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[Revue de presse] Pollution : vers la fin des plastiques à usage unique dans l'UE ?

Revue de presse 25.10.2018

Un texte contre la pollution plastique a été amplement voté au Parlement européen mercredi 24 octobre. Ce texte concerne les objets à usage unique, en grande partie responsables de la pollution environnementale, avec de possibles impacts sur la santé publique. Industriels et ONG se sont affrontés à Bruxelles lors de la rédaction du texte.

Des eurodéputés écologistes, la veille du vote, devant le Parlement à Strasbourg

Des eurodéputés écologistes, la veille du vote, devant le Parlement à Strasbourg - Crédits : Marc Dossmann - Parlement européen

Le texte largement voté au Parlement européen

La proposition de la Commission européenne remonte à fin mai 2018 : il s'agit "d'interdire une dizaine de catégories de produits à usage quotidien", lesquels "représentent à eux seuls 70% des déchets échoués à la fois dans les océans et sur les plages", relate BFMTV. Ces déchets ont tous un point commun : ce sont des objets "en plastiques à usage unique", comme par exemple "les couverts, cotons-tiges, pailles et touillettes", ou encore "les emballages en polystyrène en usage dans la restauration rapide".

Sont aussi concernés "les produits oxoplastiques, supposés biodégradables, mais qui se fragmentent en microparticules de plastique", ajoute Le Monde. Cité par le quotidien, l'eurodéputée belge libérale (ADLE) Frédérique Ries, rapporteure du texte au Parlement européen, a déclaré que le plastique "défigure nos plages, tue nos océans, tue nos animaux et (...) affecte la santé humaine. Alors s’il y a des alternatives, on interdit".

Dans la lignée du texte initié par la Commission, "le Parlement européen s'est prononcé mercredi [24 octobre] en faveur de" l'interdiction de ces "objets à usage unique" rapporte l'Express. "Approuvé par une large majorité (571 voix pour, 53 contre et 34 abstentions)", le texte "impose ainsi aux fabricants des matériaux plus durables". Une grande victoire pour la député écologiste Michèle Rivasi, "malgré le lobbying massif des industriels qui voulaient réduire la portée du texte", écrit-elle sur Twitter.

Mais à l'inverse, le texte est largement plébiscité : "jamais dans ma carrière d’eurodéputée, je n’ai vu une directive soutenue à ce point par les opinions publiques et les ONG", témoigne Frédérique Ries [La Libre (Belgique)]. Selon l'intitulé officiel, la proposition vise à réduire "l’incidence des produits plastique à usage unique sur l’environnement", mais "derrière la formulation technocratique du texte", poursuit le quotidien, "se cache un objectif concret" : celui de dire "'stop' à la société du 'tout jetable' qui transforme les océans en 'ultime poubelle'". Avant d'ajouter que, "chaque année, en Europe, 150 000 tonnes de plastique sont déversées en mer".

L'enjeux majeur de la pollution plastique

Car cette pollution a évidemment un coût, souligne la RTBF (Belgique). Il est "essentiel pour protéger le milieu marin et réduire la facture des dégâts environnementaux de la pollution aux plastiques en Europe, estimés à 22 milliards d'euros jusqu'en 2030", indique Mme Ries. Face à cela, "le Parlement renforce la responsabilité élargie des producteurs". Ainsi, "le principe du pollueur-payeur" réaffirmé par le texte, "transfère le financement de la collecte et de l'élimination des déchets des contribuables aux producteurs".

Sur le plan de la santé publique, "il est possible que les microplastiques aient des effets négatifs sur le tube digestif", s'alarme La Croix. Selon le gastro-entérologue à l’Université médicale de Vienne Philipp Schwabl, "des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer les dangers potentiels des microplastiques pour les humains". Car la présence de microparticules de plastique d'une "taille variant de 50 micromètres à 0,5 millimètre", dans l'organisme de sujets testés par les scientifiques viennois, est en revanche attestée.

Cependant, la tâche reste grande : "leur poids économique, les habitudes de consommation et l'absence d'alternatives à bas coût", suggèrent Les Echos, "excluent à ce stade une interdiction pure et simple comme pour les cotons-tiges ou les assiettes en plastique". Et c'est "au regret des ONG et de certains eurodéputés" que le "projet de directive sur la lutte contre la pollution marine ne prévoit même pas de demander aux États de se fixer des objectifs de réduction de la consommation".

La directive a été votée au Parlement, ce sont "les États membres qui vont donc maintenant devoir se prononcer sur ce texte", conclut RFI. Celui-ci "fera ensuite l'objet de négociations entre le Parlement, le Conseil et la Commission". Finalement, "les eurodéputés envisagent une entrée en vigueur des nouvelles règles d'ici 2021".