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[Revue de presse] Plan de relance : regain d'optimisme en Europe

Revue de presse 29.05.2020

La proposition de plan de relance dévoilée mercredi 27 mai par la Commission européenne a suscité de nombreuses réactions. La plupart des commentateurs et dirigeants, y compris les plus sceptiques, reconnaissent le caractère historique de cette annonce pour le continent.

Dans l'ensemble, les Vingt-Sept pays de l'UE ont salué la proposition de plan de relance de la Commission. Un compromis reste encore à trouver et les négociations se poursuivront lors du sommet européen de juin - Crédits : Conseil européen

Dans l'ensemble, les Vingt-Sept pays de l'UE ont salué la proposition de plan de relance de la Commission. Un compromis reste encore à trouver et les négociations se poursuivront lors du sommet européen de juin - Crédits : Conseil européen

"Une chance historique pour l’Europe", titre Le Monde dans un éditorial. La proposition de plan de relance de la Commission européenne, dévoilée mercredi 27 mai, suscite l'enthousiasme de la presse européenne, en particulier en Italie : "Tournant dans l’Union européenne, l’Italie en tête !" titre le Corriere Della Sera, tandis que La Repubblica évoque une "victoire italienne", ou encore une "bouffée d'oxygène" pour Il Fatto Quotidiano [RFI].

Et pour cause : l'exécutif européen s'est positionné en faveur d'un fonds de relance de 750 milliards d'euros, adossé à un budget européen pluriannuel revu à la hausse. Un plan "audacieux", qui innove "avant tout par sa structure et sa méthode" [Le Monde]. Pour la première fois, l'Union européenne lèverait une dette mutualisée sur les marchés, afin de soutenir les budgets nationaux via des prêts et des subventions. L'Italie, sévèrement touchée par la crise sanitaire due au Covid-19, pourrait bien être la grande gagnante de ce fonds de relance : "Selon certains articles de presse, l'Italie pourrait redevenir un bénéficiaire net du budget européen", indique La Repubblica.

Covid-19 : les détails du plan de relance de la Commission européenne

Un tournant fédéraliste ?

Mais au-delà des considérations purement comptables, de nombreuses personnalités italiennes ont fait part de leur enthousiasme : "C'est un merveilleux signal de la part de l'Europe", s'est réjoui le chef du gouvernement Giuseppe Conte, cité par Les Echos. Sans s'arrêter là pour autant, puisqu'il demande désormais une accélération des négociations "pour libérer au plus vite les ressources", rapporte le quotidien. "Grâce au Fonds de relance, nous n'avons pas à recourir au MES" et à ses conditions de réforme, s'est également réjoui le président de la Chambre des députés, Roberto Fico, tandis que l'ancien Premier ministre et leader du parti de droite Forza Italia Silvio Berlusconi a salué une "bonne nouvelle européenne" [La Repubblica]. La proposition s'est en revanche heurtée à l'opposition de la Ligue et du parti Fratelli d'Italia, à l'extrême droite.

Si elle inquiète les courants eurosceptiques, l'émission d'une dette européenne est cependant plébiscitée par de nombreux commentateurs, qui voient là un tournant vers plus d'intégration. "L’Europe, disait Jean Monnet, se forgera à travers les crises (…) Mercredi 27 mai, la Commission européenne a apporté une confirmation spectaculaire à la prédiction de ce père fondateur de l’Union", écrit ainsi Le Monde. Le commissaire à l'Economie, l'italien Paolo Gentiloni, a souligné "un tournant historique pour la Commission européenne" [La Repubblica], quand son compatriote David Sassoli, président du Parlement européen, y décrit "le début d’une nouvelle phase pour l’Union européenne. Une phase qui peut contribuer à construire une union politique, à l’enseigne de la solidarité" dans les colonnes de Ouest-France.

La portée de ce plan pourrait en effet avoir des conséquences plus larges sur l'identité politique de l'Union : "Le fonds de relance rapproche l'UE d'une union fiscale", titre ainsi Euractiv avec Reuters. L'émission d'une dette commune créerait un précédent important, pour Peter Chatwell, directeur stratégique pour la banque japonaise Mizuho : "Même si [cet emprunt] est temporaire, le fait est que quand la prochaine crise frappera, cette facilité sera à nouveau utilisée". "Si ce n’est pas la préfiguration d’un Trésor européen, cela y ressemble fortement", commente Le Monde.

Les Vingt-Sept se rapprochent du compromis

La Commission européenne doit désormais parvenir à faire consensus. Mais comment réunir les Vingt-Sept Etats membres autour d'une proposition aussi ambitieuse, alors même que les divisions semblaient irréconciliables il y a quelques semaines ? Au sein des pays "frugaux", un certain scepticisme s'est déjà fait sentir : pour le ministre des Affaires étrangères danois comme pour le Premier ministre suédois, le montant envisagé pour le budget pluriannuel est "simplement trop élevé", rapporte Euractiv. Bien que le gouvernement néerlandais n'ait pas officiellement réagi à la proposition, un diplomate du pays a estimé qu'il était "difficile d'imaginer que cette proposition serait le point final des négociations", ajoute le média.

Malgré ces réticences, le Danemark a néanmoins reconnu "un apport substantiel aux nombreuses mesures essentielles que nous avons prises au niveau européen", tandis que le chancelier autrichien Sebastian Kurz a décrit le plan comme un "point de départ". Dans l'ensemble, "la plupart des Etats membres ont réagi positivement" à la proposition, résume Euractiv. "Il sera difficile pour un gouvernement ou un parlement d'assumer le coût d'un rejet de cette proposition dans un tel contexte historique", a affirmé le commissaire grec Margaritis Schinas au journal hellénique Ekathimerini. L'espoir d'un compromis n'est donc pas enterré, mais "n'est pas attendu avant juillet, quand l'Allemagne prendra la présidence tournante" du Conseil de l'UE, avance Euractiv.

 

 

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