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[Revue de presse] Plusieurs puissances occidentales accusent la Russie de cyberattaques

Revue de presse 05.10.2018

Plusieurs puissances occidentales ont accusé de façon coordonnée, jeudi 4 octobre, les services secrets russes (GRU) d'être à l'origine de plusieurs cyberattaques mondiales. Alors que les autorités néerlandaises ont annoncé avoir déjoué une opération d'espionnage, la justice américaine a inculpé sept agents russes. De leurs côtés, l'Australie, le Canada et le Royaume-Uni ont dénoncé différentes attaques contre des institutions. Moscou dément et répond par des contre-accusations.

Crédits : PeopleImages \ iStock

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Une ambiance de Guerre froide souffle sur les relations entre l'Occident et la Russie. Plusieurs pays membres de l'Alliance atlantique ont accusé le renseignement militaire russe (GRU) d'avoir orchestré "d’importantes cyberattaques ces dernières années", rapporte Libération, qui parle d'une "levée de boucliers contre la Russie", "massive et coordonnée". Le Canada, la Grande-Bretagne et l'Australie "ont accusé […] le GRU de mener des cyberattaques contre des institutions politiques et sportives, des entreprises et des médias à travers le monde", relate La Croix. Mais "les révélations les plus spectaculaires ont été livrées jeudi par les Pays-Bas", poursuit Libération.

Espionnage en Citroën

Quatre agents russes ont en effet été accusés par La Haye, jeudi 4 octobre, d'avoir "tenté […] de pirater le réseau Wi-Fi de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC)", selon Le Monde. Les services secrets néerlandais (MIVD) ont "interrompu une opération d’espionnage digne des grandes heures de la Guerre froide", commente le quotidien : les quatre hommes avaient installé à l'intérieur d'une Citroën de location "un véritable poste avancé d’espionnage", décrit dans des documents dévoilés par le ministère de la Défense. L'UE a dénoncé un "acte agressif", rapporte le quotidien.

De son côté, "la justice américaine a annoncé […] l'inculpation de sept agents présumés du renseignement militaire russe (GRU)", rapporte Le Point, parmi lesquels figurent à nouveau les hommes accusés par les Pays-Bas. Ils sont cette fois poursuivis pour "avoir piraté des instances sportives internationales" - notamment l'Agence mondiale antidopage (AMA) et la Fédération internationale de football (FIFA) - mais également pour "blanchiment d'argent, fraude bancaire, fraude informatique et usurpation d'identité", poursuit l'hebdomadaire. Libération rappelle de son côté que Washington accusait déjà la Russie "d'ingérences dans la dernière campagne présidentielle".

"Prudente" malgré "les cyberattaques qui la visent", la France n'avait initialement pas "rejoint le concert des accusations", souligne Le Monde, considérant qu'elle "n'avait rien à gagner à se mettre dans la remorque d'autres pays", selon une source gouvernementale citée par le quotidien. Pourtant, elle s'est finalement "associée aux accusations occidentales", rapporte Le Figaro, dénonçant des faits "graves et préoccupants" dans un communiqué de presse.

Faits avérés ou non, Moscou dément

L'origine russe de certaines attaques dénoncées pourrait néanmoins ne pas être avérée. Pour les Occidentaux, "tous les chemins mènent à Moscou mais la réalité n'est peut-être pas si simple", analyse France Inter. En effet, certains cas sont avérés comme l'opération d'espionnage aux Pays-Bas, mais "il y a des cas où on les accuse un peu rapidement" : "avoir la certitude de l'origine d'une attaque informatique est très compliqué", explique Matthieu Bonenfant, de la société Stormshield, interrogé par la radio publique.

Coupables ou pas, les Russes nient en bloc. "En dépit des images diffusées par les Pays-Bas", Moscou dément "avoir tenté de pirater l'OIAC" et d'avoir infiltré des "serveurs du parti démocrate américain ou encore de l'Agence mondiale antidopage", rapporte RFI. Dénonçant un "acte de propagande" [RFI] et une "hystérie collective", le Kremlin a également répondu aux accusations occidentales par des "contre-accusations" qui "remplissent des pages de journaux russes", explique France Culture.

Dans l'une d'elles, "on apprend que les Américains financeraient un laboratoire secret en Géorgie […] où seraient testées des armes chimiques et biologiques", poursuit la radio publique. Des expérimentations qui, "selon des informations transmises hier par l'armée russe et relayées par l'agence [de presse] officielle TASS", auraient "causé la mort de 73 civils géorgiens". Bien que la véracité de ces accusations "aux relents conspirationnistes et revanchards" semble suspecte, elles "sont dans tous les esprits russes […] et commencent à essaimer sur les réseaux de sites complotistes, en Occident également", conclut France Culture.