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[Revue de presse] Plan de relance : premier tour de négociation pour les Vingt-Sept

Revue de presse 19.06.2020

"Réunis" depuis ce matin en vidéoconférence, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se penchent sur le plan de relance de 750 milliards d'euros proposé par la Commission. Un premier "round" qui vise à valider au moins ses grands principes, avant un éventuel accord global attendu pour juillet.

Le président du Conseil européen Charles Michel lors de la réunion par visioconférence du 19 juin 2020 - Crédits : Union européenne

Le président du Conseil européen Charles Michel lors de la réunion par visioconférence du 19 juin 2020 - Crédits : Union européenne

Avancer le plus rapidement possible sans braquer personne, se consulter sans se déchirer : voici l'enjeu du Conseil européen qui s'est ouvert ce vendredi 19 juin à 10 heures. Au cours de cette réunion, les Vingt-Sept débattent pour la première fois de la proposition de nouveau budget pluriannuel de 1 100 milliards d'euros couplé à un plan de relance de 750 milliards d'euros, formulée par la Commission européenne le 27 mai dernier.

Sans pour autant s'accorder sur tous ses détails : "Il n'y aura pas de fumée blanche à l'issue du sommet européen", résume ainsi Le Soir. En effet, "aucun accord n'est attendu pendant cette réunion", confirme La Libre (avec AFP), pour qui ce sommet "doit avant tout permettre à chaque dirigeant européen de dévoiler ses objectifs, ainsi que ses marges de négociation, sur cette relance destinée à soutenir une économie européenne sinistrée". Et pour cause. Assurément, le président du Conseil européen Charles Michel a affirmé dans sa lettre d'invitation qu'un "consensus émergeait" parmi les Vingt-Sept sur la nécessité de ce plan et sur son financement "par des emprunts effectués par la Commission" [Le Monde]. Mais de nombreux désaccords demeurent entre les Etats membres de l'Union européenne.

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Accord de principe mais divergences sur les modalités

S'ils ont démontré leur "soutien à un plan de relance d'urgence limité dans le temps" dans le Financial Times, les quatre pays "frugaux" - les Pays-Bas, l'Autriche, le Danemark et la Suède - ont en revanche pris leur distance avec la proposition, à la fois sur son montant et sur la forme à lui donner. Concernant le plan de relance, ils ont notamment réaffirmé leur préférence pour des aides allouées sous forme de prêts, alors que la Commission entend en attribuer deux tiers sous forme de subventions. Face à la proposition de budget pluriannuel réhaussée à 1 100 milliards d'euros, ils se sont également montrés frileux, rappelant que certains d'entre eux "s'étaient opposés à une proposition de 1 090 milliards faite en février", observe Politico. "Leurs lignes rouges sont, à ce stade, les suivantes : une enveloppe moins importante, des prêts plutôt que des subventions, un ciblage des fonds", résume Le Figaro.

Pour leur part, Paris et Berlin, favorables à la proposition de Bruxelles, voudraient justement "éviter que les négociations reviennent à rogner" sur le montant du plan de relance, et "préfèrent entamer une discussion sur les critères d'attribution de l'argent" [La Croix]. Une discussion que les quatre pays d'Europe centrale réunis dans le groupe de Visegrád (République tchèque, Slovaquie, Pologne, Hongrie), tiennent également à avoir. Ces derniers sont en effet attentifs à ce que "les pays les plus pauvres n'aient pas à supporter les coûts des plus riches", comme l'a résumé le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, cité par Le Monde. Ce dernier "juge inéquitable que ceux qui ont le mieux combattu le coronavirus soient lésés financièrement, et demande à Bruxelles de revoir la répartition des fonds", complète le quotidien du soir.

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Vers un accord avant la fin du mois de juillet ?

La proposition de la Commission prévoit en effet d'accorder les aides les plus élevées à l'Italie (173 milliards d'euros) et l'Espagne (142 milliards), deux des pays les plus touchés par la crise du coronavirus. De leur côté, ces derniers "ne veulent pas que les subventions accordées soient l'occasion d'une mise sous surveillance humiliante, comme pendant la crise de la dette de la zone euro en 2010" qui avait soumis la Grèce à une tutelle budgétaire de la troïka, affirme La Croix. Sans aller au clash pour autant : le président du Conseil italien Giuseppe Conte a fait preuve de bonne volonté en affirmant qu'il comptait profiter de cet argent pour "réformer le pays".

Dans ce contexte, ce Conseil européen s'annonce donc prudent. Les négociations pourraient néanmoins s'accélérer au cours du mois de juillet, comme l'explique le JDD : "Il se trouve que la présidence semestrielle de l'UE sera allemande à partir du 1er juillet et Berlin entend bien mettre tout son poids dans la balance pour obtenir des pays récalcitrants un consensus". Une analyse confirmée par la prise de parole de la chancelière allemande Angela Merkel, le 18 juin au Bundestag : "Le mieux serait que nous parvenions à un accord avant la pause estivale fin juillet" [Les Echos]. Une échéance qu'il faudrait honorer pour permettre "aux parlements nationaux de ratifier ensuite l'accord avant la fin de l'année afin que les premiers effets du plan puissent se faire sentir sur l'économie européenne dès le début de l'année prochaine", poursuit le quotidien.

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