Derniers articles publiés

[Revue de presse] Pour faire approuver le Brexit, Theresa May ouvre la porte à un second référendum

Revue de presse 22.05.2019

A l'occasion d'une conférence de presse organisée à Londres mardi 21 mai, Theresa May a réaffirmé sa volonté de mettre en œuvre le Brexit. La Première ministre a ainsi énuméré une série de concessions, comprenant la possibilité d'un second référendum. Mais aussi bien les conservateurs que l'opposition travailliste se montrent pour l'heure peu réceptifs.

La Première ministre britannique Theresa May - Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

La Première ministre britannique Theresa May - Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

"Après une réunion houleuse de son cabinet", Theresa May a tenu une conférence de presse à Londres, mardi 21 mai dans l'après-midi, informe Le Monde. "Je savais que mettre en œuvre le Brexit n’allait pas être simple", mais "cela s’est révélé plus dur que ce que j’avais anticipé", a-t-elle reconnu [Le Figaro].

Au cours de cette prise de parole "destinée à répondre à l’exaspération des électeurs qui, selon les sondages, s’apprêtent à faire un triomphe au 'parti du Brexit' du leader d’extrême droite Nigel Farage lors des élections européennes qui ont lieu jeudi 23 mai" au Royaume-Uni [Le Figaro], la Première ministre a fait un certain nombre de concessions visant à faire approuver l'accord sur le Brexit par la Chambre des communes. Mme May a ainsi demandé aux députés de saisir cette "dernière chance" d'obtenir une sortie négociée, sans quoi le Brexit pourrait ne pas voir le jour, relate la BBC.

Dernière offensive

Lors de son intervention, Theresa May a indiqué soumettre à la Chambre des communes au cours de la première semaine de juin "non pas le texte de l’accord avec l’UE, mais, curieusement, l’énorme projet de loi destiné à le mettre en œuvre", écrit Le Monde, en faisant référence au Withdrawal Agreement Bill. Il s'agit de "la législation nécessaire pour transposer son accord en droit britannique", précise la BBC

Afin de trouver un compromis au Parlement après le triple refus de l'accord de divorce par les élus, la cheffe du gouvernement britannique a donc "lancé une dernière offensive pour tenter de trouver un compromis", analyse Le Figaro. En effet, bien que la leader des Tories ait réitéré son opposition à une seconde consultation populaire, elle s'est engagée à donner la possibilité aux députés de "voter sur un second référendum et le maintien dans une union douanière temporaire avec l'UE", annonce La Croix. Une offre néanmoins conditionnée à une approbation préalable du Withdrawal Agreement Bill.

Brexit : tous les événements depuis le référendum

"Si les députés votent en faveur de la tenue d’un référendum, celui-ci aura lieu avant que l’accord de retrait puisse être ratifié", a précisé Theresa May, citée par le Télégramme. Et "s’ils adoptent le projet de loi et rejettent la tenue d’un référendum, le Royaume-Uni pourra quitter l’UE fin juillet", décrypte le quotidien régional.

Ces dispositions sont avant tout destinées à recueillir le soutien de l'opposition travailliste, car la Première ministre sait qu'elle ne pourra mener son plan à bien avec "les seules voix des conservateurs" et du Democratic Unionist Party (DUP) nord-irlandais, relate Le Figaro. Quatre jours après la rupture des négociations par le Labour [Ouest-France], Theresa May "espère encore obtenir les voix de certains d'entre eux", décrypte Le Figaro.

Et au total ce sont dix "concessions" que Theresa May semble prête à faire pour "s’attacher les faveurs de l’opposition". Celles-ci incluent également l'alignement de la législation britannique "sur les droits du travail et environnementaux ou les réglementations sanitaires de l’UE" ou encore "la consultation du Parlement [britannique] sur la négociation de la future relation avec l'UE", indique Le Figaro.

Faibles soutiens

Mais malgré les changements proposés, l'opposition campe pour l'heure sur ses positions. "La réponse aux nouvelles propositions de Theresa May […] ne varie pas : ce sera non", note Libération.

Pour sa part, le leader du Labour Jeremy Corbyn a déclaré que son parti "n'appuierait pas le plan", qu'il qualifie de "répétition de ce qui a été discuté auparavant", informe le New York Times. Du côté des conservateurs pro-Brexit, ces derniers n'ont pas tardé à manifester leur "colère". Rejetant l'accord, l'influent Brexiter Jacob Rees-Mogg l'a même considéré "pire qu'avant". Quant à son comparse Nigel Evans, il souhaite convaincre une majorité de députés conservateurs de "modifier les règles du parti pour permettre un vote immédiat de défiance à l'égard de Mme May", fait savoir la BBC. Un tel vote avait échoué en décembre dernier et ne peut théoriquement pas être réitéré avant un an.

Quelle que soit l'issue du résultat, "la première ministre a déjà annoncé qu’elle engagerait le processus de sa succession à Downing Street", tel qu'elle l'a annoncé le 16 mai, conclut Le Figaro.

LES AUTRES SUJETS DU JOUR

Chypre

Elections européennes

Hongrie

Pays-Bas

Royaume-Uni

Abonnez-vous gratuitement aux newsletters de Touteleurope.eu !