouveau gouvernement est d'un an maximum, puisque les prochaines élections législatives "doivent avoir lieu fin 2020 ou début 2021", avance Politico. Ainsi, "c’est du bout des lèvres que les partis ont apporté leur soutien sans participer au gouvernement, notamment le jeune et populaire parti Union sauvez la Roumanie (USR), soucieux de ne pas s’abîmer dans l’exercice du pouvoir avant les élections législatives", rapporte La Croix.

Les priorités du gouvernement Orban seront de "réduire les structures du gouvernement, l'investissement dans des projets d'infrastructures-clés, et corriger les mesures économiques qui ont touché le secteur des affaires", relève Euractiv.

Le nouveau Premier ministre a également promis "d'assurer l'indépendance réelle du système judiciaire" [Euractiv], dans le but de "rétablir la confiance [de ses] partenaires euro-atlantiques" [RFI]. "Les réformes controversées des sociaux-démocrates notamment dans le domaine judiciaire […] avaient valu des rappels à l’ordre de la part de Bruxelles", rappelle RFI.

L'élection présidentielle dimanche prochain

L'effervescence médiatique autour de la nomination d'un nouveau gouvernement roumain a pu faire oublier un temps l'imminence de l'élection présidentielle à venir. Si bien que Le Soir considère qu' "à une semaine du premier tour du scrutin, programmé dimanche [10 novembre], la succession de Klaus Iohannis semble ne pas intéresser grand monde à Bucarest".

Ce dernier fait d'ailleurs "figure de favori" [RFI], puisque sa principale concurrente n'est autre que l'ancienne Première ministre Viorica Dăncilă, fragilisée par la motion de censure qui l'a renversée le mois dernier. Un nouveau revers qui réduit les chances de Mme Dăncilă "de figurer au second tour de l’élection de dimanche prochain", conclut RFI.

 

 

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