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[Revue de presse] Portugal : malgré une forte abstention, le président sortant Marcelo Rebelo de Sousa réélu haut la main

Revue de presse 25.01.2021

Reconfinés depuis le 15 janvier, les Portugais se sont tout de même rendus aux urnes dimanche 24 janvier pour élire leur président de la République. Favori des sondages, le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa a été reconduit pour un deuxième mandat. Parmi ses principaux défis : la reprise de la pandémie, la relance d'une économie amputée des revenus du tourisme et la montée de l'extrême droite dans un pays jusqu'ici épargné par le phénomène.

Le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa présidera le pays pour cinq années supplémentaires - Crédits : Diarmuid Greene / Wikimedia Commons CC BY 2.0

Le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa présidera le pays pour cinq années supplémentaires - Crédits : Diarmuid Greene / Wikimedia Commons CC BY 2.0

"Cinq ans de plus. Les Portugais ont, comme prévu, réélu dimanche 24 janvier leur président, le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa", indique France info. "Avec 63,32 % des suffrages exprimés, 'O Marcelo' - comme on le surnomme dans le pays - réalise un meilleur chiffre encore qu’en 2016, lorsqu’il avait été choisi comme locataire du Palácio de Belem, dans l’ouest de Lisbonne", écrit de son côté Libération. Membre du Parti social-démocrate (PSD), il laisse ses deux principaux adversaires - "le populiste de droite André Ventura et la socialiste Ana Gomes"- plus de 50 points derrière. "Mieux que Marcelo ? Seul [Mario] Soares l'avait fait en 1991", titre pour sa part l'hebdomadaire portugais Expresso, rappelant que l'ancien président socialiste, opposant historique à la dictature de Salazar, avait été réélu avec 70 % des voix cette année-là.

Libération se penche sur les raisons qui ont permis au président portugais de renouveler son mandat. Le quotidien souligne notamment "sa bonne entente avec le Premier ministre socialiste António Costa […] et son rôle prédominant au début de la pandémie", deux facteurs qui lui ont permis de maintenir une cote de popularité élevée. Outre son action politique, Marcelo Rebelo de Sousa jouit également de l'image d'un homme proche de ses concitoyens. "Le président du peuple portugais et des câlins", titre ainsi La Libre dans un portrait consacré au chef d'Etat portugais. Le Monde liste plusieurs de ses interventions et sorties publiques illustrant cette simplicité et cette accessibilité : "Ici, le président en short, faisant la queue au supermarché avec un masque sur le visage. Là, en blouse blanche, racontant des histoires à des enfants hospitalisés. Et, là encore, en maillot de bain sur une plage publique". Autre caractéristique du président portugais, dont le pays préside le Conseil de l'UE jusqu'au mois de juin : il est "profondément pro-européen", comme le décrit Politico.

Fiche pays "Portugal"

Abstention record en raison du Covid-19

Malgré le succès incontestable remporté dans les urnes, une première ombre au tableau vient ternir la victoire de Marcelo Rebelo de Sousa : l'abstention, qui a atteint près de 40 %, "un record historique pour une élection présidentielle depuis l'avènement de la démocratie, en 1974" [France info]. "Les analystes redoutaient une abstention bien plus importante, pouvant même dépasser les 70 %, en raison de l’explosion des cas de coronavirus que connaît actuellement le Portugal", écrit Ouest-France. Relativement épargné par l'épidémie au printemps dernier, le pays est cette fois particulièrement touché. Une situation qui a poussé "le premier ministre socialiste, Antonio Costa, [à reconfiner] le pays et ses quelque 10 millions d’habitants, le 15 janvier, pour un mois au moins", souligne Le Monde.

"En 2020, l’économie portugaise fut l’une des plus durement touchées en Europe par la pandémie", accusant un "recul de 9,3 %" de son produit intérieur brut, contre "7,4 % dans l’ensemble de l’Union européenne". Pour le pays, très dépendant du tourisme, "l’année 2021 s’annonce plus difficile qu’anticipé il y a quelques semaines encore par le gouvernement" [Le Monde]. A l'occasion de son discours de victoire, "Rebelo de Sousa a appelé à l'unité pour mener la lutte contre le Covid-19 et s'est engagé durant son deuxième mandat à assurer une reprise économique rapide et effective", précise Politico.

L'extrême droite, l'autre vainqueur du scrutin ?

Autre fait notable qui contrebalance la victoire du conservateur modéré, la percée du candidat de l'extrême droite. "Marcelo a gagné, mais la star, c’est Ventura", titre par exemple le quotidien portugais Jornal de Notícias. Les presses portugaise et européennes s'émeuvent en effet du score réalisé par le "Trump portugais", qui marque "une montée de l’extrême droite dans ce pays où le populisme n’avait, jusqu’ici, pas pris" [Le Parisien]. "En tant que député unique du parti antisystème 'Chega' ('ça suffit')", André Ventura a engrangé "11,9 % des suffrages et près d'un demi-million de voix", une nette amélioration par rapport au score réalisé par son parti aux élections européennes en 2019, avec seulement 1,3 % des voix [Le Parisien].

Cet homme de 38 ans "a d’abord bâti sa notoriété en tant que commentateur à la télévision, où il argumentait avec ardeur dans le rôle de supporter du Benfica Lisbonne, le club de football le plus populaire du pays", explique la Tribune de Genève. Longtemps membre du parti présidentiel, il avait en 2017 quitté ses rangs pour fonder le sien. Devenu depuis proche de Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini, "il s’est fait connaître du grand public, en accusant les communautés Rom de vivre dans la dépendance des aides sociales", poursuit le journal suisse.

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